Archives de catégorie : Revue

Heidegger, ou peut-il y avoir une philosophie nazie ?

Jean-Michel Muglioni revient, après Edith Fuchs, sur la manière dont ses admirateurs défendent Heidegger. Que peut en penser le profane, n’ayant pas la compétence académique requise pour maîtriser le corpus heideggérien et tout ce qui s’y rapporte ? Rien ne l’oblige à se fier au jugement des clercs : il lui est permis de juger par lui-même et de conclure qu’on ne peut être à la fois philosophe et nazi.

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Heidegger et « l’impensé judaïque » ?

Edith Fuchs s’interroge avec une amère ironie sur quelques événements heideggeriens récents : parution des premiers « Cahiers noirs » et de deux essais de Peter Trawny, plus un colloque tenu à la BnF et au Centre culturel irlandais. Elle rappelle combien nazisme radical, antisémitisme virulent et obscurantisme ont imprégné la pensée de Heidegger.

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Joue du piano et tais-toi ! D. Tchalik répond à E. Sprogis

Sur l’enseignement musical

Suite du dossier sur l’enseignement musical et la politique culturelle. Dania Tchalik répond à Eric Sprogis. Au-delà des « rectifications » ponctuelles qui lui semblent nécessaires, il ramène le débat sur les contenus de la politique culturelle et de l’enseignement musical.

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Les religions relient-elles les hommes ou les séparent-elles ?

Religions, fanatisme et obscurantisme

« Suite aux tragiques événements de ce début d’année, une demi-journée d’étude et de rencontre » a été organisée par l’inspection de philosophie. Mais l’intitulé « ressources philosophiques et spirituelles de l’Islam » étonne Jean-Michel Muglioni, d’autant plus que dans une autre académie on a proposé aux professeurs, certes dans un contexte de liberté d’esprit total, « d’expliciter […] la valeur civilisatrice de toutes les religions ». D’où l’interrogation : la spiritualité telle qu’elle est comprise par le christianisme ou l’islam peut-elle nous apprendre à lutter contre le fanatisme et l’obscurantisme et peut-on la considérer comme un substitut de la philosophie dans un enseignement laïque ?

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Enseignement musical : les trucages de Dania Tchalik (par Éric Sprogis)

Réponse à l’article « Pédagogie, évaluation et études musicales »

À la suite de la publication de l’article de Dania Tchalik « Pédagogie, évaluation et études musicales », Mezetulle a reçu le texte qui suit. Éric Sprogis s’y emploie, en forme de réponse, à souligner des « approximations » et « détournements » opérés selon lui par Dania Tchalik, et en prend argument pour jeter le doute sur l’ensemble de son propos. Ce n’est pas seulement parce que Éric Sprogis a été cité expressément par D. Tchalik que Mezetulle publie ici son texte, mais aussi et surtout parce que celui-ci est de nature à enrichir et à poursuivre un débat ouvert en 2012.

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Le multiculturalisme contre la laïcité

Charles Arambourou livre une analyse minutieuse, en forme d’explication de texte, des thèses « multiculturalistes » : une essentialisation ethnico-nationale de groupes humains imaginaires, triés en fonction de leur couleur de peau – un racisme politiquement correct.

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Le terrorisme est-il l’arme des pauvres ?

Les tueries des 7, 8 et 9 janvier ont donné à nombre de commentateurs l’occasion d’avancer l’idée selon laquelle ce sont la pauvreté, le chômage, l’exclusion et le manque d’éducation qui font le lit du terrorisme. La thèse n’est pas nouvelle. Cette lecture sociale exclusive sert même souvent d’excuse. André Perrin l’examine de près et la fait passer au crible des épreuves classiques de falsification.

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Image, alphabétisation, laïcité

Jean-Michel Muglioni entend montrer qu’il y a un refus de l’image qui est aussi idolâtre que l’idolâtrie – c’est-à-dire la sacralisation de l’image – et que seule la parole et donc la maîtrise d’une langue et l’alphabétisation peuvent nous en délivrer. Mais à cet égard la leçon des assassinats de janvier à Paris ne semble toujours pas comprise.

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Divertissement « pédagogique » et « mise en valeur » du patrimoine historique

Un exemple

Catherine Kintzler et Jorge Morales ont dénoncé les dérives « pédagogistes » sur des objets apparemment disjoints. Or la cartographie et la programmation artistique ne constituent pas, loin s’en faut, les seuls terrains d’élection d’un pédagogisme bienpensant qui s’en prend aussi à la « mise en valeur » du patrimoine et qui s’applique, comme toujours, à détourner l’esprit de sa présence à lui-même.

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Le sens de la marche du 11 janvier : sursaut ou soumission ?

