Campagne de rentrée du Ministère de l’Éducation nationale sur la laïcité : quelques remarques critiques

J’ai appris par la presse que le Ministère de l’Éducation nationale lance une campagne en faveur de la laïcité lors de cette rentrée scolaire 2021-2022. Les lecteurs de Mezetulle savent que je fais partie du « Conseil des sages de la laïcité » installé en janvier 2018 par le ministre Jean-Michel Blanquer, présidé par Dominique Schnapper. Ils peuvent à juste titre s’interroger sur le rôle éventuel du Conseil dans cette campagne consacrée à la laïcité, particulièrement en prenant connaissance des huit affiches de lancement. C’est en toute indépendance que je propose les remarques critiques qui suivent.

Une série de huit affiches

La campagne est lancée, à grand bruit, par une série d’affiches en direction des élèves. Voir ci-dessous (Figure 1) les 8 affiches dont la presse a fait état, insérées dans le dossier des journalistes assistant à la conférence de presse du 26 août et projetées sur écran durant ladite conférence1.

Figure 1

Le ministre les présente en ces termes (à 1h38 dans l’enregistrement vidéo) :

« Nous avons voulu avoir une étape de campagne vis-à-vis de nos élèves en la matière. Je le dis en présence d’Alain Seksig, secrétaire général du Conseil des sages de la laïcité, qui représente Dominique Schnapper présidente de ce Conseil des sages. C’est avec eux et avec beaucoup d’acteurs de terrain que nous avons élaboré cette campagne qui commencera dans quelques jours. Nous avons choisi de parler aux jeunes de 9 à 18 ans en partant de leur vécu quotidien, de leur expérience à l’école, au collège et au lycée. Dans le dossier de rentrée qui vous a été remis, vous avez les affiches de cette campagne – elles sont en train de défiler sur l’écran – avec les prénoms véritables des élèves que vous voyez.  »

Ce passage attribue un rôle au Conseil des sages dans l’élaboration des documents de cette campagne, en particulier dans la conception des huit affiches. Or, si le Conseil des sages a effectivement produit, au cours d’un travail collectif de longue haleine, des documents importants présentés dans le cadre de cette campagne (notamment la refonte complète de l’ouvrage L’Idée républicaine, le Vademecum de la laïcité à l’école ainsi que les deux plaquettes Qu’est-ce que la laïcité ? et Que sont les principes républicains ?2), à ma connaissance il n’a en revanche pas été associé à la conception des affiches qu’on peut voir ci-dessus, ni sollicité à ce sujet pour donner un avis. Non seulement ces huit affiches sont selon toute probabilité issues d’un travail mené en comité restreint, non seulement elles font écran, en s’imposant de manière tapageuse, aux documents autrement réfléchis et durables (on l’espère) que je viens de citer, mais encore elles véhiculent une vision de l’école à laquelle je ne cesse de m’opposer depuis bientôt 40 ans.

Une école « lieu de vie » qui réduit la laïcité à un « vivre-ensemble »

1° Sur les huit affiches, dont le ministre précise qu’elles s’appuient sur l’expérience des élèves en tant que tels, seules deux (n° 4 et 5) sont relatives à une situation scolaire. « Être dans le même bain », « rire des mêmes histoires », « porter les mêmes couleurs », « être inséparables tout en étant différents », « être égales en tout », « être ensemble » : même si cela peut avoir lieu à l’école, on ne voit pas en quoi cela serait spécifique de l’école. À moins qu’on propose, pour la énième fois, une idée de l’école proche de celle d’un centre de loisirs, d’une association sportive, d’une association ludique, d’un club, ou pour parler plus directement d’une garderie « animée » : l’idée d’une école « lieu de vie » où la question des savoirs, de leur transmission, de leur appropriation, et des effets libérateurs de celles-ci, est marginale. Or, rappelons-le, une école qui relègue les savoirs au second plan ne peut pas être laïque, car les savoirs sont, en eux-mêmes, déliés de tout dogme, de toute autre autorité que la leur propre : ils sont auto-constituants comme est auto-constituante, de son côté, une association politique laïque. C’est pourquoi on œuvre beaucoup plus en faveur de la laïcité en enseignant l’arithmétique, la grammaire, la géographie, l’histoire, la musique, etc., qu’en abreuvant les élèves d’un prêchi-prêcha, fût-il républicain.

