Concours de l’enseignement artistique : méfiez-vous des « formateurs » !

Au demeurant, je m’interroge sur certains « conseils » donnés ici où là par des « formateurs » et ne saurai donc trop conseiller la plus grande prudence…1

 
 

Recrute-t-on des musiciens en marginalisant leur relation à la musique ? Aussi absurde que cela puisse paraître, cela a lieu en France et en 2018. À quelques semaines d’une nouvelle session du concours d’assistant territorial d’enseignement artistique dont l’organisation défaillante a fait récemment parler d’elle, Dania Tchalik constate l’inadéquation entre la haute technicité d’un métier artistique et des épreuves administratives dont les attendus « ne se limitent pas à la discipline choisie ». Ce faisant, il traque les ambiguïtés d’une « formation » qui ne cesse de conformer les épreuves – et le métier lui-même – aux exigences des gestionnaires : le meilleur moyen de tuer une institution publique n’est-il pas, d’abord et avant tout, de la vider de sa substance afin de pouvoir arguer de son inutilité ? S’ensuivent quelques propositions propres à redonner son sens à une épreuve dénaturée et discréditée, ainsi que des conseils à destination de candidats bien souvent déroutés, et pour cause, par le manque de contenu et d’objectivité des pré-requis du concours. 

Après sept ans d’attente, l’année 2018 verra donc – enfin ! – l’organisation du concours ATEAP2 de la filière culturelle de la fonction publique territoriale. Cette bonne nouvelle n’occultera pas, loin s’en faut, les multiples dysfonctionnements ayant (une fois de plus) émaillé la préparation de la session à venir. Les reports successifs ont ainsi provoqué une accumulation sans précédent du nombre de candidats, alors même que les collectivités persistent à ne pas déclarer tous leurs postes vacants, en toute impunité. Et l’on ne s’étonne pas moins des incertitudes qui persistent autour des conditions d’accès au concours et de la répartition des postes par discipline et par grade3.

Vices de forme

Prévisibles et évitables, les incohérences ne datent pourtant pas d’hier et les mauvais esprits ne manquent pas d’ironiser sur des dysfonctionnements qui… fonctionnent très bien et qui s’expliquent aisément : les CDG organisateurs des concours émanent des collectivités, à savoir des employeurs eux-mêmes. Inutile de préciser qu’un tel laisser-aller serait inenvisageable dans la fonction publique d’État – qu’on pense aux concours de l’Éducation nationale (Capes et agrégation) – et ferait l’objet d’une couverture médiatique sans rapport avec celle communément accordée à un service territorial parmi tant d’autres et par trop enclin à « faire de la mauvaise graisse », si l’on en croit les experts les plus brillants de la science économique.

Mieux, le flou – bien peu artistique – qui entoure tant la forme du concours que son contenu ne manque pas d’interpeller. Ainsi, les candidats seront surpris de lire sur le site indovea.org4, pourtant prolixe en matière administrative et juridique, cette phrase sibylline : « la question n’est plus de savoir si le dossier doit comporter ou non 20 pages et si ce nombre, comme je l’ai lu sur les réseaux sociaux, s’entend recto-verso »5. Pour leur part, d’autres formateurs recommandent la constitution d’un dossier écrit comprenant, cette fois, une quarantaine de pages – qui ne seront vraisemblablement que survolées, au mieux, par le jury. Autant d’interprétations divergentes qui ne manquent pas de désorienter les candidats : ne serait-il pas raisonnable de fixer, à l’échelle nationale, des critères objectifs de présentation du dossier, si possible conformes aux normes éditoriales en vigueur ? Faute d’un tel cadre et au vu de la composition aléatoire des jurys6, les pouvoirs publics entretiennent une inégalité de traitement des candidats bien peu compatible avec les principes républicains.

Constructivisme à tous les étages

Apparemment conscient de ces insuffisances, N. Stroesser conseille d’éviter « les dossiers parfois assez fades, faits de copiés-collés et de prêts-à-penser [sic] tirés de ces fameux “textes cadres” » et enjoint le candidat à « s’investir pleinement en cherchant à réaliser un dossier qui lui ressemble et qui soit à ce point convainquant [sic] qu’il ne pourra que difficilement être remis en cause… au risque parfois de faire l’unanimité des critiques contre lui ! »7. Du « soyez vous-même » au « venez comme vous êtes » il n’y a qu’un pas : a-t-on besoin de payer (cher) une formation pour entendre un discours aussi confus et s’en tenant à de telles généralités ?

En promouvant l’investissement personnel, qu’il soit d’ordre affectif ou, plus prosaïquement, pécuniaire, comme principal critère de sélection du concours, le formateur excuse par avance les manques de l’institution et reconnaît implicitement qu’à l’heure où l’on contient les budgets et où le nombre de candidats – massivement surdiplômés, qui plus est – excède plus que de raison celui des postes offerts, la sélection se fera sur d’autres terrains que le mérite artistique. Mais pour nos managers, il ne s’agit pas de cautionner l’arbitraire – qui apparaît en particulier dans le cas, plus fréquent qu’on l’imagine, où le lauréat de concours se voit refuser (disposition absurde, inique et néanmoins légale !) l’accès au statut de fonctionnaire par la collectivité qui l’emploie – mais, au contraire, de promouvoir les notions hautement progressistes de savoir-être et de compétences. Ce savoir-être consiste à déplacer les critères de sélection du travail fourni vers l’attitude ; mais à force de vouloir mettre les êtres en grille ne risque-t-on pas, un jour, de placer ceux qui ne sauraient pas être derrière une grille8 ? Quant aux compétences, elles se résument à la promotion de l’individu entrepreneur de soi qui construit son propre savoir selon la vulgate pédagogiste9, puis élabore un portfolio propre à valoriser son capital humain et son employabilité. Contrairement aux apparences, ce processus conduit non pas à affranchir l’individu devenu self made man mais, au contraire, à l’asservir à l’employeur et à la loi du marché : un changement foncièrement incompatible, une fois encore, avec les principes républicains et l’idée même d’une fonction (et d’une institution) publique.