Une affaire Calas mondialisée

La manifestation d’unité nationale du 11 janvier 2015 sera aussi insignifiante que la manifestation des champs Elysées après la victoire de l’équipe de France de football, si elle n’est pas suivie par une politique réellement républicaine et d’abord par un sursaut laïque de la part du gouvernement français, c’est-à-dire d’une gauche qui a abandonné la laïcité depuis déjà longtemps, comme nous sommes nombreux à l’avoir écrit sur Mezetulle. La France est devant une affaire Calas mondialisée

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Communisme, révolution, islamisme (par Yolène Dilas-Rocherieux)

Le credo de Ilich Ramirez Sanchez

Dès 2004, Yolène Dilas-Rocherieux analysait avec lucidité les rapports entre une nouvelle catégorie de « révolutionnaires » et la montée du mouvement totalitaire islamo-fasciste. A travers l’examen du livre de Carlos paru en 2003, l’auteur dresse un constat édifiant. La lecture « sociale » du terrorisme islamiste, avancée comme argument d’excuse, y révèle son insuffisance et parfois même sa complaisance envers un projet politique criminel.

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Le volet pédago de la Philharmonie de Paris

Le triomphe du « gauchisme culturel »

Mezetulle a reçu ce texte en réaction à l’article de D. Tchalik « Pédagogie, évaluation et études musicales ». Jorge Morales y montre que les entreprises de confusion délibérée entre démocratisation et déculturation ne visent pas seulement les institutions d’enseignement. Elles s’en prennent aussi au public prié de se changer en « publics », autrement dit de se nier lui-même – car ici le pluriel en dit long sur l’idéologie de segmentation de l’humanité gouvernant sournoisement toute cette bienpensance et sur la politique d’ajustement qu’elle a pour mission de servir.

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Liberté de conscience et respect de la laïcité (par Jean-Paul Scot)

Dans ce texte, publié par L’Humanité du 9 janvier, l’historien Jean-Paul Scot rappelle avec fermeté combien la laïcité, qu’il était de bon ton de « ringardiser » il y a peu, est plus que jamais à l’ordre du jour. Mais encore ne faut-il pas la confondre avec un vague « respect » envers les religions qui vise à bâillonner toute critique, ni avec une prétendue « laïcité européenne » ou « accommodante » qui reviendrait à s’aligner sur de nombreux pays où une législation sur le blasphème est en vigueur.

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Pédagogie, évaluation et études musicales

L’imposture des technocrates

Dania Tchalik poursuit ici son analyse, engagée dès 2012, des mesures technocratiques qui détruisent l’idée même d’enseignement dans le domaine de la musique. Il en révèle, sous les oripeaux « pédagogues » et bienpensants, le double langage, la logique marchande, la politique méprisante et asservissante. Et c’est toujours avec humour que sa plume acérée traque la novlangue qui remplace Bach, Beethoven, Debussy et autres valeurs patrimoniales obsolètes par des parcours loisir et des projets transversaux

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Grèce. Histoires de dette, de cigales, de fourmis et de cochons

Deux textes de Jean-Michel Muglioni

En 2011 alors que la « crise » grecque battait son plein et qu’on voyait fleurir l’injurieux acronyme PIGS désignant les pays endettés, Jean-Michel Muglioni offrait à Mezetulle deux articles qu’il me semble plus qu’opportun de remettre « à la Une » en ce moment. Je les regroupe ici, sous un titre général de mon cru, dans l’ordre chronologique de leur publication initiale.

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Les risques calculés du néo-libéralisme

Une politique de l’inaperçu

La technostructure ? Nous savons vaguement qu’elle existe, lointaine. En général elle se cache. Mais il lui arrive de se montrer, notamment pour exposer l’art de se cacher. C’est encore pire qu’on ne l’avait imaginé.

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Le visage et la main, le masque et le gant

Le débat sur le port du voile intégral n’a pas seulement eu pour effet de poser un problème de civilité au sens politique du terme. Il a rappelé que le statut du visage a toujours quelque chose d’énigmatique et d’ambivalent. La civilité d’une humanité ordinaire se situe dans une zone moyenne, entre les extrêmes tout aussi inquiétants et mortifères d’une exposition absolue et d’une dérobade absolue.

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L’IGN perd le nord et la mémoire

La série de cartes « De loisirs de plein air » de l’Institut géographique national

La série des cartes IGN (Institut géographique national) « De loisirs de plein air » propose des chefs d’œuvre de marketing, inutilisables pour qui veut s’orienter, où au moins deux siècles de savoir et de savoir-faire sont délibérément massacrés par une frénésie d’effacement qui confond simplification et appauvrissement.

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Cuisine ou pâtisserie ?

Garder « une petite place pour le dessert »

La pâtisserie, c’est le modèle chimique et global de la boîte noire, l’effet spécial comme au cinéma, la navigation aux instruments. On ne voit rien. La cuisine, c’est le modèle mécanique et séquentiel, les pignons, les poulies et les cabestans que l’on manœuvre ; on voit tout, on comprend tout.

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L’alphabet, machine libératrice

Sur un livre de Eric A. Havelock

L’alphabet est probablement la découverte la plus puissante jamais inventée pour libérer les esprits. Il déploie cette puissance parce qu’il renonce à représenter les pensées, rendant l’acte de lecture totalement mécanique. Dans un ouvrage trop peu connu, Aux origines de la civilisation écrite en Occident, Eric A. Havelock développe ce paradoxe : « un système d’écriture réussi ou pleinement développé est un système où la pensée n’a plus aucune part »

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