La part d’ombre d’Alain dans son ‘Journal’

L’homme Chartier n’a pas été à la hauteur d’Alain et de ses combats

Jean-Michel Muglioni, secrétaire de rédaction de l’Association des Amis d’Alain, se refuse à prendre la défense des pages inadmissibles d’Alain dans son Journal1 qui vient de paraître et provoque comme on devait s’y attendre des réactions violentes. Sur l’œuvre d’Alain, il renvoie seulement à l’avertissement par lequel Georges Canguilhem concluait dans la Revue de métaphysique et de morale (n° 2, 1952) son article « Réflexions sur la création artistique selon Alain » : « nous pensons qu’Alain est un vrai philosophe. Nous fondons notre conviction sur l’existence de ces quatre ouvrages, Système des beaux-arts, Les Idées et les Âges, Les Entretiens au bord de la mer, Les Dieux. Pour la première de ces quatre œuvres magistrales, nous avons voulu expressément tenter d’en parler, dès maintenant, comme d’un texte philosophique plein, opaque, inépuisable ».

Les amis d’Alain savent qu’être ami d’Alain, c’est être d’abord ami de la vérité, comme Aristote l’ami de Platon, ami plus encore de la vérité, et en cela-même platonicien. Alain m’ayant appris que la polémique (polémique veut dire guerre) interdit et l’amitié et la vérité, je ne polémiquerai pas contre Michel Onfray, qui, sous le titre Solstice d’hiver, Alain, les Juifs, Hitler et l’Occupation, publie une quarantaine de pages presque uniquement à charge à l’occasion de la parution du Journal d’Alain. Les pages inadmissibles de ce Journal sont connues depuis longtemps. Au lecteur qui les découvre de juger ! Au lecteur de chercher dans ce Journal les pages où Alain est encore l’écrivain qu’il a été.

Malheureusement, en effet, il y a bien pire dans ce Journal que l’illusion pacifiste, que chacun connaît, et qui amène Alain à souhaiter la victoire allemande : ce sont des réflexions antisémites, avec toute la vulgarité que cela comporte. Qu’au total elles ne représentent que très peu de pages n’en atténue ni la bêtise, ni l’horreur. Là-dessus Emmanuel Blondel a dit ce qu’il fallait dans son introduction au Journal. Qu’Alain lui-même écrive après avoir noté ces réflexions qu’il est honteux de son antisémitisme et de l’impossibilité où il a été toute sa vie de s’en débarrasser laisse perplexe, puisqu’enfin son œuvre et ses combats, avant que la maladie l’enferme chez lui juste après sa retraite, étaient républicains : il fut dreyfusard et participa au Comité de vigilance des intellectuels antifascistes. L’homme Chartier n’a pas été à la hauteur d’Alain et de ses combats.

Cet antisémitisme d’Alain est révélateur de l’antisémitisme qu’on pourrait dire culturel du pays, d’autant plus qu’il affecte un dreyfusard. Qu’il s’exprime en pleine occupation, même seulement sur un papier privé, aggrave le cas de son auteur, et cela même s’il n’a pas été collaborateur. Alain n’a rien compris au nazisme ; il a pris Hitler pour un despote « classique » et il a confondu son nationalisme avec le nationalisme allemand et français qu’il avait combattu comme Jaurès avant 1914. L’antisémitisme était si ordinaire que l’antisémitisme nazi n’a pas choqué Alain à sa lecture de Mein Kampf. Le pire, on le sait, c’est qu’après la guerre on ait continué à ne rien voir : le pays a tardé à prendre conscience de la Shoah. Ce qui ne disculpe pas un philosophe qui aurait dû être clairvoyant. Même après 1945 Alain n’a pas compris que la guerre contre Hitler n’était pas une guerre nationale, mais une guerre contre la barbarie.

