L’écriture « inclusive » séparatrice, mise à jour du dossier (sept. 2020).

Faites le test « Bisous à tous deux »

Une récente annonce de la nouvelle municipalité de Lyon1 vient de relancer le débat sur l’écriture dite « inclusive » – en y ajoutant la question d’une officialisation de ladite écriture. Je propose à la fin de ce billet une récapitulation des articles publiés sur Mezetulle (l’ancien et le nouveau) à ce sujet et aussi de quelques autres sur la féminisation des termes.
Le test ci-dessous « Bisous à tous deux » (il s’agit d’un test écrit, sans aucun risque de contamination !) révèle que l’écriture « inclusive » et généralement la novlangue acharnée à séparer les sexes non seulement sont exclusives, mais qu’elles procèdent à une « invisibilisation » : un comble !

Tout récemment, en écrivant un mél à un couple ami – composé, cela a son importance, d’un homme et d’une femme – je me suis rendu compte non seulement que je ne pouvais pas m’adresser à eux comme couple en pratiquant l’écriture inclusive, mais aussi que la diffusion de celle-ci risque de rendre difficile une expression vraiment inclusive même pour ceux qui ne la pratiquent pas.

« Chers tous deux » : c’est ainsi que j’ai l’habitude de commencer les courriels que je leur envoie. Mais la novlangue politiquement correcte réclamant la spécification sexuée jette le discrédit sur cette formule, au motif qu’elle « invisibilise » le féminin. Si cette novlangue se répand et devient norme, l’usage extensif (désignant les deux genres et en l’occurrence les deux sexes) au pluriel du genre non-marqué (dit improprement masculin) ne sera plus compris. De sorte que la formule « Chers tous deux » se ratatinera sur un sens intensif ; elle ne pourra être utilisée que pour s’adresser à deux personnes de sexe masculin…

Bien sûr je peux pratiquer l’évitement absolu et écrire « Cher X, chère Y », mais je pourrais aussi bien m’adresser ainsi à deux personnes ne formant pas un duo (en l’occurrence un couple). Parler d’un duo composé d’un homme et d’une femme ou s’adresser à lui : c’est vraiment le moment d’être inclusif ! Alors essayons de recourir à l’écriture inclusive et voyons si elle inclut tant que ça.

Je me lance. Pas facile. En plus il y a ce fichu accent sur « chère »2… . En plus qu’est-ce que je vais faire de ce « t » qui n’apparaît pas au pluriel du genre non-marqué (« tous ») et qui apparaît au genre marqué aussi bien au singulier qu’au pluriel (« toute » – « toutes ») ?
J’évite la difficulté technique en optant pour la simplification : d’emblée je mets l’ensemble au pluriel, singeant ainsi l’écriture normale, mais en y introduisant les signes « inclusifs ». J’écris donc « Chers·ères tous·tes deux ». Ouf, ça semble tenir la route !

Mais on n’a pas avancé pour autant. Avec cette formulation chiffrée, je ne m’adresse pas davantage à deux personnes de sexe différent : je ne fais que reproduire et figer cette fois dans l’écriture, par un encodage savant, la difficulté que je signalais plus haut. Une fois décryptée, l’écriture inclusive va en effet me faire dire successivement et lourdement d’abord « chers tous deux » mais cette fois au sens intensif et restrictif ( = deux personnes de sexe masculin), puis « chères toutes deux ». Comme les deux formules ne sont pas articulées par un opérateur logique (« et » / « ou ») on pourra comprendre que je m’adresse, non pas à deux mais à quatre personnes, deux à deux. On comprendra aussi que quelle que soit l’hypothèse (deux ou quatre) aucune ne peut désigner un duo hétérosexué.

Autrement dit en privant le genre non-marqué (dit masculin) de la fonction extensive, cette écriture en restreint l’usage : ce genre non-marqué ne désigne plus alors que le masculin, le vrai de vrai, celui qui a des couilles. Résultat machiste plutôt comique d’une amputation linguistique. En prétendant enrichir et préciser la langue, on l’appauvrit3.

Avec « Chers·ères tous·tes deux » le duo formé de deux personnes de sexe différent est « invisibilisé » ! On s’adresse soit à un duo homosexué dont le sexe est indéterminé (hypothèse de l’opérateur logique manquant « ou »), soit à deux duos homosexués de sexe différent (hypothèse de l’opérateur logique manquant « et »), mais en aucun cas à un duo formé d’un homme et d’une femme.

