Les religions relient-elles les hommes ou les séparent-elles ?

Religions, fanatisme et obscurantisme

« Suite aux tragiques événements de ce début d’année, une demi-journée d’étude et de rencontre », qui a été de grande qualité, a été organisée par l’inspection de philosophie. Mais l’intitulé « ressources philosophiques et spirituelles de l’Islam » étonne Jean-Michel Muglioni, d’autant plus que dans une autre académie il est proposé aux professeurs, certes dans un contexte de liberté d’esprit total, et pour la vraie défense des Lumières, « d’expliciter […] la valeur civilisatrice de toutes les religions ». L’auteur rappelle ici que l’histoire des religions est aussi l’histoire de l’intolérance et de ses crimes. Bref, il ne voit pas que la spiritualité telle qu’elle est comprise par le christianisme ou l’islam puisse nous apprendre à lutter contre le fanatisme et l’obscurantisme, ni qu’on puisse la considérer comme un substitut de la philosophie dans un enseignement laïque.

Les avatars du christianisme et de l’islam

Islam avec un I majuscule désigne une civilisation, avec un i minuscule, une religion, la religion musulmane. La civilisation ainsi nommée ne se réduit pourtant pas à la religion musulmane : comme dans le monde chrétien, religion et civilisation y furent souvent en conflit. Partons du XVIIe siècle. Descartes a la prudence d’aller vivre en Hollande pour échapper au sort que le catholicisme a réservé à Galilée. L’œuvre de Malebranche, le révérend père Malebranche de l’Oratoire, est mise à l’Index. Je ne parle pas de la persécution des homosexuels, ni du chevalier de La Barre, au XVIIIe siècle : en pays chrétien, la liste des horreurs est longue ! Changeons de monde. Averroès fut exilé comme hérétique et ses livres brûlés : or sa pensée entre dans la catégorie « philosophie islamique ». Faut-il définir l’Islam par les victimes de l’islam ? Définir la philosophie chrétienne par les auteurs condamnés par l’Église romaine ? Tel serait alors un Islam des Lumières, en un sens aussi critique à l’égard de l’islam que les Lumières au XVIIIe siècle à l’égard du christianisme.

Lire les philosophes comme philosophes ou pour leurs croyances religieuses ?

Mais si nous lisons Avicenne ou Averroès comme n’importe quel philosophe, c’est qu’ils sont intelligibles non pas seulement pour des musulmans mais aussi pour le philosophe chinois auquel s’adresse Malebranche. A ce titre, philosophes donc, ils n’appartiennent pas plus à l’Islam que Platon ou Aristote à la civilisation païenne : si au XVIIe siècle il allait de soi qu’on parle de Platon comme d’un philosophe païen, les historiens de la philosophie et les simples lecteurs ont aujourd’hui abandonné cette catégorie. Dès lors on peut s’étonner qu’on ait proposé une formation pour les professeurs de philosophie intitulée Ressources philosophiques et spirituelles de l’Islam. Il est sans doute bon que ceux qui connaissent les philosophes comme Averroès ou Avicenne, pour reprendre les mêmes exemples, soient mis à contribution pour éclairer leurs collègues. Mais que dirait-on d’une formation qui s’intitulerait « ressources philosophiques de la Chrétienté » ?

D’un certain usage des mots spirituel ou spiritualité

Et que se passerait-il si le ministère de l’Éducation nationale se mêlait de faire savoir aux professeurs de philosophie quelles sont les « ressources spirituelles de la Chrétienté » ? L’usage du terme spirituel dans cet intitulé ajoute à ma perplexité. Il est pris au sens que lui donne le discours religieux et non les textes philosophiques : il ne renvoie pas aux débats métaphysiques, c’est-à-dire à ce qu’il y a de philosophique chez tel ou tel philosophe de l’aire musulmane (ainsi un texte d’Averroès proposé à cette journée d’étude traite de la spiritualité de l’âme), mais il s’agit de la spiritualité entendue au sens de la vie religieuse, de la croyance en tant qu’elle est précisément d’un autre ordre que la philosophie. Chercher chez des philosophes des « ressources philosophiques » pour enrichir son enseignement, cela va de soi pour tout professeur de philosophie, mais des « ressources spirituelles » en ce sens ? Ajouter spirituel à philosophique, c’est comme vouloir compléter l’instituteur par le curé.

Au cours de son histoire, le christianisme a-t-il toujours été civilisateur ?