Il est vrai qu’en 1914 aussi la propagande française prétendait qu’il fallait combattre la barbarie allemande. Il est vrai que l’horreur des tranchées, pour le combattant qu’Alain avait été, pouvait nourrir un pacifisme radical. Je comprends qu’ayant vu un grand nombre de ses élèves mourir au combat, il ait été du côté de ceux qui disaient : « plus jamais ça » ! Il avait aussi pris conscience que l’accroissement des moyens de destruction des armées serait catastrophique pour les populations. Je veux bien aussi que la maladie et l’immobilité aient concouru à son aveuglement, d’autant qu’il était entouré d’admirateurs qui ne l’ont pas aidé à voir clair quand ils n’étaient pas eux-mêmes plus aveuglés que lui. Admettons qu’en 1940 il soit resté à 1914. Excusons le pacifisme, c’est-à-dire expliquons une erreur de jugement par la psychologie, ce qui pourtant va contre la doctrine alanienne. Mais lorsqu’Alain écrit le 20 septembre 1943 : « Je suis arrivé maintenant à une position que je crois forte, c’est de souhaiter pour l’avenir de la paix la reconstitution d’un parti juif français qui sera chargé de la politique. Et qui aura en plus beaucoup d’argent et presque toute l’industrie, avec des chefs comme Maurois, comme Roland Boris, [ses amis et anciens élèves] qui nous ont tellement manqué par la faute de cette lâche politique de collaboration, qui va bientôt finir », il a beau condamner la collaboration et refuser l’antisémitisme, ce que je ne nie pas, il ne se rend pas compte qu’il est encore prisonnier d’un cliché antisémite. Charles Péguy avait vu plus clair : « …les antisémites riches connaissent peut être les Juifs riches. Les antisémites capitalistes connaissent peut être les Juifs capitalistes. Les antisémites d’affaires connaissent peut être les Juifs d’affaires. Pour la même raison je ne connais guère que des Juifs pauvres et des Juifs misérables. Il y en a. Il y en a tant que l’on n’en sait pas le nombre. J’en vois partout. » [Notre jeunesse, Œuvres en prose, 1909-1914, p..630 sq. Pléiade : il faut lire tout ce passage]. La même bêtise fait qu’Alain assimile dans son Journal les Juifs et le capitalisme financier. On n’en a toujours pas fini avec ce préjugé dont il y a des traces chez Marx lui-même.

Je partage la condamnation du capitalisme financier, sans comprendre toutefois le sens qu’il y a à lui opposer le travail des paysans : Alain a-t-il compris son propre temps, ou est-il resté l’enfant du Perche né en 1868 ? Il y a sur ce point une insuffisance philosophique et historique de ses réflexions pourtant roboratives sur l’économie. Sans doute son manque de jugement vient-il en partie de là : ce n’est pas l’histoire qu’il ignore, comme le croyait Raymond Aron, mais s’il voit bien ce qu’il y a d’effrayant dans le développement économique du monde, il ne comprend pas que ce développement emporte tout et fait un nouveau monde.

Au lieu de nous donner la gloire facile de voir plus clair que tel ou tel grand écrivain ou grand philosophe, au lieu de gagner une notoriété en relevant les erreurs ou les fautes des grands hommes des siècles passés, au lieu de chercher à les rabaisser, tirons de leurs erreurs et de leurs fautes une leçon pour nous-mêmes. Je ne parle pas des auteurs reconnus qui ont soutenu le nazisme en connaissance de cause, ceux qui ont voulu le pire, les militants du génocide. Mais voir Alain, un des plus grands esprits de son temps, se tromper à ce point, persévérer dans l’erreur jusqu’à la fin de sa vie, et même demeurer incapable de se débarrasser de son antisémitisme, cela doit nous amener à nous défier d’abord de nous-mêmes, plutôt que de nous croire supérieurs. C’est aussi une leçon pour les philosophes et ceux qui comme Alain ont su faire preuve de courage intellectuel, c’est-à-dire résister aux pressions de leurs pairs et aux illusions de leur temps. Il peut arriver un moment où, l’âge aidant, ce courage devenant obstination, on perd le contact avec son époque et l’on n’y comprend plus rien. Il peut même arriver que l’esprit de suite, qui est la philosophie même, fasse perdre le jugement à un homme pourtant défiant à l’égard de tout système. L’erreur est décidément humaine.