2° Selon la vision d’une école « lieu de vie », la laïcité se réduirait à un « vivre-ensemble », présenté ici sous sa forme aggravée : un « vivre » dans lequel l’ensemble se manifeste obstinément par l’injonction à un même coalisant. Il faudrait à l’école « rire des mêmes choses », « être dans le même bain », « porter les mêmes couleurs » ? Qu’en est-il du quant-à-soi auquel on peut prétendre même au plus jeune âge, de la singularité, et du devoir de chacun d’atteindre son point d’excellence ? Remarquons que c’est jusqu’à la possibilité de « penser par soi-même » qui est pesamment mise en place par un scénario obligé de conformation collective (affiche n°4). Or n’est-ce pas d’abord la possibilité de vivre et de penser à la première personne du singulier3 que l’école laïque offre à chaque élève en le mettant en contact avec ce que l’humanité a fait de mieux, en le conviant à s’approprier la plus haute forme de liberté qu’est le savoir, en lui offrant une « respiration »4 qui le met à l’abri des injonctions sociales d’un « nous » étouffant (autre forme coalisante, par communautarisme, du même), en lui offrant le luxe d’une double vie ? L’école républicaine ne serait-elle qu’une super-tribu fusionnelle où aucune tête ne dépasse ? Serait-il mal vu d’y exceller ? C’est pourtant ce que suggère, en une présentation mal digérée de l’égalité, l’affiche n°7. Non, il ne s’agit pas de « permettre à Unetelle et à Unetelle d’être égales en tout », il s’agit de les traiter également parce qu’elles ont les mêmes droits (forme universalisante et non identificatoire du même), en leur enseignant les mêmes programmes, avec la même attention, la même sollicitude : et quel mal y a-t-il alors si l’une devient, peut-être, meilleure que l’autre en calcul, ou en histoire, en musique, en éducation physique5 ? Que chacun, à l’école, devienne lui-même en excellant de toutes ses forces au moins en quelque chose sans s’exposer au risque de se faire traiter de « bouffon » !

3° On peut s’interroger sur l’implicite véhiculé par une scénographie répétée d’affiche en affiche, visiblement inspirée par la culture com répandue du « venez-comme-vous-êtes » : que de soin apporté à décliner laborieusement les totems de la « diversité »… ! Intention louable sans doute, mais qui risque par son insistance de figer les identités extérieures aux dépens des singularités, d’accepter et de reconduire les assignations qu’il s’agit précisément de délier, de passer sous silence le rôle émancipateur de l’école qui sollicite en chacun un travail sur soi parfois inconfortable, et qui appelle une mutation par « réforme de l’entendement ».

Une sous-espèce de littérature combinatoire à effet comique

Et pour finir, un peu de littérature divertissante. La mécanique délibérée de la formule « Permettre à [ici un jeu de prénoms] de [ici une infinitive évoquant une « activité » d’apparence scolaire ], c’est ça la laïcité ! » ne pouvait pas ne pas produire un effet combinatoire comique. Il serait indécent de faire aux auteurs l’honneur d’une comparaison avec les Cent mille milliards de poèmes de Queneau, où la combinatoire, infiniment plus riche, obéit à des règles infiniment plus subtiles et véritablement poétiques et, loin d’épuiser le moment littéraire, en souligne au contraire l’immensité. On les renverra à ce tweet plein d’esprit qui démonte leur poétique de pacotille en proposant sur son modèle un « générateur de définitions de la laïcité » (https://twitter.com/Le_Trema/status/1430908171434926083)

J’ai, pour ma part, obtenu la formule suivante : « Permettre à Mélanie B, Mélanie C, Géri et Emma de faire un atelier gommette ». La laïcité ce n’est pas ça, mais « c’est ça, l’école des réformateurs depuis 40 ans ».

Figure 2. Générateur de définitions proposé par « Le Tréma », qui en donne le mode d’emploi : « comme le gouvernement, crée toi aussi ta propre définition de la laïcité grâce à ta date de naissance ! »  https://twitter.com/Le_Trema/status/1430908171434926083

Notes

1 – L’intégralité de la conférence est accessible sur Youtube https://www.youtube.com/watch?v=c1rFT8EUd80

2 – Les trois documents Vademecum de la laïcité à l’école, Qu’est-ce que la laïcité ? et Que sont les principes républicains ? sont téléchargeables sur la page du site du MEN consacrée au Conseil des sages https://www.education.gouv.fr/le-conseil-des-sages-de-la-laicite-41537

3 – Je ne manque jamais une occasion de citer ces propos de Delphine Horvilleur, entendus à la radio en mai 2018 : « La promesse que la République nous a faite, c’est que chacun soit défendu en tant qu’individu, que chacun puisse parler à la première personne du singulier ».