Un contenu introuvable

On pourrait légitimement penser que l’objectif premier d’une préparation au concours consiste à exposer les missions et enjeux d’un enseignement artistique dispensé par une institution publique – et non pas par un service voué à satisfaire des usagers, pour ne pas dire des clients – à tout citoyen qui en exprime le désir et qui en satisfait les exigences. Mais aussi, à éclairer les candidats sur la manière adéquate de faire connaître à un jury parfois peu averti leur amour de la discipline, l’étendue de leur savoir-faire (au sens le plus technique et artisanal du terme) et leur expérience s’agissant de sa transmission. Or, chose étrange, ces orientations relèvent plus souvent de l’exception que de la règle. Pour qui se voit un tant soit peu confronté à la réalité, celle des élèves des conservatoires, de leurs manques, besoins et préoccupations, le contenu de formations que l’on dit pédagogiques paraît bien souvent vain et abstrait, sinon décalé et involontairement comique – les formateurs se distinguant davantage par leur propension à la moraline que par un sens de l’humour développé. À vrai dire, il y est davantage question des demandes des tutelles que de pédagogie, à supposer qu’on définisse ce terme comme l’ensemble des moyens les plus efficaces pour faire progresser les élèves. Et le vocabulaire employé, aussi restreint que stéréotypé, se recoupe étrangement avec le volapük usité tant dans les directions des ressources humaines que dans les administrations territoriales : transversalité, innovation, projet, créativité, etc., liste non exhaustive.

Ainsi, N. Stroesser enjoint les candidats à « se défaire des croyances et des préjugés si fréquents dans notre milieu professionnel »10 : les professeurs auraient-ils nécessairement une vision faussée – d’aucuns diraient : obsolète – de leur métier ? S’il concède, une nouvelle fois, la réalité de l’inflation bureaucratique, l’inadéquation structurelle entre certaines demandes des tutelles et le contenu du métier de professeur de conservatoire11, voire la prolifération de « propositions de formation » dont le coût excessif pose un problème « éthique », c’est pour mieux imposer aux enseignants une « posture réflexive sur leurs propres pratiques professionnelles »12 – comme s’ils ne la pratiquaient pas spontanément – composée des sempiternels clichés de la novlangue pédago-gestionnaire. Et pour leur présenter comme faisant partie de leurs missions un ensemble de dérives qui, précisément, contribuent à les subvertir.

Les exemples ne manquent pas. « Égrener les objectifs de fin de cycle ou établir une liste de programme d’œuvres proposées pour les examens […] ne [lui] paraissent pas pouvoir constituer, à soi seul, un “projet pédagogique” »13 ; pourtant, établir une progression structurée ne favorise-t-il pas une pratique concrète et réfléchie de la pédagogie, la vraie ? De même, « interroger sa pratique au regard des évolutions profondes de la société » contrevient à l’impératif de neutralité politique (souvent improprement appelé « devoir de réserve ») que tout fonctionnaire se doit de respecter dans l’exercice de ses fonctions. Et l’on pourrait poursuivre longtemps la litanie d’injonctions contradictoires : l’obsession du cours collectif obéit actuellement davantage à un souci d’économie que de pédagogie ; la mode du numérique profite bien plus aux multinationales qu’à des élèves gavés d’écrans ; le projet d’établissement vient se substituer au cadrage national plutôt que de le compléter ; la concertation est l’autre nom de la contrainte et de la réunionnite ; l’inscription dans le territoire subordonne l’instruction aux intérêts économiques et politiques du moment14… Bref, s’il s’agit de se montrer « ouvert sur un monde artistique et culturel toujours en mouvement ou encore se positionner par rapport au projet d’établissement de la structure dans laquelle on exerce », il serait bien imprudent d’interroger, cette fois, la doxa copieusement prodiguée dans les formations pédagogiques tant initiales que continues.

Bref, on est loin, très loin de la « mise à distance » et du libre exercice de « l’esprit critique » invoqués par l’auteur : l’idée d’entamer une « expérience de pensée » (sic) et de « suspendre son jugement »15 tient ici davantage de l’endoctrinement que du cogito cartésien. Et loin d’éclairer les candidats ou de « préserver et défendre [leur] identité professionnelle », les procédés de la pédagogie institutionnelle, technocratique et managériale s’apparentent à des slogans creux ou, au mieux, à des recettes éculées venues tout droit d’un cabinet de com, quand ils ne relèvent pas d’une double pensée de type orwellien16. Si les médecins ou les pilotes de ligne étaient choisis de la sorte, il y aurait longtemps que le pays serait entré en révolution !

Après la subversion, la suppression ? 