Le Traité de logique et de morale de G. Canguilhem et C. Planet, publié en 1939, fut retiré de la vente par Canguilhem lorsqu’il est devenu inspecteur général de l’instruction publique en 1948. Au dernier chapitre de la morale, La nation et les relations internationales. La guerre et la paix, les auteurs renvoient à Mars ou la guerre jugée « le livre le plus profond sur la question » et à La Guerre de Troie n’aura pas lieu « également une lecture tonique », puis vient une conclusion intitulée Réalisme et pacifisme qui, après avoir montré les raisons de l’impuissance de la Société des Nations, fait une critique du pacifisme. Il lui est justement reproché de ne pas voir que « l’absence de guerres ouvertes … depuis bientôt vingt ans » n’est pas la Paix. Les auteurs affirmant que les nouvelles guerres ne pouvant être que mondiales, ils en tirent cette conséquence que la question se pose de savoir à quel groupe de nations on veut appartenir. Voici la dernière phrase : « Une morale idéaliste enjoint d’opter pour les groupes qui représentent un idéal progressif. Ici, comme l’Hamlet de Shakespeare, il faut choisir ». Où l’on voit que Canguilhem, fidèle élève d’Alain, Canguilhem qui allait participer à la fondation du réseau « Libération-Sud », qui le 2 juin 1951 au Vésinet fermera les yeux d’Alain, était plus fidèle à la leçon d’Alain qu’Alain lui-même enfermé dans ses préjugés d’homme et sans s’en rendre compte tombé dans le camp des réalistes.

Si donc ses amis aujourd’hui encore fidèles ne pouvaient pas cacher la part d’ombre d’Alain, s’ils ont cru devoir publier le Journal d’Alain, ils n’ont pas à justifier l’injustifiable ni même à l’excuser. C’est être plus fidèle à Alain que Chartier lui-même.

1 – Alain, Journal inédit 1937-1950, Éditions des Équateurs, 2018, édition et présentation par Emmanuel Blondel.

8 réflexions au sujet de « La part d’ombre d’Alain dans son ‘Journal’ »

  1. Braize François

    L’étudiant de terminale philo que je fis se souvient de l’homme qui avait eu l’intelligence de dire, dans ses éléments de philosophie je crois, que quand il rencontrait quelqu’un soutenant que le clivage gauche/droite n’a pas ou plus de réalité, il partait du principe qu’il ne s’agissait pas d’un homme de gauche…
    Lumineux, non par les temps ineptes qui courent ?
    C’était donc au milieu de quelques bêtises graves…
    Nul n’est parfait…

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    1. Jean-Michel Muglioni Auteur de l’article

      Le premier volume des propos d’Alain dans la Pléiade publie sous le titre Droite et gauche un propos de décembre 1930 qui commence en effet ainsi (p.983) :
      « Lorsqu’on me demande si la coupure entre partis de droite et partis de gauche, hommes de droite et hommes de gauche, a encore un sens, la première idée qui me vient est que l’homme qui pose cette question n’est certainement pas un homme de gauche ». Mais Alain poursuit : « c’est une riposte, ce n’est pas une idée ». La suite complique en effet les choses.
      Je retiendrai seulement qu’il ne suffit pas que les députés des partis soient assis à la gauche du Président pour être de gauche au sens qu’Alain donne à cette expression.

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        1. Jean-Michel Muglioni Auteur de l’article

          Le premier volume des Propos d’Alain dans la Pleiade sous le titre Droite et gauche commence par un bon mot dont Alain dit aussitôt : « c’est une riposte, ce n’est pas une idée ». Riposte à ceux qui voudraient que cette distinction n’ait pas de sens. La suite cherche l’idée, c’est-à-dire le sens de cette distinction et devient donc plus difficile. Je n’en retiendrai que l’exemple de l’affaire Dreyfus : être de gauche, c’était faire prévaloir la vérité sur tout autre intérêt, même le plus légitime, le plus noble. J’ajouterai, ce qu’Alain ne fait pas, abandonner Dreyfus parce que la lutte socialiste est plus importante, c’était être de droite comme faire prévaloir l’amour de la patrie sur la vérité. Et tout homme est de droite dès qu’il prend en compte son bien-être et l’ordre extérieur qui en est la garantie. Mais il ne sert à rien de résumer un propos suggestif par sa brièveté et du même coup assez obscur.