4 – Sur la notion de « respiration laïque », je me permets de renvoyer à plusieurs articles en ligne ou référencés sur mon site web – on peut y accéder en recherchant le terme « respiration » https://www.mezetulle.fr/?s=respiration

5 – « Il est impossible qu’une instruction même égale n’augmente pas la supériorité de ceux que la nature a favorisés d’une organisation plus heureuse. Mais il suffit au maintien de l’égalité des droits que cette supériorité n’entraîne pas de dépendance réelle, et que chacun soit assez instruit pour exercer par lui-même, et sans se soumettre aveuglément à la raison d’autrui, ceux dont la loi lui a garanti la jouissance. Alors, bien loin que la supériorité de quelques hommes soit un mal pour ceux qui n’ont pas reçu les mêmes avantages, elle contribuera au bien de tous, et les talents comme les lumières deviendront le patrimoine commun de toute la société. » Condorcet, Premier mémoire sur l’instruction publique, dans Cinq Mémoires sur l’instruction publique, Paris : GF-Flammarion, 1994, p. 61-62. Voir à ce sujet l’article « Égalité, compétition et perfectibilité » https://www.mezetulle.fr/egalite-competition-et-perfectibilite/

10 thoughts on “Campagne de rentrée du Ministère de l’Éducation nationale sur la laïcité : quelques remarques critiques

  1. Jeanne Favret-Saada

    Une fonctionnaire du Ministère de l’Intérieur m’avait demandé par téléphone de participer à cette campagne, des « intellectuels en vue » (sic) étaient priés de décliner leur « conception personnelle » (sic) de la laïcité. La stupidité de cette conversation m’a laissée rêveuse.

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  2. Lancien

    Merci pour cette réflexion, qui reste nouvelle au regard de la profondeur de notre histoire,
    Il me semble que, pour que la laïcité puisse effectivement prendre corps au sein de l’éducation nationale, il faudrait changer le mot « élève », dont la racine religieuse laisse entrevoir l’élévation.
    Or j’entends des collègues évoquer cette racine, de nos jours, dans un autre sens, celui d’élevage… Ce qui n’est pas sans fondement, lorsque l’on constate notre dénuement en terme d’autorité chez nous autres enseignants.
    Le fait est que nous vivons une catastrophe :
    https://www.bfmtv.com/societe/education/mathematiques-les-eleves-francais-de-cm1-et-4e-sont-parmi-les-moins-bons-de-l-ue-selon-une-etude_AN-202012080144.html
    Je pense que rien n’est perdu, il faudrait « simplement » remettre l’église au milieu du village.
    Bien courtoisement

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    1. Mezetulle

      C’est en un troisième sens que pour ma part j’emploie le terme « élève » (pour le distinguer souvent de « enfant »). Certainement pas au sens d’élevage (qui supposerait un dressage et une activité d’exploitation), ni au sens d’une élévation vers des objets religieux radicalement et par définition hors de portée, mais une élévation, un chemin montant, vers ce qu’on ne soupçonnait même pas, une sortie de l’état d’immédiateté, la rupture avec « venez-comme-vous-êtes ». C’est tout simplement le sens scolaire du mot « élève » !

      Par ailleurs, je ne prétends nullement à la nouveauté de cette réflexion. J’ai notamment cité Condorcet. Et pour m’en tenir à la période actuelle, il y a 40 ans que bien des ouvrages et des centaines d’articles abordent la question d’une école « lieu-de-vie » qui se substitue à l’instruction. S’il ne fallait en citer qu’un, qui n’a pas pris une ride : Jean-Claude Milner, De l’école, Paris, Seuil 1984 (rééd. Verdier, Lagrasse, 2009).

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    2. Pierre Campion

      Oui catastrophe en ce domaine.
      Il en va de même dans le domaine de la langue.
      J’ajoute que nous recrutons désormais des professeurs dans une génération qui n’a pas connu elle-même un autre régime d’enseignement que celui-ci.
      Bien à vous.