Cependant, le concours étant vidé de son contenu17, il devient possible, pour un militant attitré du service public, de préparer des candidats à l’accès au statut de fonctionnaire « et en même temps », de prêter une oreille plus qu’attentive aux sirènes gestionnaires18 et néolibérales appelant à la suppression de ce même concours19. Le tout non sans exploiter les peurs, au demeurant bien légitimes, de certains candidats et agents (titulaires ou non) qui, percevant l’absurdité du système actuel et l’inanité de son fonctionnement, finissent par rejeter la tutelle de la fonction publique20 alors que celle-ci demeure, en tout état de cause, leur protection la plus sûre face aux abus de pouvoir. Or, tant que le concours restera la voie normale d’accès à la fonction publique, le recrutement local21 ainsi préconisé reviendra à exclure purement et simplement les agents de l’enseignement artistique du statut de fonctionnaire22.

Dans ce contexte, c’est bien au second degré qu’il convient de lire les assurances d’usage concernant la légalité et l’équité, déjà bien mal en point, des recrutements. En effet, si l’idée de N. Stroesser de créer un fichier numérique commun pour recenser les postes vacants va dans le bon sens, elle s’avère inapplicable en l’absence d’un contrôle effectif et indépendant, tout comme il paraît illusoire de se reposer sur un contrôle de légalité des préfectures dont les limites sont bien connues23. Bref, vouloir préserver le principe d’égalité de traitement des candidats tout en ménageant celui de la « libre administration des collectivités territoriales » revient à laisser la part belle au second, à l’image du renard libre dans un poulailler libre.

Un concours à réhabiliter

Si l’on définit la réforme, ce lieu commun du discours politique, comme une amélioration plutôt que comme une suite de reculs24, il convient de préserver à tout prix le principe du concours public tout en réaffirmant son caractère national. Le retour à une tutelle unique (le CNFPT ou, mieux, le ministère de la Culture) permettrait ainsi de réduire le nombre d’interlocuteurs (chaque centre de gestion étant susceptible d’appliquer à sa façon les textes réglementaires) et de rétablir l’égalité de traitement des candidats tout en minimisant les risques de dysfonctionnement.

Mais c’est l’ensemble du système qu’il convient de repenser. Tout d’abord, l’intégration d’un lauréat de concours par la collectivité-employeur doit être rendue obligatoire, à l’image de ce qui prévaut dans la fonction publique d’État. Si la situation actuelle, résultat de l’application abusive du principe de « libre administration des collectivités » et, plus largement, d’une décentralisation mal pensée n’en finit plus de pénaliser les candidats, elle discrédite en retour les pouvoirs publics organisateurs de l’épreuve en faisant apparaître le concours comme un dispositif facultatif et un gaspillage d’argent public dont on gagnerait à se passer. Ensuite, il convient de rétablir l’égalité d’accès à une préparation digne de ce nom, le CNFPT ayant largement délégué ses prérogatives à des partenaires situés pour certains hors de la fonction publique25. Last, but not least, il semble urgent de supprimer l’inepte oral de type Sciences Po qui prévaut actuellement, en particulier pour le concours externe qui se résume à cette seule et unique épreuve de tchatche. Afin de rendre le recrutement à la fois plus juste, plus fiable et plus objectif, il convient d’en régler les pré-requis exclusivement sur les disciplines artistiques – et non pas sur de vagues savoirs-être – et de confier le processus de sélection à des artistes spécialistes, et non plus à des élus locaux et administratifs trop souvent obnubilés par l’impératif de rentabilité (maquillé en démocratisation et en accessibilité) de leurs équipements culturels.

Or, de telles épreuves artistiques et pédagogiques existaient déjà pour les diplômes des CA et DE par voie externe, avant d’être supprimées subrepticement au cours des années 2000 au profit de formations pédagogiques chronophages et largement inutiles. Il faut donc les rétablir, tout en supprimant le doublon entre le diplôme (DE, CA) et le concours territorial à travers la fusion du second au sein du premier. On réalisera ainsi de précieuses économies tout en réduisant les inégalités et la part d’arbitraire qui résulte de la tutelle des collectivités territoriales, dont la hiérarchie administrative est loin d’être toujours apte à juger correctement du niveau d’un professeur de conservatoire. À terme, il deviendra alors possible d’octroyer le statut de fonctionnaire d’État aux personnels de l’enseignement artistique spécialisé, par exemple sous la tutelle du ministère de la Culture, afin de mettre fin à la dilution de leurs missions, faciliter leur entrée dans le métier et relever leurs traitements, actuellement sans rapport avec leur niveau d’études26.

Quelques conseils à l’intention des candidats

Qu’il se présente au concours ATEAP ou à celui de PEA, qu’on annonce pour 2019, le futur lauréat retiendra donc au moins une leçon de sa formation : se garder des bonnes intentions affichées par les acteurs institutionnels et ne pas se laisser prendre au piège de l’infantilisation et d’une culpabilisation sournoise. Il se réglera ainsi sur ses propres forces (et non pas sur les contorsions d’autres candidats) et se concentrera sur sa prestation au lieu de s’angoisser en pure perte et de fantasmer sur les attentes réelles ou supposées du jury, bien trop aléatoires pour être prévisibles.

S’agissant du dossier écrit, il saura se limiter à l’essentiel, de sorte que le jury retienne les informations les plus significatives et à son avantage. Quant à l’épreuve orale, il adoptera une présentation irréprochable et livrera une prestation bien articulée, apprise par cœur et dûment chronométrée. Il exposera ainsi avec clarté ses conceptions pédagogiques et les illustrera à partir d’exemples tirés de son expérience, en mettant en évidence tant une cohérence d’ensemble qu’une faculté d’adaptation en fonction des résultats. Ce faisant, il mettra en avant ses points forts en sachant amener le jury sur son terrain de prédilection, l’enseignement de la musique dans ses aspects les plus tangibles, le tout en argumentant si nécessaire et sans se laisser intimider jusqu’à devoir se dédire en cours d’entretien. Enfin, tout en démontrant sa connaissance des textes réglementaires, il affirmera, sans brutalité mais avec l’autorité que lui confère son savoir et lui seul, sa légitimité à défendre l’intérêt général – et à intégrer la fonction publique –, le tout face à un jury qu’il lui faudra éclairer plus souvent qu’il ne l’imagine.