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  2. Vincent Renault

    Merci beaucoup pour cette leçon dans l’art de distinguer. Et pour cette leçon aussi sur ce que fidélité veut dire. Et foi. Difficile de faire plus alanien.
    Mais je crois utile de formuler quelques réserves.
    On observe dans toute cette affaire du journal d’Alain les limites de la publication d’écrits non destinés à la publication.
    Voici un homme – Chartier ou Alain, c’est le même – qui ne se ment pas à lui-même, qui pratique cet art ou cette ascèse du journal intime, et qui reconnaît sans fard son antisémitisme.
    Que fallait-il? Qu’il n’écrivît que de bonnes et belles pensées, comme si de telles pensées naissaient d’elles-mêmes et n’étaient pas l’épure d’un magma d’abord confus? N’est-ce pas Alain qui nous fait voir, et fameusement, en définissant l’artiste, que l’oeuvre se découvre se faisant?
    Et si Hitler avait pratiqué quelque journal intime dans lequel il disait regretter un peu les souffrances des Juifs? Himmler ne manifesta-t-il pas quelque dégoût, assistant à la Shoah par balles près de Minsk, le 15 août 1941? Est-ce qu’on va dire alors que l’homme Heinrich fut meilleur que le SS-Führer Himmler?
    Peut-être, mais de même que les actes philosophiques d’Alain, ce sont ceux qu’il a professés tels, donc ses publications effectives, les actes politiques d’Himmler, c’est la Shoah.
    Ainsi, il n’y a pas à faire plus de cas des pensées inscrites au journal intime d’Alain qu’il n’y a lieu de faire cas des pensées charitables qui traversèrent sans doute la conscience d’un Himmler.
    Et aussi tirons-en que si penser, c’est dire non, c’est notamment au sens de dire non à soi.
    Ainsi, si je rejette entièrement la manière qui est celle d’Onfray, parce qu’elle revient à mettre sur le même plan le publié et l’intime, j’ai encore quelques réserves à l’égard de votre manière de distinguer entre l’homme Chartier et le philosophe Alain.

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    1. Jean-Michel Muglioni Auteur de l’article