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  3. Sabine Prokhoris

    Merci chère Catherine pour cette analyse salubre. J’avais remarqué ces affiches parfaitement ineptes en effet, qui témoignent d’une vision de la laïcité dont la niaiserie le dispute à la confusion.
    J’observe que non seulement seules deux d’entre elles se rapportent à une situation scolaire au sens large (au CDI visiblement), mais que pas une seule ne renvoie à une situation en classe, dans laquelle les élèves recevraient un enseignement.
    Ces affiches, qui semblent principalement glorifier la « différence » et les « identités », de la façon la plus stéréotypée qui soit de surcroît, semblent de fait soumises à la désormais inévitable injonction d' »inclusivité ». Mot-slogan opérant comme mot de passe mondialisé – même les Talibans new look s’en réclament aujourd’hui dans leur communication (belle prise de guerre au grand Satan désormais « wokisé »).
    C’est juste désespérant…

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  4. Tarnacois sans caténaire

    Non seulement les affiches sont d’une mièvrerie sans égal mais cette course à la convivialité qu’elles soutiennent est une erreur stratégique majeure. Les communautaristes ne sont pas en reste de propagande. Lorsqu’il a été question d’abolir le concordat sur tout le territoire , n’ai-je pas vu et entendu ce brave pasteur , vanter et montrer une réunion œcuménique dans son petit temple , avec ses collègues imam, rabbin et curé ? Franchement je n’ai pas compris ce qui empêchait ce genre de meeting dans le restant du territoire mais il est vrai qu’ en terme de matraquage c’est le premier qui dit qui y est. Mais surtout ces fidéistes grégaires ont le soutien publicitaire de cette gigantesque plate forme que sont la télévision et le cinéma du plus grand pays communautariste de la planète. Pendant combien de temps visionnera t’on l’image idyllique de ces petits bambins de toute confession, dans leur tenue traditionnelle jouer à s’arroser avec les bornes d’incendie de Brooklyn, pendant combien de temps devra t’on auditionner les bondieuseries déversées à longueur de séries télévisées ? Nous ne faisons pas le poids face à cette machine. Mais il est vrai qu’en France , depuis un certain temps nous n’engageons que les combats que nous sommes surs de perdre.
    Chaque camp peut se réclamer à un instant T de la paix religieuse. En ce moment il n’ y a pas plus de «  bien vivre ensemble » en France que dans les pays anglo-saxons
    La laïcité a une vue a plus long terme. Pour moi , même si ce n’est pas la bonne définition, c’est la prise de garantie maximale de ne plus voir la religion aux affaires, que l’irrationnel ne préside plus à la destinée du pays. N’oublions pas qu’elle a été installée par la troisième République en souvenir d’une série de déculottées électorales après la Révolution de 1848. C’est trivial mais c’est ainsi.
    En terme d’instruction publique la notion se décline par la règle que la science enseignée est maîtresse d’elle-même et règne sans partage et par conséquent n’admet aucune incursion qu’elle soit religieuse , politique ou commerciale.
    Mais comment promouvoir une vue à long terme à une époque ou l’idéologie est vouée aux gémonies ? ( Au profit de l’absence d’idéal ,un système qui se nomme le pragmatisme absolu qui est lui-même une idéologie : comble de la pensée unique)
    Le moins pire serait de répéter ce que l’on ne veut pas ,mettre en scène le repoussoir et non de poursuivre des chimères qui plus est ne dépendent pas de la position de l’état face aux religions. Par nos traditionnelles leçons d’histoire rabâcher ce que fut ce siècle paradisiaque des guerres de religions avec son apogée angélique de la saint Barthélémy . Nous pourrions aussi par nos non moins classiques cours de géographie parcourir l’exemple de calamiteux régimes multiconfessionnels ou de non moins désastreuses républiques théocratiques. Mais bien entendu , nous serions accusés de stigmatiser libanais ou afghans .