Pour autant, de l’avis général le concours s’apparente à une « loterie » et le futur lauréat se gardera bien de l’écueil des illusions comme il évitera celui du défaitisme. N’étant pas encombré de certitudes, il saura mobiliser au mieux celles dont il dispose pour en user avec l’opiniâtreté et la sagacité requises, le tout dans le contexte d’une conversation à bâtons rompus et « entre égaux » avec le jury : on ne persuade pas en usant de l’arrogance pas plus qu’on ne convainc en se montrant soumis. Il saura ainsi préserver (cette fois pour de bon !) son éthique professionnelle tout en exerçant pleinement son esprit critique, l’antidote le plus sûr aux idoles du temps présent que sont le conformisme et la servitude volontaire.

Annexe : liste des acronymes

  • Ariam : Association Régionale d’Information et d’Actions Musicales de la région Île-de-France
  • Adiam67 : Association Départementale d’Information et d’Action musicales et chorégraphiques du Bas-Rhin
  • ATEAP : Assistant Territorial d’Enseignement Artistique Principal
  • CA : Certificat d’Aptitude ;
  • CDG : Centre départemental de Gestion de la Fonction Publique territoriale
  • CNFPT : Centre National de la Fonction Publique Territoriale
  • CRR, CRD, CRC, CRI : Conservatoire à Rayonnement Régional, Départemental, Communal, Intercommunal
  • DE : Diplôme d’État
  • PEA : Professeur d’Enseignement Artistique

Notes

1 – Nicolas Stroesser, « Dossier professionnel : une question de “fond“ avant tout ! », https://indovea.org/2017/12/03/dossier-professionnel-une-question-de-fond-avant-tout/. Nicolas Stroesser est directeur du CRR de Metz, membre de Conservatoires de France… et incidemment, formateur à l’ADIAM 67 chargé de la préparation au concours ATEAP, session 2018.

2 – Voir la liste des acronymes annexée en fin d’article.

4 – Il s’agit du blog de N. Stroesser.

5 – N. Stroesser, « Dossier professionnel… », note 1. À noter qu’ici, l’auteur contredit ses propres préconisations antérieures : « Au vu du nombre de candidats attendus, la qualité rédactionnelle et la mise en forme du document seront […] déterminants pour en permettre une lecture agréable et fluide ! ». Et, plus loin : « ce projet pédagogique doit être des plus synthétique [sic] (10-12 pages recto-verso maximum selon moi) » (https://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:OWmYUXIDqtAJ:https://indovea.org/2017/07/07/concours-atea-2018-quelques-pistes-pour-la-constitution-du-dossier-professionnel/+&cd=1&hl=fr&ct=clnk&gl=fr).

6 – Les jurys (un par CDG et par discipline) sont de taille variable et ne comptent qu’une minorité de spécialistes.

7 – N. Stroesser, « Dossier professionnel… », note 1.

8 – À propos de la dimension liberticide et obscurantiste de l’évaluation managériale, en particulier par compétences, on se reportera aux écrits d’auteurs aussi différents que Nico Hirtt (« L’approche par compétences, une mystification pédagogique », L’École démocratique, 39, septembre 2009, http://www.skolo.org/CM/wp-content/uploads/2017/01/Approche-par-competences-mystification-pedagogique.pdf), Jean-Pierre Le Goff (Les Illusions du management. Pour un retour du bon sens, Paris, La Découverte, 1997) ou Jean-Claude Milner (La Politique des choses. Court traité politique, 1, Lagrasse, Verdier, 2011).

9 – Management et pédagogisme travaillent en équipe et nous en tenons ici une preuve supplémentaire, si besoin. Lire : https://www.la-croix.com/Archives/2015-04-28/Conservatoires-la-crise-n-est-pas-que-financiere-!-Nicolas-Stroesser-directeur-d-etablissement-d-enseignement-artistique-2015-04-28-1307392.

10 – N. Stroesser, « Dossier professionnel… », note 1.

11 – « Je ne suis pas certain que la connaissance des incidences de la loi Notre ou encore de la clause de compétence générale fassent partie des connaissances devant être maitrisées [sic] à ce niveau, compte tenu des missions […] de ces enseignants artistiques. » (https://indovea.org/2017/11/05/concours-atea-il-faut-revenir-a-lessentiel/).

12 – N. Stroesser, « Concours ATEA… », note 10.

13 – N. Stroesser, « Dossier professionnel… », note 1.

14 – Ainsi, il est indiqué aux candidats, pêle-mêle, de « se préoccuper de la place de l’enseignement artistique spécialisé à un moment où le discours politique met beaucoup en avant l’éducation artistique et culturelle, [de] s’interroger sur les nouveaux formats pédagogiques ayant déjà cours dans de nombreux conservatoires et développant l’apprentissage par la pratique collective, interrogeant de facto la place du cours individuel, la prise en compte le [sic] numérique, [de] considérer le conservatoire comme un établissement culturel à part entière et voir ainsi comment il doit s’inscrire dans la politique culturelle de son territoire, [de] se préoccuper du fonctionnement interne de son établissement, tant sur le plan pédagogique, que sur le plan administratif (travail en équipe, espaces de dialogue et de concertation, projets transversaux, …), etc. » (https://indovea.org/2017/11/05/concours-atea-il-faut-revenir-a-lessentiel/).