Or j’apprends que dans une autre académie cette demande est faite aux professeurs : « Je compte sur vous pour expliciter auprès de vos élèves et selon les formes que vous choisirez, la valeur civilisatrice de toutes les religions, la fonction émancipatrice du savoir et la radicalité intellectuelle et politique d’une défense inconditionnelle de la liberté de penser et de s’exprimer par l’ironie, l’impertinence, la critique – « paresse et lâcheté sont les causes qui… », mais d’abord l’importance du deuil, du respect et du besoin de paroles douées de sens. » L’allusion au texte de Kant, Réponse à la question qu’est-ce que les Lumières1, la liberté pédagogique et doctrinale laissée aux professeurs, tout ici s’inscrit dans la tradition de l’enseignement philosophique qui fait la spécificité du secondaire français. Toutefois, si là aussi l’intention est bonne, demander qu’on explicite « la valeur civilisatrice de toutes les religions » est pour le moins maladroit. Demandons-nous non pas seulement si les diverses religions ont civilisé les hommes, mais si elles ont contribué à les rendre ennemis les uns des autres, comme en témoignent les croisades et les guerres de religion entre protestants et catholiques ou entre shiites et sunnites : cette question serait sans doute plus appropriée à la situation tragique à laquelle il s’agit de faire face. Suffit-il en effet, pour comprendre les événements de janvier et pour s’opposer à l’idéologie des terroristes, de rappeler qu’il y a eu de grands penseurs musulmans, qui comprenaient l’islam autrement que les assassins qui s’en réclament ? Est-ce répondre au discours religieux qui justifie ces assassinats que montrer la « valeur civilisatrice de toutes les religions ? »

Car il n’est pas rare qu’on tue au nom de sa foi. Allez visiter le Musée du Désert à Mialet2 pour voir en quoi le catholicisme a contribué à la civilisation ! Et si le christianisme ne se réduit pas aux croisades, à l’inquisition, aux guerres de religion, à la mise à l’Index de la plus grande partie de ce qui a été écrit de grand en matière de science et de pensée, au refus de la liberté de conscience et de la démocratie jusqu’au XXe siècle, à sa complicité active avec le franquisme, au refus de l’accouchement sans douleur, etc., il n’empêche que tout cela appartient au christianisme. Autre exemple. Un film, qui a eu un certain succès, raconte l’histoire d’Averroès. Le Destin de Youssef Chahine, sorti en 1997, nous montre le philosophe persécuté réfugié chez les Gitans : beau mensonge, sans doute pour échapper à la censure, puisque les historiens nous apprennent qu’il s’agissait de Juifs. Les Juifs n’ont jamais pu vivre libres et égaux en droits ni dans la civilisation chrétienne, ni dans la civilisation islamique : faut-il en conclure que pogromes et civilisation vont de pair ?

Formation religieuse ou philosophique ?

Qu’on ne m’objecte pas que les crimes commis au nom d’une religion ne nous disent pas la vérité de cette religion ou des religions. Les exemples que j’ai extraits de l’histoire du christianisme ne sont pas tout le christianisme, mais ces crimes ont tous été commis au nom du christianisme et justifiés en leur temps par de grands esprits – et non pas par une simple minorité devenue folle. Ce ne sont pas des accidents. Qu’ils horrifient des chrétiens et des musulmans sincères ne signifie pas que leur religion n’y est pour rien : aujourd’hui, l’islam et l’Islam doivent se demander pourquoi le terrorisme se réclame de la religion musulmane. Pourquoi, comme l’écrit Lucrèce, la religion a conseillé tant de crimes3 : comprendre Avicenne, prendre la mesure de la grandeur de philosophes musulmans et savoir qu’il y a une « spiritualité » musulmane comme il y a une « spiritualité » chrétienne ne nous éclairera pas sur une constante de l’histoire des religions dont les événements de janvier sont un des avatars.

La diversité des religions

La première chose à apprendre à des élèves et même à des étudiants qui entendent par religion leur religion, qu’ils soient juifs, catholiques ou musulmans, c’est que précisément leur religion n’est pas la seule. Qu’il y a des religions sans Dieu. Qu’on peut être civilisé sans être chrétien ou musulman, et même sans avoir de religion. Qu’il y a eu une religion païenne polythéiste, elle aussi inséparable d’une civilisation et même de la civilisation à laquelle nous devons la démocratie : car la démocratie n’est pas née en pays monothéiste, et elle a dû chez nous être conquise contre l’Église romaine : faudrait-il la dire païenne ?

La fin de la laïcité

La panique qui a pris le Ministère de l’éducation nationale après les attentats de janvier 2015 risque de nous amener, avec l’empressement de fonctionnaires zélés et sous un discours moralisateur de défense de la laïcité, à la fin de la laïcité : au retour du religieux comme pièce maîtresse du lien social. Ainsi l’usage idéologique de l’islam par des organisations terroristes internationales a gagné la partie. Mais sa victoire vient de ce que depuis longtemps le rapport de l’État au religieux a cessé d’être laïque.