Résultat de ces tentatives : on ne sait plus comment s’y prendre, si on veut pratiquer l’écriture dite « inclusive », pour désigner conjointement un couple ou un duo de personnes dont l’une est de sexe masculin et l’autre de sexe féminin4. Alors qu’avec un genre extensif5 c’était tout simple, intelligible par tous, économique et élégant. On me fera remarquer que la formule habituelle (« Chers tous deux ») , n’inclut pas le duo homosexué féminin, auquel cas on emploiera bien sûr « Chères toutes deux ». Mais elle est, comme je viens de le montrer, plus « inclusive » que la formule cryptée en novécriture « Chers·ères tous·tes deux » qui fait disparaître l’usage extensif d’un genre.

CQFD : l’écriture dite inclusive est exclusive – et en cette occurrence sa belle volonté de « visibilité » la voue à un sexisme délirant qui ici fait obstacle à la désignation de couples hétérosexués. Strictement partageuse elle sépare les sexes, et n’envisage pas qu’on puisse les inclure dans un même genre, non seulement lorsqu’on les rassemble dans un groupe pas forcément pair (« chers lecteurs, chers auditeurs, chers amis, chers adhérents.. »), mais aussi quand on les considère en duo ou quand ils se réunissent en paires amoureuses. On peut s’interroger sur les prétendus objectifs de « visibilisation » et de « diversité » impliquant une telle discrimination.

Que faudra-t-il comprendre désormais au sujet des « amants désunis » du poème de Prévert dont il est dit qu’ils vivaient « tous les deux ensemble » ?
Et faites gaffe quand vous écrirez « bisous à tous deux » dans un sms.

Récapitulation

« Les laissés-pour-compte de l’écriture inclusive : un problème linguistique et social« , 26 septembre 2020. Version intégrale de la tribune rédigée par Yana Grinshpun , Franck Neveu , François Rastier et Jean Szlamowicz, signée par 47 linguistes, publiée par Marianne.net le 18 sept.

« Écriture inclusive et séparatisme linguistique » par François Rastier (10 août 2020)

« Le sexe et la langue » de Jean Szlamowicz, lu par Jorge Morales (2 juin 2019)

« L’écriture inclusive pour les malcomprenant·e·s » par CK (9 oct 17)

« Féminisation, masculinisation et égalité(E) » par Mezetulle (1er avril 2017)

« La langue française : reflet et instrument du sexisme ? » par André Perrin (28 oct. 2014)

« Madame le président et l’Académie française » par CK (15 oct. 2014)

« Novlangue : comment dit-on « la victime » au masculin ? » par CK (4 août 2014)

Sur le site d’archives :

« La langue est-elle sexiste? » par Jorge Morales (18 sept. 2014)

« Humanité, différence sexuelle et langue » par Alain Champseix (21 août 2014)

Les auteurs qui publient dans Mezetulle ont aussi écrit :

Sabine Prokhoris , « Le trompe-l’œil de l’écriture inclusive » Libération  14 décembre 2017.
François Rastier « Écriture inclusive et exclusion de la culture », Cités n°82, 2020/2, p. 136-148.

Notes

1 – Adoption de l’écriture dite inclusive par la municipalité. Voir par exemple https://www.lyonmag.com/article/108960/lyon-les-elu-e-s-de-la-majorite-adoptent-l-ecriture-inclusive .

2 – Je repense à la réplique du personnage incarné par Jean-Pierre Bacri dans le film d’Agnès Jaoui Le Goût des autres. Entendant les premiers mots de Bérénice, il soupire : « P… en plus, c’est en vers ! ». Eh oui, p…, le français est une langue accentuée !

3 – On a vu dans un précédent article que le genre non-marqué (dit « masculin ») n’a pas le monopole de cette fonction extensive puisqu’il existe en français bien des substantifs de genre marqué (dit « féminin »), comme « la personne », « la victime », qui la remplissent.

4 – Effet restrictif et discriminant que produisent aussi les formules d’un personnel politique s’obstinant à réitérer la séparation avec « celles et ceux », « toutes et tous », « nombreuses et nombreux ». Mais ajoutons une note rassurante : il en faudra sans doute davantage pour rendre les lecteurs insensibles à la subtilité d’une Amélie Nothomb lorsqu’elle écrit à la page 10 de son roman Frappe-toi le cœur (Paris : Albin Michel, 2017) : « Le plus beau garçon de la ville s’appelait Olivier. […] Gentil, drôle, serviable, il plaisait à tous et à toutes. Ce dernier détail n’avait pas échappé à Marie. » On ne peut ramener plus nettement et plus drôlement la formule faussement inclusive tous et toutes à sa fonction séparatrice.