15 – N Stroesser, « Dossier professionnel… », note 1.

17 – Dans ce contexte, le titre choisi par N. Stroesser (« Une question de fond avant tout », note 1) ne manque pas de sel !

19 – « Ne pourrait-on dès lors s’interroger […] sur la nécessité du maintien d’un concours d’accès pour certains cadres d’emplois comme, notamment, ceux des enseignants, au vu des exigences propres au diplôme d’État ou au Certificat d’aptitude requis pour l’exercice de cette profession ? ». N Stroesser, « Concours d’accès… », note 18.

20 – « En effet, on ne voit pas bien quelle valeur ajoutée apporte l’épreuve d’entretien du concours externe par rapport à l’entretien que devra de toute façon repasser le candidat lors de son recrutement définitif. ». Ibidem.

21 – « Les candidats concernés n’auraient alors qu’à faire acte de candidature et, le cas échéant, à passer une unique épreuve d’entretien avec la collectivité locale cherchant à recruter afin qu’elle puisse s’assurer de la présentation et de la motivation du candidat dont la qualification professionnelle aura été amplement consacrée par son diplôme et ce, quel qu’en soit le mode d’obtention ». Ibidem.

22 – Conformément aux attentes du nouveau pouvoir, désireux de réduire la part des agents statutaires au profit des contractuels dans les trois fonctions publiques. Les auteurs de ces propositions hardies ont donc de la suite dans les idées.

23 – « Afin de garantir le principe d’égalité de traitement pour tous, il suffirait que les CDG rendent accessibles les créations ou vacances de postes dans un espace numérique commun [..]. À charge pour le contrôle de légalité de s’assurer de la conformité des actes pris en matière de recrutement de fonctionnaires et d’agents contractuels tout comme de renouvellement de leurs contrats lorsque ceux-ci sont à durée déterminée. Un bon moyen également pour prévenir les tentations clientélistes ou les recrutements de complaisance. ». N Stroesser, « Concours d’accès… », note 18.

25 – On citera notamment l’association Territoires des Arts, dont le « collège d’experts et de formateurs » rassemble la fine fleur de la pédagogie institutionnelle, de Conservatoires de France à la défunte Ariam. Si l’intention est (toujours) de défendre le service public, les frais d’inscription sont, pour leur part, dignes du privé (http://territoires-des-arts.com/).

26 – À travers notamment l’intégration du cadre d’emploi d’ATEAP au sein de la catégorie A de la fonction publique, et des PEA dans la catégorie A+, à l’exemple de ce qui se fait à l’Éducation nationale pour les certifiés et les agrégés.

© Dania Tchalik, Mezetulle, janvier 2018.

16 réflexions au sujet de « Concours de l’enseignement artistique : méfiez-vous des « formateurs » ! »

  1. Fafamifasol

    Je suis totalement d’accord avec cet article, j’ai passé l’avant dernier CA en candidat libre et le 1er concours réservé en 1997. J’estime avoir eu une chance folle, vu ce qui attend les jeunes collègues…qui vont passer le concours, peut-être ou sûrement le réussir et à qui on va dire qu’on ne titularisera personne.
    Dans ma collectivité, dont je tairai le nom, le Président de la Communauté de Communes voulait mettre une DRH comme directrice du conservatoire (agréé par’l’Etat), cette dame étant proche de la retraite. Celle-ci a refusé sous prétexte qu’elle n’était pas musicienne (elle fait de la clarinette en amateur pourtant, bref…). Le Président a rétorqué qu’il n’y a pas besoin d’un musicien pour diriger le conservatoire. C’est la perle du jour…
    Une autre chose : dans la super formation aux concours que j’ai vu circuler sur Internet, il y a une personne auto proclamée juriste spécialiste des statuts qui fait partie des intervenants. Cette personne est championne pour établir des règlements intérieurs beaucoup plus conformes aux attentes des élus qu’à la législation pourtant connue concernant les enseignants. Avec ça, si on ne veut pas tuer l’enseignement artistique et le plan
    Landowski…

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  2. Paul

    Merci pour votre article. En effet, les contractuels ont la gorge serrée, depuis de très longues années. Vous auriez pu employer les terme d’humiliation et omerta, ça n’aurait pas été trop fort. Au secours !

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  3. Yves

    Merci pour cet article très intéressant; comme le dit Paul, et étant contractuel, j’ai moi aussi la gorge serrée…Pourquoi n’y a t-il pas moyen dans notre profession d’avoir accès à un emploi décent et pérenne ? Je me demande vraiment l’utilité d’un concours pour nos professions, surtout lorsqu’on enseigne depuis de très nombreuses années (près de 30 ans pour moi !).

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    1. Dania Tchalik Auteur de l’article

      Vous posez une excellente question. Mais pour que l’accès à un emploi stable et pérenne soit à nouveau possible, encore faudrait-il que les causes du mal soient clairement identifiées (et dénoncées !) par nos syndicats et organisations dites représentatives. Or, je n’ai pas entendu l’Aneda (pour les professeurs), Conservatoires de France (pour les directeurs) et tant d’autres à propos de l’essentiel, à savoir le problème de la dissociation entre concours et recrutement qui remonte aux années 90 et qui est causé par notre rattachement à la FPT. Comme je l’explique dans l’article ci-dessus, tant qu’on ne demandera pas (et n’obtiendra pas du ministère) la fin de cette anomalie et l’alignement sur les conditions de recrutement en vigueur à l’Etat (concours disciplinaire avec recrutement immédiat en cas de réussite), nous en resterons là, et avec la diminution des crédits et la contractualisation du secteur public, nous finirons bientôt par ne plus avoir de concours du tout.