 

Notes

1  Au second alinéa, on lit en effet : « La paresse et la lâcheté sont les causes qui font qu’un aussi grand nombre d’hommes préfèrent rester mineurs leur vie durant, longtemps après que la nature les a affranchis de toute direction étrangère (naturaliter majores) ; et ces mêmes causes font qu’il devient si facile à d’autres de se prétendre leurs tuteurs. Il est si aisé d’être mineur !… »

3  De la nature, I, 101. Et sur la découverte du manuscrit de ce poème au début du XVe siècle on lira le remarquable ouvrage de Stephen Greenblatt, Quattrocento, illustration aussi de l’histoire de la religion romaine.

© Jean-Michel Muglioni et Mezetulle, 2015.

4 réflexions au sujet de « Les religions relient-elles les hommes ou les séparent-elles ? »

  1. Antoine Savère

    Il me semble que le problème que pose le stage proposé par l’inspection générale ne porte pas le moins du monde sur le contenu mais uniquement sur une question de destination. Il ne s’agit nullement de mettre en doute la compétence de Madame l’Inspectrice générale en matière de « ressources philosophiques et spirituelles de l’Islam », ni de comparer les vertus respectives d’Avicenne et de Hegel, mais tout bonnement et tout simplement de s’interroger sur ce qu’enveloppe un stage de formation destinés aux enseignants de philosophie et portant sur des considérations visant à montrer la valeur d’une religion.

    Les plans académiques de formation, auxquels ce stage s’adjoint comme supplément conjoncturel, ont pour vocation de fournir des moyens d’améliorer les cours de philosophie dispensés dans les lycées. Si l’on propose aux professeurs de philosophie un stage de formation sur les « ressources philosophiques et spirituelles de l’Islam », cela implique que l’on attend de ces enseignants d’être en capacité de montrer rien de moins que les vertus de l’Islam, voire pire, de savoir faire le départ entre un bon et un mauvais Islam. Il s’agit donc d’induire un enseignement qui non seulement prend la religion comme objet de réflexion (ce qui entre évidemment sous le chef d’une notion philosophique du programme), mais qui en outre, et peut-être à son corps défendant, prend position dans le cadre de la religion, à savoir dans le champ d’une dispute qu’on est en droit de qualifier d’apologétique, puisqu’elle tend à montrer ce que vaut telle religion (« les ressources… de l’Islam »). La définition de ce stage ouvre, certainement à l’insu de ses organisateurs, la possibilité d’un enseignement religieux au moyen de la philosophie, qui risquerait de venir à contretemps d’un enseignement philosophique sur la notion de religion.

    Il ne s’agit donc nullement de faire un procès d’intention, puisque ces intentions sont parfaitement louables, à n’en pas douter : fourbir les armes des profs pour faire contrefeux tout autant au discours fondamentaliste qu’au discours xénophobe. Il s’agit au contraire de mettre le doigt sur les rouages qu’enclenchent malgré elles ces bonnes intentions, en matière de pragmatique du discours enseignant.

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  2. jean-pierre castel

    Cher Monsieur,
    je lis cet article bien tardivement. Je partage d’autant plus ce que vous dites que la violence monothéiste est devenu mon sujet de recherche personnel, cf. par exemple http://www.mezetulle.fr/violence-monotheiste-jean-pierre-castel/
    Mais je ne suis qu’un autodidacte de ces questions, et x n’ai Mes correspondants chrétiens me répondent en général que le dieu du Nouveau Testament n’est plus le dieu jaloux, mais un dieu d’amour et de miséricorde. Cette réponse ne me paraît guère recevable. Pardonner, relève de la morale, du rapport à la faute, alors que tolérer relève du rapport à la vérité. A ma connaissance aucun verset du Nouveau Testament n’a d’ailleurs remis en cause l’exclusivisme du dieu jaloux, aucun ne laisse entrevoir la possibilité d’un chemin alternatif.
    aucune formation philosophique. Aucun philosophe chrétien n’a accepté de répondre à trois de mes questions ci-dessous. Peut-être l’accepteriez-vous?

    1. Le dieu des trois religions abrahamiques ne se contente pas de disqualifier les dieux des autres religions, comme faibles ou impuissants, il les déclare « faux » (1) . Or, si une religion peut toujours décider d’interdire à ses croyants d’adorer d’autres dieux, au nom de jugements de valeur subjectifs, au nom de quel critère de vérité objectif peut-elle les décréter « faux » ?