5 – Voir la note 3.

15 thoughts on “L’écriture « inclusive » séparatrice, mise à jour du dossier (sept. 2020).

  1. MezetulleMezetulle Auteur de l’article

    Une correspondante me dit « « Bisous à vous 2 » et le problème est réglé. », et d’en conclure que cette démonstration était inutile.

    On peut souvent adopter une stratégie d’évitement.

    1° Eviter une question n’est ni la résoudre ni l’évacuer. Il s’agissait de mettre en évidence la fonction extensive et la fonction intensive dans l’usage des genres. J’aurais pu travailler sur un autre exemple pour montrer la même chose. Dire « tous et toutes » et non « tous », écrire « les lecteurs·trices » et non « les lecteurs », c’est abolir la fonction extensive du genre non-marqué et le réduire au strict masculin, et donc appauvrir la langue. La question que j’ai soulevée demeure. La fonction extensive (dont j’ai fait remarquer en note qu’elle n’est pas toujours réservée au genre dit masculin, avec les exemples « les personnes », « les victimes », etc.) est niée et on aboutit à une séparation, autrement dit le contraire du but recherché. Dans la phrase « Je lui donne », le pronom « lui » (au cas datif) est extensif en genre… Voir la fin de l’article https://www.mezetulle.fr/lecriture-inclusive-malcomprenant%c2%b7e%c2%b7s/

    2° L’évitement ne fait pas disparaître la question, au contraire il en est un corrélat : on pense à l’évitement parce que la question se pose. Les stratégies d’évitement sont d’ailleurs expressément conseillées dans les manuels d’écriture inclusive. Elles appellent une autocensure du locuteur qui, contrairement à la correction d’une orthographe défectueuse, ne repose pas sur le concept d’erreur, mais sur celui de faute au sens moral . C’est une culpabilisation : « ne dites pas X, c’est mal et sexiste, pensez plutôt à dire Y ». Davantage même : à travers son locuteur, c’est la langue elle-même qui est accusée.
    Je veux bien recevoir une leçon de grammaire, mais pas une leçon de morale. Non je ne culpabilise pas, non je ne pense pas m’adresser à une moitié de l’assistance en disant « Bonjour à tous » (ou « bonjour à vous tous »). De même que je n’imagine pas, en disant « toutes les personnes présentes » (féminin extensif) ne m’adresser qu’aux femmes.

    3° Cet exemple précis d’évitement « Bisous à vous deux » n’est pas l’exact équivalent de « Bisous à tous deux » : « vous » et « tous » n’ont pas le même sens ni la même valeur grammaticale (adresse directe / désignation ; pluriel / totalité). On s’interdit donc dans un tel évitement, par culpabilisation, une façon très correcte de parler : appauvrissement de la langue disponible pour un locuteur. Au reste l’article travaille sur « Chers tous deux » et écrire « Chers vous deux » n’est pas la même chose.

    4° Enfin je suggère de faire le test sur le vers de Prévert cité à la fin de l’article :
    « Nous vivions tous les deux ensemble ».

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    1. AvatarIsabelle SIMON

      L’argument de ce test « bisous à tous deux » est biaisé : la question d’utiliser ou non l’écriture inclusive ne se pose que lorsqu’on s’adresse à des personnes dont on ignore le genre. On peut également l’employer pour s’adresser à des personnes dont on sait qu’elles tiennent à ce qu’on emploie un neutre ou l’autre genre pour s’adresser à eucels 😉 mais dès lors qu’on sait, la question ne se pose pas davantage.

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      1. MezetulleMezetulle Auteur de l’article

        Utilisons un moment l’hypothèse que propose ce commentaire.
        Puisque, selon cette hypothèse, la question du recours à l’écriture dite « inclusive » ne se pose pas pour un duo qu’on sait hétérosexué, on dira et on écrira pour ce duo : « Bisous à tous deux » (ou « à tous les deux ») ; « Chers tous deux » ; « Ils vivaient tous les deux ensemble ». L’adoption de cette hypothèse prouve que l’usage du genre non-marqué est ici extensif (inclusif). Ce qu’il fallait démontrer. On l’utilisera donc aussi en cas d’indétermination. En revanche on utilisera le genre marqué dans sa valeur intensive (exclusive) si on sait que les deux partenaires sont de sexe féminin.
        Dans tous les cas, le recours à l’écriture dite « inclusive » est grammaticalement superflu, le fonctionnement de la langue suffit : cette écriture est un marqueur idéologique.