      Je ne suis pas votre analogie, même s’il est vrai que les pires des hommes peuvent avoir des sentiments humains et les meilleurs, de mauvaises pensées.
      Cette affaire est désolante à tous égards. J’étais moi-même opposé à la publication du Journal, dont les passages antisémites étaient déjà publics. La sincérité d’Alain à s’avouer antisémite et la manière dont il condamne son propre antisémitisme me laissent perplexe. Il n’y a pas lieu de lui reprocher de noter ses préjugés dans un journal intime, mais d’avoir de tels préjugés. Et certes qu’il n’ait pas réussi à dire vraiment non à son antisémitisme m’instruit plus sur l’état d’esprit des français d’avant 1940 que sur Alain, et ce d’autant plus, je le répète, qu’il était dreyfusard et que même dans son Journal il écrit que les juifs doivent avoir les mêmes droits que les autres hommes. Il y a là une haine qui au cours des âges a pris diverses formes et qui aujourd’hui continue de faire des ravages. On attend d’un philosophe lucide qu’il ne s’y laisse pas prendre. Alain aurait été musicien ou même poète, je ne serais pas gêné. Comment comprendre que cette haine habite le cœur d’un homme qui a combattu toute sa vie pour la liberté et l’égalité ? Qu’il dise lui-même qu’il ne comprend pas ne résout pas le problème.
      Il est vrai que si nous rejetons comme nuls et non avenus tous les livres dont les auteurs ont été plus ou moins antisémites, nous risquons de vider nos bibliothèques. Il restera Rousseau, un des seuls parmi les plus grands à n’avoir pas été dupe de l’antisémitisme. Le lecteur qu’était Alain aurait dû s’y arrêter. Donc relisons !
      « Connaissez-vous beaucoup de chrétiens qui aient pris la peine d’examiner avec soin ce que le judaïsme allègue contre eux ? Si quelques-uns en ont vu quelque chose, c’est dans les livres des chrétiens. Bonne manière de s’instruire des raisons de leurs adversaires ! Mais comment faire ? Si quelqu’un osait publier parmi nous des livres où l’on favoriserait ouvertement le judaïsme, nous punirions l’auteur, l’éditeur, le libraire (1). Cette police est commode et sûre, pour avoir toujours raison. Il y a plaisir à réfuter des gens qui n’osent parler.
      Ceux d’entre nous qui sont à portée de converser avec des Juifs ne sont guère plus avancés. Les malheureux se sentent à notre discrétion ; la tyrannie qu’on exerce envers eux les rend craintifs ; ils savent combien peu l’injustice et la cruauté coûtent à la charité chrétienne : qu’oseront-ils dire sans s’exposer à nous faire crier au blasphème ? L’avidité nous donne du zèle, et ils sont trop riches pour n’avoir pas tort. Les plus savants, les plus éclairés sont toujours les plus circonspects. Vous convertirez quelque misérable, payé pour calomnier sa secte ; vous ferez parler quelques vils fripiers, qui céderont pour vous flatter ; vous triompherez de leur ignorance ou de leur lâcheté, tandis que leurs docteurs souriront en silence de votre ineptie. Mais croyez-vous que dans des lieux où ils se sentiraient en sûreté l’on eût aussi bon marché d’eux ? En Sorbonne, il est clair comme le jour que les prédictions du Messie se rapportent à Jésus-Christ. Chez les rabbins d’Amsterdam, il est tout aussi clair qu’elles n’y ont pas le moindre rapport. Je ne croirai jamais avoir bien entendu les raisons des Juifs, qu’ils n’aient un Etat libre, des écoles, des universités, où ils puissent parler et disputer sans risque. Alors seulement nous pourrons savoir ce qu’ils ont à dire. »
      Note 1
      Entre mille faits connus, en voici un qui n’a pas besoin de commentaire. Dans le XVIe siècle, les théologiens catholiques ayant condamné au feu tous les livres des Juifs, sans distinction, l’illustre et savant Reuchlin, consulté sur cette affaire, s’en attira de terribles qui faillirent le perdre, pour avoir seulement été d’avis qu’on pouvait conserver ceux de ces livres qui ne faisaient rien contre le christianisme, et qui traitaient de matières indifférentes à la religion.

      Emile Livre IV Pléiade p.620-621

      Mais la défense légitime des droit des femmes pourrait nous faire rejeter aussi Rousseau dont les propos de la dernière partie de l’Emile sur la question sont pour une grande part un tissu de préjugés où nature et culture sont confondus par l’auteur qui a su peut-être le mieux les distinguer.

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      1. strano

        Dans ce passage d’Alain que vous citez,dites-moi en résumé ce qui vous frappe,car je ne suis pas sur de le comprendre…..

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        1. Jean-Michel Muglioni Auteur de l’article

          Je suppose que vous faites allusion à ce qu’Alain écrit le 20 septembre 1943 : « Je suis arrivé maintenant à une position que je crois forte, c’est de souhaiter pour l’avenir de la paix la reconstitution d’un parti juif français qui sera chargé de la politique. Et qui aura en plus beaucoup d’argent et presque toute l’industrie, avec des chefs comme Maurois, comme Roland Boris, [ses amis et anciens élèves] qui nous ont tellement manqué par la faute de cette lâche politique de collaboration, qui va bientôt finir ».
          Il est clair qu’Alain n’a absolument pas conscience lorsqu’il écrit ces mots de reprendre un cliché antisémite, d’autant par exemple que Maurois est un ancien élève de Rouen qui lui a été fidèle jusqu’au bout et qu’il a lui-même toujours estimé : c’est Alain après la réussite de Maurois au concours général qui lui a conseillé de reprendre l’entreprise familiale pour connaître le monde au lieu de se précipiter dans une carrière littéraire. N’empêche qu’imaginer une sorte de parti juif est déjà contestable, et ajouter même sans la moindre intention antisémite qu’il sera d’autant plus utile qu’il est riche, cela appelle la réponse de Péguy !

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