      On ne peut pas défendre les intérêts moraux et matériels des agents tout en évitant les sujets qui fâchent et en se posant comme « force de proposition » (traduire : de cogestion et d’accompagnement de supposées évolutions nécessaires). De même, on ne peut pas demander un statut pérenne « et en même temps » adhérer au « changement de paradigme » des missions, comme le préconise sans ambages Serge Cyferstein, responsable de la formation CA du CNSMDP, dans un entretien paru dans La Lettre du Musicien de ce mois-ci. Les questions statutaires et le contenu du métier sont indissociables : le statut n’a de sens que dans le contexte du maintien d’un enseignement réellement spécialisé sur tout le territoire – mais une fois encore, qu’en pensent nos « représentants » au moment où le plan Landowski est détricoté et où les demandes des tutelles en faveur d’une animation au rabais se font de plus en plus insistantes ?

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      1. Yves

        Votre réponse est très intéressante; le concours a t-il une utilité lorsqu’on est titulaire du DE ou du CA ?
        Les personnes qui passent et réussissent le CAPES (il me semble), ne passent pas de concours derrière.
        Et puis, pourquoi autant de disparités d’organisation (nombre de personnes au jurys très hétéroclite) pour un concours qui se veut national ? Il y a une autre chose dont on ne parle jamais: La question de la rémunération; comment se fait-il qu’il y ait autant d’écart entre un ATEAP et un PEA ? Comment se fait-il qu’un directeur de conservatoire ait un salaire moindre qu’un PEA ? Pourquoi les collectivités ne sont pas obligées (c’est à dire contrôlées soit par le ministère de l’intérieur, soit celui de la culture) de déclarer les postes vacants ?

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      2. Yves

        Un grand merci pour votre réponse; j’ avoue qu’aujourd’hui, je me sens perdu, voire déprimé; j’enseigne la formation musicale, j’ai un D.E. Pourquoi ce diplôme ne suffirait-il pas pour être nommé ? Il s’agit bien d’un « Diplôme d’Etat » non ?
        Et puis, il y a la question des outils pédagogiques: Ils ne sont pas une fin en soit; ce qui compte, c’est ce qu’on en fait, qu’ils soient « traditionnels » ou « numériques »; au concours, il m’a été demandé comment j’articulais les « outils numériques » (j’avais fait un paragraphe dans mon dossier sur ce sujet) dans mon cours; j’ai eu beaucoup de mal à l’expliquer…J’avais l’impression que la personne en face de moi, ne comprenait pas. Je suis sorti de la salle (forme gymnase avec 5 candidats en même temps), dépité.
        In fine, quel est le profil d’un jury de concours ? Je parle ici du profil psychologique ?

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        1. Dania Tchalik Auteur de l’article

          Vos questions et votre incompréhension sont parfaitement légitimes. Je me souviens de ma perplexité face à ce maquis au moment de mes études au CNSMDP et mes condisciples comme mes professeurs (du moins ceux qui avaient un peu connaissance de ce qui se passait en dehors du cadre privilégié des CNSM et de la vie artistique parisienne) étaient unanimes sur ce point. Mais ces aberrations résultent-elles de « malentendus » et de dysfonctionnements ou bien ont-elles été pensées, voulues ? J’ai ma petite idée sur la question… Vous parlez d’un diplôme « national » ; mais quelle est la politique menée depuis trente ans en matière de « décentralisation » et de « redéfinition du périmètre » de l’Etat ? Vous parlez aussi de contrôler la déclaration des postes vacants – mais qui mène la danse, de l’Etat ou des barons locaux ? A quoi sert aujourd’hui le ministère – et qui nomme-t-on ministre de la Culture ?

          Bien évidemment, les DE et CA devraient donner accès à l’entrée dans la FP, comme c’est le cas pour le Capes et l’agrégation qui sont des concours de recrutement et non pas de simples diplômes. Et au risque de me répéter, je ne comprends pas comment il se fait que cette demande essentielle ne soit pas placée en tête des revendications de l’ensemble des syndicats et associations de la profession. Car la situation actuelle, en plus d’être aberrante, est profondément injuste ! Le concours sous sa forme actuelle privilégie non pas les « profils » les plus musiciens mais ceux qui savent « se vendre » et « baratiner ».

          Et plutôt que de relever l’écart de rémunération entre les ATEAP et les PEA, je m’interrogerais sur le niveau de rémunération de l’ensemble de la filière par rapport au nombre d’années d’études. La comparaison avec une grille d’agrégé est parlante (quand on sait de surcroît de quel côté se trouvent généralement les compétences musicales les plus pointues). Je pense aussi aux CNSM qui viennent récemment de créer des parcours diplômants menant au DE : ainsi, en France et en 2018, une grande école mène à un salaire proche… du SMIC. On n’arrête pas le progrès !

          Quant à la mode du numérique que vous soulignez à juste titre, elle est loin de se limiter aux conservatoires, je pense notamment à la région Grand Est qui a récemment lancé (à coup de millions) un grand plan d’équipement numérique dans les établissements sous son contrôle, jusqu’à « dématérialiser » les manuels scolaires. Mais dans quel but – personne n’est capable de le dire…

          PS. un rectificatif : sauf erreur de ma part, il arrive effectivement qu’un directeur touche moins qu’un PEA mais la comparaison est faussée car elle ne se fait pas à échelon égal. Les grilles, consultables sur le site de la Philharmonie de Paris, sont plus favorables aux directeurs, sans compter que ces derniers ont accès à des primes (NBI) que ne perçoivent pas les professeurs.

