Droit de vote des étrangers aux élections locales : une citoyenneté de seconde zone

Le serpent de mer du droit de vote pour les étrangers aux élections locales refait surface. C’est l’occasion pour Mezetulle de rappeler l’article que Philippe Foussier écrivit il y a dix ans à ce sujet et qu’on peut toujours lire en ligne sur le site d’archives Mezetulle.net.

Dans ce texte, l’auteur examine sévèrement ce qui était alors, et qui reste toujours, une fausse avancée démocratique : une citoyenneté de seconde zone qui se fonde sur une discrimination et qui, en outre, n’hésite pas, pour se justifier, à recourir à des arguments fiscaux ou économiques, comme si le suffrage pouvait en dépendre, comme si le corps politique devait se constituer et s’apprécier à coups de contributions et d’utilités.

Les droits et les devoirs du citoyen ne se divisent pas : tous ceux qui les exercent et qui en jouissent le font pleinement, en toute égalité et en vertu de leur appartenance à la Nation, source de toute souveraineté. Or la nationalité peut se demander et s’obtenir ; il ne s’agit alors que de s’entendre sur les conditions de cette demande :

« Lorsque les conditions de durée sont réunies, tout étranger qui en fait la demande et qui se reconnaît dans les principes de la République doit pouvoir accéder à la nationalité selon des modalités définies par le législateur. »

Lire l’article de Philippe Foussier sur le site d’archives : « Nationalité : une citoyenneté à géométrie variable ?« 

3 thoughts on “Droit de vote des étrangers aux élections locales : une citoyenneté de seconde zone

  1. Binh

    Merci pour cette suggestion de (re) lecture très judicieuse.
    Sur ce seul point du vote (et des élections, donc) je crois utile de rappeler les exigences à géométrie variable de certaines Personnalités Dites « De Gauche » (PDG) ou « révolutionnaires », ou « progressistes », ou « démocratiques », ou « égalitaristes », etc. Parmi ceux qui réclament ce droit de vote aux étrangers, il y a les prétendus « Insoumis » toujours aussi fidèles à leur virile chef Mélenchon. Pourtant, c’est bien le même démagogue de l’insoumission qui vient de déclarer publiquement que le vote des Taïwanais, chez eux, était sans valeur et que ces deniers devaient être « soumis » à la volonté expansionniste du fasciste Xi Jin Ping qui, lui, n’est le fruit d’aucun votre démocratique et libre de la population chinoise. C’est dire que sur ce seul mot « vote », on peut défendre beaucoup et son contraire (en plus des arguments de fond de Philippe Foussier). Et on peut en faire autant avec le slogan « Insoumis ».

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  2. Claustaire

    Bonjour,

    Je crois me souvenir que cette revendication d’accorder aux étrangers le droit de vote aux élections locales est consécutive à la décision européenne d’accorder MUTUELLEMENT ce droit entre (con)citoyens de l’UE.

    Les mouvements politiques de la gauche internationaliste hostile à l’UE, et refusant toute notion de citoyenneté européenne, ont alors prétendu qu’accorder ce droit à certains étrangers et le refuser à d’autres était injuste, discriminatoire, voire raciste. Alors que cela relevait surtout de la volonté de refuser de prendre acte qu’une construction citoyenne européenne était en cours.

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  3. Tarnacois sans caténaire

    Cet aspect de citoyenneté de seconde zone ne m’était pas apparu quant au vote des étrangers, chaque fois que le sujet était évoqué
    J »y suis opposé pour une autre raison :il n’existe pas en France d’élections locales. A chaque échelon nous élisons un grand électeur qui lui-même élira un sénateur. Donc pour moi , il n’ a pas plusieurs types délections et donc pas de hiérarchie entre elles
    Ou on est pour le vote des étrangers ou on est contre
    Tant qu’il y aura des guerres , une armée , un ministère de la défense et des commissions parlementaires les encadrant , je suis contre
    Je vois mal , même si le risque est infime , pour ne pas dire quasi inexistant, un vote étranger , faisant bascule pour l’intervention ( ou la non intervention)militaire de la France en faveur d’un pays d’origine
    En conséquence comme vous le préconisez, la naturalisation est un préalable au droit de vote

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