        Le « biais » consiste ici, au contraire de ce qui m’est reproché, à introduire une injonction moralisatrice extérieure au fonctionnement de la langue et reposant sur l’exigence de « rendre visible » un genre, alors que ce genre est inclus dans un usage extensif (par définition inclusif) – en l’occurrence dans celui du genre non marqué. On se demande comment elle peut faire face à la question lorsque cette valeur extensive est assurée par le genre marqué, ce qui n ‘est pas si rare. Exemples : la personne, la victime, la souris, la girafe, la vedette… : on « invisibilise » les mâles, c’est mal ? On voit bien en outre que l’injonction implique un jugement moral porté sur la langue … ça fait beaucoup de biais!

        Un détail amusant : en allemand, la personne de politesse et la 3e personne du pluriel empruntent la forme dite « féminine ». Je n’ai pas vu les partisans de l’écriture dite « inclusive » s’attaquer à cette langue ; au contraire ils en vantent le genre neutre – sauf que, rappelons-le, « das Weib » est neutre…
        Non seulement l’écriture dite inclusive est moralisatrice, mais elle véhicule une détestation de la langue française telle que même les formes poétiques deviennent suspectes.

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  2. AvatarpascaleBM

    J’ai également mis mon grain de sel dans cette affaire ; et montré la stupidité de cette inclusive écriture.
    Ex : Sa Sainteté le pape et la pire canaille n’en sont pas moins des personnes ; les crapules aussi, peuvent-elles être victimes non consentantes de ces procédés ? (que du féminin grammatical dans cette phrase, alors qu’il y a au moins un homme, mais peut-être plusieurs… qu’est-ce qu’on fait ? Messieurs il faut (vous) bouger !!!)
    Vous remarquerez aussi que l’inclusion supposée par cette écriture – par ailleurs inaccessible aux personnes (de tous les sexes) qui lisent en braille – commence toujours (ou quasiment) par le masculin, auquel on adjoint, comme une variation codicillaire après un point, un « e », un » « trice », une « euse », c’est selon ! Je n’y vois pas grande logique revendicative. Il faut faire passe le féminin en premier pour… faire passer le message non ?
    On rappellera que cette explosion et scission des mots ne se peut dans les langues -pourtant si proches de nous – qui ne distinguent pas le masculin du féminin (en grammaire, on se calme !). En anglais tout simple « a friend is a friend »… Nos amis anglais et les anglaises (oups…) sont épouvantables !
    Je m’aperçois aussi que les textes (en inclusive) – non administratifs – un peu longs, prennent des libertés en avançant, et laissent passer ce qui devraient, selon eux, s’apparenter à des fautes. L’aléatoire est la règle, tel terme en inclusive au début, le reste pas tout au long… (zéro en orthographe ?)
    Je m’inquiète, je ne suis pas la seule, pour l’apprentissage de la lecture et de l’écriture.
    Et si j’adopte un ton apparemment détaché, faussement désinvolte, c’est que, parfois, ce doit être le cas ce soir, je suis parfaitement découragée et désespérée.

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    1. AvatarBinh

      Bonjour PascaleBM.
      Oui en effet, on peut parler de « stupidité de cette inclusive écriture », ou (plutôt) de cette écriture inclusive là (car il y en a d’autres possibles).
      L’EPI (Ecriture Pointée Inclusive ) que je préfère nommer « Ecriture Prétendue Inclusive » va, de fait, exclure (vous en parlez un peu, vous-même):
      1) exclure les populations socio-culturelles qui ont du mal avec la langue et l’écriture du français: on imagine alors les conséquences sociales lors d’un entretien d’embauche, surtout si le recruteur est un fanatique de cette EPI….
      2) exclure la langue française des langues attractives du monde: peut-on imaginer qu’un apprenant, hésitant entre l’anglais et le français, va se ruer (ou s’acharner) sur la langue française et son EPI indéchiffrable si, juste à côté, il existe un cours d’anglais ? Au final, l’EPI va faire la promotion de l’anglais et éliminer la langue française. Sans langue française, plus besoin d’écriture inclusive ! L’EPI contre l’écriture inclusive, c’est plutôt ça la réalité de ce militantisme stupide. Bien à vous, Vinh BINH