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          1. Yves

            Un grand merci pour ce commentaire; cet échange, en plus de me toucher, m’éclaire un peu plus sur notre profession; vous avez raison pour l’utilisation des outils numériques; ils ne sont pas une fin en soi mais des outils d’accompagnement (surtout lorsqu’on sait que les élèves ouvrent de moins en moins, voire pas du tout leurs manuels de FM entre deux cours !); il est bien sur, totalement aberrant de ne pas avoir de vision sur le long terme vis à vis de cette question (peut-être n’est-ce qu’une simple question de clientélisme ?).
            Pour les directeurs, je ne connaissais pas l’existence des primes (même à 49 ans on peut apprendre…). Mais c’est vrai; les salaires de toute la filière ne justifient pas toutes ces formations (CNSM, CEFEDEM et autres…) Entendez que je mets à part le CNFPT car il est en dépôt de bilan, tellement sa gestion est rigoureuse (cynisme); ce n’est pas moi qui le dit, mais la cour des comptes…Une seule question me taraude: Que va t-il se passer après les concours ATEAP 2018 et PEA 2019 ? Un énième plan de résorption de l’emploi précaire, le temps que les Papy boomers partent en retraite ? (qu’il faudra bien financer de toute façon); une « uberisation » (novlangue) de notre profession ? Je suis très étonné du discours des organisations professionnelles et des syndicats, plus préoccupés par la « question des vacances scolaires » que de l’accès à l’emploi…Nous souffrons en silence…

          2. Dania Tchalik Auteur de l’article

            La gabegie du numérique s’explique en partie par le clientélisme et les intérêts financiers mais ce n’est probablement pas la seule explication. Un politique ou un gestionnaire a horreur de passer pour un « ringard » aux yeux de ses collègues et de l’opinion (ou, du moins, de ce qu’il s’en représente), c’est pourquoi il n’existe pas de dépense superflue dans ce domaine. Y compris lorsqu’il s’agit « en même temps » de « maîtriser la dépense publique » et de ne pas « hypothéquer l’avenir des générations futures »…

            Pour les concours ATEAP 2018 et PEA 2019, vous posez une excellente question… L’hypothèse de « l’uberisation » me paraît la plus probable, au vu des projets de réforme de la fonction publique agités régulièrement par le gouvernement. Ce qui se passe actuellement à la SNCF est un test : si la suppression des statuts passe, on pourra toujours l’étendre aux autres fonctionnaires – à commencer par les territoriaux, réputés pour être la « mauvaise graisse » de la FP.

            Quant aux organisations professionnelles, il suffit de voir leur consanguinité avec l’encadrement hiérarchique et la soumission (parfois enthousiaste, voyez CdF) de ce dernier aux injonctions politiques pour comprendre l’inversion des priorités que vous relevez à juste titre…

  4. Yves

    Votre point de vue est intéressant; l’enseignement artistique sera donc à deux vitesses à l’avenir.
    Cela me fait penser que j’aimerai bien connaître le chiffre d’affaires du site « i music school »…
    Et puis j’ai dénoncé le fait que l’entretien au concours ne permettait aucunement de justifier des compétences…Réponse d’une intéressée: « Savoir tchatcher, cela se travaille, il faut se filmer, répéter….en restant naturel et authentique »…. Tout l’art d’une mauvaise pièce de théâtre donc.

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    1. Dania Tchalik Auteur de l’article

      Le site « I music school » ne trompera que les non-avertis ; tandis qu’à l’autre bout de la chaîne, beaucoup d’élèves méritants sont obligés de compenser l’insuffisance en quantité (et parfois en qualité) des cours d’instrument proposés par leur conservatoire en multipliant les cours privés et autres masterclasses avec des artistes renommés, une étape désormais incontournable pour préparer un concours. A-t-on idée du coût que cela représente ? Or, pour répondre à ces besoins, on supprime des heures dans les filières à visée professionnelle (comme récemment à Rueil) et on multiplie un peu partout les « pratiques collectives » au détriment du travail individuel. Vous avez dit « justice sociale » ?

      A vrai dire, l’enseignement des conservatoires français est déjà à plusieurs vitesses, avec un fossé entre Paris et la province qui se creuse toujours plus… et on n’a encore rien vu ! L’EAC avec ses projets, sensibilisations et autres fariboles touchera beaucoup de publics, certes… mais pas tous : la « lutte contre l’élitisme », c’est avant tout pour les enfants des autres…

      Quant à la réplique de « l’intéressée » (une formatrice, une membre de jury ?), elle a au moins le mérite de montrer la considération que nourrissent les décideurs à l’égard des artistes et des professeurs. Encore une fois, sélectionne-t-on les chirurgiens, ingénieurs dans le nucléaire et autres « premiers de cordée » à partir d’un « savoir tchatcher », déclinaison des fameux savoir-être dont on nous rebat tant les oreilles ?

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      1. Yves

        Oui…Pour ce qui est de « l’intéressée », ce n’est ni une formatrice, ni une membre de jury, mais…Une candidate ! Les bras m’en tombent … Finalement, ne pas être « reçu » aux concours est un gage de qualité.