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  5. Mohamed

    LE HIC DU LAÏC
    Nos preux chevaliers de la laïcité à la tête de la France, Blanquer, Macron, Castex, Darmanin sortant tous de l’école privée catholique et bourgeoise séparatiste (sic), sans doute de pris de remords de ne pas avoir fréquenté le paradis de la laïcité, ont produit, en guise de repentance, cet évangile pour convertir les infidèles.
    D’autant que la « laicité à la française » est difficile à comprendre par les allogènes.
    Ainsi Macron, chef de la république laique, est « en même temps »:
    + chanoine honoraire des cathédrales de Saint-Jean-de-Maurienne, Saint-Julien du Mans, Saint-Maurice d’Angers, Saint-Jean de Lyon, Saint-Etienne de Cahors et Saint-Etienne de Chalons et des églises Saint-Hilaire de Poitiers, Saint-Martin de Tours et Saint-Germain-des-Prés, à Paris
    + proto-chanoine de la basilique Notre-Dame de Cléry et de la cathédrale d’Embrun
    +protecteur du domaine de Chambord et de l’Académie française, deux titres non religieux remontant aussi à la royauté.
    Nombre d’infidèles à notre laïcité ne comprennent pas pourquoi Macron fait une loi contre “le séparatisme islamiste” (sic) et “en même temps”:
    – Il n’a décidé d’aucune campagne ni mesure contre les centaine d’écoles intégristes catholiques enseignant la haine de la république et de la laïcité pour former les cadres de la droite et de l’extreme droite raciste et antisémite
    – la « république laïque une et indivisible » accepte qu’un élève sur six soit « séparé » de l’école publique laïque, avec le financement de l’état à l’enseignement catholique et ses 2 millions d’élèves soustrait au catéchisme de la laïcité
    – Il est allé prêté allégeance à Rome pour être coiffé du titre de Chanoine de Latran, tandis que d’autres présidents (Mitterand, Chirac) avaient refusé de s’y rendre
    – Macron est allé prier à Lourdes de manière ostentatoire dans ce temple du charlatanisme catholique
    – le président de la » fermeté républicaine » et « protecteurs des enfants menacés par les islamistes » n’a jamais demandé de comptes ni condamné l’Église catholique concernant la pédocriminalité de masse en son sein durant des décennies avec des centaines de milliers de victimes et des familles catholiques toujours inquiètes de nos jours de ce qui peut arriver à leurs bambins..
    De mauvais esprits qui ne comprennent rien à la “laïcité à la française” se demandent alors si la ferveur laïque française, dirigée uniquement contre les musulmans, n’est qu’une résurgence, à peine voilée, de la sainte inquisition, avec ses campagnes et buchers médiatiques permanents- ok moins ardents- depuis 1989. Étonnamment le motif n’a pas varié depuis le 13ème siècle où il s’agissait pour l’Église dominante de préserver son pouvoir en éliminant la concurrence, aujourd’hui l’étrange croisade pas si laïque est utilisée par la classe dominante pour dynamiter toute rationalité sociologique et historique à coup d’essentialisme obscurantiste pour décrédibiliser l’opposition de gauche traité d’hérétique  » islamo-gauchiste » anti laïque, par des rejetons de l’école catholique séparatiste, construite contre la laïcité!
    En lisant cet avis, s’il est publié, le lecteur aura la preuve que l’intégration est vraiment difficile pour l’allogène mahométan!

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    1. Mezetulle

      Une grande partie des éléments cités sont hérités d’une histoire antérieure à la loi de 1905. Ce qu’on peut reprocher au président Macron (et aussi à François Hollande) n’est pas cet héritage, mais l’usage qu’ils en font et leur grande « bienveillance » explicite à l’égard des religions, bienveillance qui confine à la génuflexion. Rappelons, par exemple, que F. Hollande a déclaré que « La République reconnaît toutes les croyances »… oui oui : c’est exactement le contraire de la loi de 1905. Ou encore le discours de Macron dit « des Bernardins ». Ces éléments ont été critiqués depuis longtemps sur ce site et sur le site d’archives.

      En ce qui concerne la profonde méconnaissance de la laïcité qui apparaît dans ce commentaire de la part de « mauvais esprits » je ne peux que leur recommander quelques lectures permettant de la combler. Sur ce site il y a beaucoup d’articles, ainsi que sur le site d’archives. Mais aussi des livres – Eric Anceau vient notamment de publier un ouvrage sur l’histoire du principe de laïcité. Profonde méconnaissance en effet qui se trahit par la formule « laïcité… dirigée uniquement contre les musulmans » cela veut dire plus largement que la laïcité est dirigée ou qu’elle devrait l’être, généralement « contre » les religions. Ce qui est faux. La liberté de culte est entière en République française. La seule religion qui soit opposée à la laïcité et à laquelle la laïcité s’oppose est la religion civile. C’est ce que j’ai notamment montré dans l’ouvrage Penser la laïcité.

      Quant au terme « allogène », il suppose, pour compléter son champ lexical, qu’il y aurait des « indigènes » autrement dit, moins élégamment, des « Français de souche ». Jusqu’à présent me semble-t-il le droit du sol n’est pas aboli, pas plus que la naturalisation, contrairement à ce que ce lexique tribal et séparatiste prétend.

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