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      1. AvatarpascaleBM

        Merci pour votre 2) auquel je n’avais pas songé – car le 1) va de soi hélas ! ; honte à moi qui défends bec et ongle l’usage du français en lieu et place de soi-disant équivalents anglais, de très mauvaise farine, alors que les synonymes et les nuances si nombreuses dans notre langue permettent de tout dire non ? C’est une autre question, j’en conviens, mais je suis en lutte permanente contre « l’anglobish » et autre « anglobal » et usage barbaresque de la langue anglaise. On arriverait même à nous faire croire qu’il n’y a pas d’autre solution que de dire « cluster » ou « coach » ou tant d’autres… comme si le français était en défaut, défaillant, en faiblesse… Bon, là encore, je me calme – momentanément !
        Désolée pour le pas de côté ; mais votre remarque sur le choix d’une langue est fort juste. Déjà, le mal est fait : l’Italie si amoureusement francophone il y a encore 15 ans malgré les difficultés orthographiques (pour la grammaire, l’italien n’a rien à nous envier !), l’Italie, c’est-à-dire les lycéens italiens choisissent l’anglais très majoritairement en 1ère langue étrangère. L’écriture dite inclusive peut (ou va) agir comme un véritable repoussoir.
        Et je souhaite bien du courage aux défenseurs militants de la francophonie.

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    2. MezetulleMezetulle Auteur de l’article

      Sur le modèle de votre Sainteté (qui, loin d’être une nullité, mérite aussi le titre d’Excellence), j’avais proposé le texte suivant dans un des articles cités dans cette récapitulation :
      « Les nouvelles recrues (de nombreuses personnes ont été admises), se sont bien vite adaptées. Celles qui ont été postées comme sentinelles n’ont rencontré aucune difficulté, même si les estafettes ont eu un peu de mal à remplir leur fonction. Mais une vigie prénommée Victor a été la dupe d’une mauvaise plaisanterie faite par une fripouille. L’enquête a réussi à identifier cette dernière – un garçon peu recommandable – et la victime a été réconfortée : Victor est à présent la vedette du régiment, décidément c’est une star. »

      Et faut-il croire que la girafe, la tortue, la panthère, la souris, l’autruche, l’antilope, la taupe, la couleuvre, etc., sont des espèces ne comprenant que des individus femelles ?

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  3. AvatarBraize

    On va faire gaffe chère Catherine et chère Mezetulle…
    Et « bises à tous » deux puisque le genre de Mezetulle ne peut être que le neutre…
    Non ?

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  4. AvatarBinh

    Il faudrait parler d’EPI (Écriture Pointée Inclusive), ou autrement dit: écriture prétendue inclusive.
    Cette EPI est en effet une imposture au même titre que le sont les idéologies ou militances qui prétendent représenter, voire incarner, elles seules (avec leurs uniques solutions) les populations qu’elles veulent libérer.
    Il y a d’autres écritures inclusives possibles: cette EPI est un coup d’Etat militant, un Hold Up digne de ceux déjà réalisés par des groupes politiques sur des mouvements revendicatifs de toutes sortes.

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  5. Avatarpff

    La MGEN pratique l’écriture inclusive!

    C’est une triste époque quand la Mutuelle Générale de l’Éducation Nationale succombe à cette perversion.

    Répondre
  6. AvatarClaustaire

    Alors qu’il aurait été si facile d’expliquer que le neutre, le non-genré, le non-sexué est la forme normale du mot, du pronom ou de l’expression, sauf lorsqu’on voudrait exclusivement nommer du féminin.
    Ainsi, ce ne serait jamais le masculin qui l’emporterait sur le féminin (comme le disent certains imbéciles grammairiens), mais le neutre qui s’imposerait partout où l’on ne voudrait pas, par une exquise sinon ringarde politesse, spécifiquement distinguer du féminin. Ledit masculin n’étant donc qu’un neutre (pouvant impliquer du féminin et du masculin). Bref, on supprime le masculin spécifique au profit du neutre, et nos actuelles formes dites masculines ne seraient que du neutre (non-genré, non-sexué) : J’ai vu un chien, un arbre, un flic, un homme, toutes de magnifiques incarnations de leur espèce ou de leur profession.