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  5. Yves

    Bonjour,
    Nous voici maintenant à l’aube du concours PEA; je me demandais si il fallait obligatoirement faire une REP (je ne parle pas d’une CED), lorsqu’on ne possède pas le C.A; en fait, il s’agit (mais cela n’engage que moi) d’un concours avant le concours; et puis dans cette optique, que penser des formations CNFPT de préparation ? Personnellement, je m’attendrais (au conditionnel) de connaitre les spécificités d’un « professeur » par rapport à un « assistant », la frontière étant tellement ténue entre ces deux grades (voire totalement inexistante)…

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    1. Dania Tchalik Auteur de l’article

      Votre question vient à point nommé. En effet, de plus en plus de personnes se présentent au concours PEA sans disposer du diplôme requis (le CA), et pour cause : depuis les années 2000, le ministère a mis en extinction l’épreuve externe pour ne laisser subsister que la formation diplômante délivrée sur plusieurs années dans les CNSM. L’avantage est triple : faire des économies, retarder autant que possible l’accès au marché de l’emploi et rendre incontournable le lavage de cerveau pédagogiste des « formateurs ».

      Si vous n’avez pas le CA, vous devez donc adresser au plus vite, compte tenu de la durée d’examen du dossier et de la date limite d’inscription au concours, une demande d’équivalence à la CED (voir : http://metiers.philharmoniedeparis.fr/pea-professeur-territorial-enseignement-artistique.aspx). Sauf erreur de ma part, cette « CED » n’a fait que remplacer la « REP » qui existait il y a près d’une décennie. Une fois l’équivalence obtenue, vous pourrez vous présenter au concours.

      Concernant la différence entre « professeurs » et « assistants », un candidat au PEA doit théoriquement justifier d’un niveau musical plus élevé et pouvoir enseigner à des élèves plus avancés mais une nouvelle fois, rien ne dit que les attentes du jury iront dans ce sens. Aux yeux de certains, l’animation du territoire, la transversalité et les musiques actuelles (sic) constituent des enjeux autrement plus importants. Et tout comme pour la REP, on ne peut que relever l’opacité des critères de sélection du concours.

      Enfin, s’agissant de la qualité des sessions de préparation assurées par le CNFPT ou (de plus en plus) par des prestataires associatifs et privés, il faut bien sûr voir au cas par cas selon le profil de l’intervenant. Cela dit, le constat général ne diffère en rien de celui dressé dans l’article ci-dessus consacré au concours ATEAP et je ne peux qu’y renvoyer le lecteur.

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      1. yves

        Encore merci pour votre post; en effet, c’est bien ce que je me disais; je me pose réellement beaucoup de questions sur la réalité du métier. Pour tout dire, je me sens tiraillé entre les « enjeux actuels » et les « enjeux…Artistiques ? Pédagogiques ? » Je n’en suis même pas sur; qu’est ce qu’un cours de FM ? Sa bonne pédagogie ? Quels sont le ou les outils les meilleurs dans cette discipline ? Je me méfie grandement des « manuels » et « méthodes » édités; les leçons sont généralement trop longues, ne vont pas à l’essentiel; les manuels de dictées, dotées d’un CD, sont bourrées de fautes, les CD, mal enregistrés; on n’y arrive parfois pas à déterminer l’instrument qui joue ! Qu’est ce qu’un « niveau musical plus élevé » pour pouvoir enseigner à des élèves plus « avancés » ? Je pense de plus en plus, que cela ne veut rien dire; de plus, in fine, je me rends compte que les enseignants artistiques deviennent de plus en plus, des juristes en herbe (quel rapport avec la profession ? ), afin, d’essayer de faire respecter les « règles » par les employeurs; quelle perte de temps.

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        1. Dania Tchalik Auteur de l’article

          Je comprends votre questionnement mais à force de « s’interroger », on court le risque d’obscurcir les termes du débat. Tout musicien sait pertinemment qu’il n’y a de véritables enjeux qu’artistiques et une pédagogie digne de ce nom ne peut que s’y régler.
          Ce que certains désignent par enjeux « actuels » ne constitue alors qu’un sophisme qu’il est possible de résumer de la manière suivante : 1. Pour un gestionnaire, un enseignement artistique de qualité sera toujours trop coûteux ; mais il ne saurait le dire aussi brutalement sous peine de susciter des résistances au changement ; 2. Il recourt alors à la ruse en suscitant l’adhésion des acteurs : l’enseignement artistique est déclaré obsolète et inutile socialement dès lors qu’il ne se plie pas à l’impératif de rentabilité (pardon, d’accessibilité ou de démocratisation). On valorise tout facteur de réduction des coûts (ex. la lubie du « collectif ») en le désignant comme « actuel », et à l’inverse, on désigne comme « obsolète » (ex. le cours d’instrument individuel, dit élitiste) tout ce qui vient contrecarrer cette évolution ; 3. On délègue alors à une caste d’experts en « pédagogie » l’invention de l’attirail sémantique propre à justifier ce subterfuge.
          Cette rhétorique est tout sauf nouvelle : cela fait plus de quarante ans qu’elle fonctionne à plein régime dans l’Education nationale.

          En conséquence, s’agissant des outils et les manuels, c’est au musicien et à lui seul de se déterminer en toute conscience sur leur validité et à proposer les moyens qu’il juge les plus efficaces pour la progression de ses élèves (la seule question qui vaille). Comme souvent, la fin justifie les moyens.

          Quant aux questions juridiques, il devient malheureusement nécessaire de les maîtriser sous peine de voir nos statuts et conditions de travail piétinés par ces mêmes employeurs qui nous donnent des leçons de « pédagogie » : là encore, la coïncidence est tout sauf fortuite.

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