    Le problème, diraient certain.e.s, se poserait toujours pour désigner des individus spécifiquement mâles (à distinguer de leur femelle, cas pour lesquels on rappellerait juste que le neutre l’emporte sur le masculin… ) ou pour désigner un sexe spécifiquement mâle qui pourrait être désigné par un mot féminin (auquel je ne veux pas ici m’amarrer). Auquel cas, on rappellerait juste qu’il ne faut pas confondre le mot et la chose… Ce qui bien sûr n’empêcherait pas qu’on puisse saliver sur certains mots. Bien à vous.

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    1. MezetulleMezetulle Auteur de l’article

      Il serait plus exact de parler d’extensivité plutôt que de « neutre ». Car ce que vous appelez « neutre » ici peut aussi prendre la forme dite « féminine ». J’ai donné maintes fois des exemples (la victime, la personne, la sentinelle, l’estafette, la vedette, la fripouille…) sans oublier les noms « féminins » des espèces animales sexuées comme la girafe, l’antilope, la gazelle, l’autruche, la souris, et bien d’autres encore. Quand je dis « j’ai vu une girafe » tout le monde comprend qu’il s’agit d’un individu dont le sexe n’est pas précisé, et non pas exclusivement d’une girafe femelle.

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  7. AvatarJacques Saussard

    L’été touchait à sa fin. La chaleur avait fait place à quelques pluies matinales, dont « Le jardin du Bois Marquis » avait bien besoin. Un mouche passait par ici, précédé d’une chevale fière et blanche. L’insecte, bien habitué à suivre les odeurs sympathiques, n’avait cependant pas vu la toile d’un araignée, tissée comme il se doit entre deux ramures sensibles au moindre souffle d’air. La chevale avait baissé la tête par réflexe, en un geste gracieux et doux, elle était visiblement heureuse et calme, ravie d’être en ces lieux. L’araignée, peu scrupuleux des convenances, s’était précipité au centre de son réseau de fils, dans l’espoir de découvrir un spécimen bien vivant de repas volant.

    Par un curieux manque de chance, passait aussi par là un pie, comme l’on sait doté d’un sens aigu de l’opportunisme. Découvrant l’ensemble du tableau, formé par l’araignée furtif et le mouche empêtré, le pie ressentit l’espoir d’un heureux hasard nourricier. D’un seul coup d’aile habile et vif, il s’approcha du festin et ouvrit son large bec.

    Hélas, mille fois hélas, une gamine joliment espiègle, dont on disait au village qu’elle est un garçon manqué, était aux aguets, espérant faire, elle aussi, un tableau de chasse mémorable. L’oiseau, fier de ses reflets bleus et blancs, ne pouvait manquer d’attirer son regard. La fronde de l’enfant fut l’assassin d’un triple meurtre. Le pie passa de vie à trépas, et avec lui, le mouche et le mâle araignée. La chevale, déjà loin devant, n’en sut jamais rien.

    Enquêtant sur l’affaire, quelques heures après, Madame la commissaire de police ne voulut ou ne sut pas nommer le meurtrier. Au village, on ne voyait qu’un suspect possible, une ado réputée bon chasseur, qui partait volontiers courir au Bois Marquis. La police dédaigna cette piste, l’estimant peu probable. D’autant que le pie, n’ayant pas été déplumé, ne pouvait plus témoigner : nul ne retrouverait l’une de ses plumes fichée dans une encrière, que ce soit chez la notaire ou à la cure, à l’école ou au Bureau de Poste. On savait par ailleurs que Monsieur le curé était de celles qui aiment plus les jeunes garçons que les jeunes filles. Cette situation avait l’avantage d’être parfaitement maitrisée. Les filles ne craignaient rien, et les jeunes gars étaient prévenus : « ne fréquentez pas de trop près l’église, elle cache un secret de polichinelle ». Or, chacun sait que polichinelle est un homme, et que son nom s’écrit de plus en plus souvent avec deux elles. C’est un mélange des genres dont la nature raffole. Le naturel, pourtant plus sage que fantasque, s’affole lui aussi assez souvent. Ainsi va la vie et le vivant, formant un couple solide, à moins que ce ne soit une union sacrée. Abuser du féminin ne sera jamais un crime. Abuser d’elles en restera toujours un, même quand la présomption d’innocence se conjugue au masculin.

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