    Distinguer le « vrai » du « faux » implique en effet un critère de vérité et une procédure de validation extérieurs au domaine considéré, sous peine d’autoréférence. En science et en philosophie, le critère de vérité est la cohérence logique et, quand elle est possible, la confrontation au réel (c’est le rôle en particulier de l’expérience scientifique), et la procédure de validation, la vérification par la communauté des pairs. Le dieu monothéiste, en revanche, proclame « Je suis qui je suis » (Exode 3, 14), formule typique de l’autoréférence. Autant juger que 1+1=3 est faux relève de la cohérence logique, autant proclamer qu’un dieu est faux n’est qu’un abus de langage, qui masque une décision d’autorité.

    (1) A l’origine, il ne s’agissait pas des « fausses » religions, des « faux » dieux, mais des religions interdites, des dieux devant lesquels Yahvé, le « dieu jaloux », interdit de se prosterner, les « dieux des nations [autres qu’Israël] ». La Torah parle aussi « des dieux qui ne sont pas Dieu, qui sont faits de main d’homme, des objets de bois, de métal, d’airain, etc. » : des dieux disqualifiés, mais l’adjectif « faux » (sheqer) n’est pas utilisé. C’est apparemment dans la Septante (la version grecque de la Torah, élaborée au Ier siècle av. J.-C. pour la Diaspora) que se produira ce glissement de sens, le texte grec traduisant le mot hébreu désignant l’idole par eidolon, mot grec qui signifie l’illusion, l’erreur. Cette traduction a introduit la confusion entre la faute, comme transgression d’un interdit religieux, et l’erreur, la faute par rapport à la raison. L’idolâtrie, d’adoration des dieux interdits, deviendra erreur, illusion, confusion du créateur et de la créature, du signifiant et du signifié, du fini et de l’infini, de l’absolu et du relatif. On cherchera une justification rationnelle ou morale à un interdit qui n’était à l’origine que strictement religieux. A noter que même dans la Bible chrétienne, l’expression « faux dieux » n’apparaît guère dans les traductions anciennes, mais devient la norme dans les versions récentes, telles La Bible en français courant.

    2. Je cherche de la bibliographie chrétienne sur l’exclusivisme de la Bible chrétienne (et plus généralement d’ailleurs sur l’exclusivisme des trois textes sacrés abrahamiques). Cet exclusivisme s’illustre notamment par la figure du dieu jaloux, par la qualification de « faux » des dieux des autres religions, par la condamnation de l’idolâtrie, concept certes polysémique, mais dont l’origine me semble bien être l’adoration des « dieux des nations » (avant de devenir l’adoration des « idoles intérieures », les passions humaines, la confusion de la créature et de son créateur, etc.). Je n’ai trouvé que le Je suis un dieu jaloux du théologien Bernard Renaud, ainsi que les travaux de John Hick (stigmatisé par le Vatican comme « pape du relativisme »), ou encore de Claude Geffré et de Stanislas Breton.
    Mes correspondants chrétiens me répondent en général que le dieu du Nouveau Testament n’est plus le dieu jaloux, mais un dieu d’amour et de miséricorde. Cette réponse ne me paraît guère recevable. Pardonner, relève de la morale, du rapport à la faute, alors que tolérer relève du rapport à la vérité. A ma connaissance aucun verset du Nouveau Testament n’a d’ailleurs remis en cause l’exclusivisme du dieu jaloux, aucun ne laisse entrevoir la possibilité d’un chemin alternatif.

    3. Savez-vous s’il existe une réponse chrétienne ou juive sérieuse au texte de Schopenhauer sur la violence monothéiste

    « En réalité l’intolérance n’est propre qu’au monothéisme :
    un Dieu unique est, d’après sa nature, un Dieu jaloux,
    qui n’en laisse vivre aucun autre.
    Au contraire, les dieux polythéistes, d’après leur nature, sont tolérants.
    Voilà pourquoi les religions monothéistes seules nous donnent le spectacle des guerres, des persécutions, des tribunaux hérétiques,
    comme celui du bris des images des autres dieux »
    Schopenhauer[1]

    Merci d’avance
    PS: je découvre grâce à votre article sur Macron aux Bernardins que notre Président, que j’approuve par ailleurs, tient sur le relativisme le même discours primaire que l’Eglise.

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    1. Jean-Michel Muglioni Auteur de l’article

      Il vous faut trouver un historien des religions… Je sais seulement que les juifs n’ont jamais été prosélytes et n’ont donc pas persécuté ceux qui ne croyaient pas en leur Dieu (il y a eu seulement des règlement de compte internes à une communauté), tandis que les chrétiens ont persécuté ceux qui ne croyaient pas en leur Dieu, et cela dès l’antiquité quand ils ont eu le pouvoir. Et partout où ils ont eu le pouvoir…
      Juste une idée : ce qui distingue le christianisme des religions païennes, n’est-ce pas l’introduction de Dieu dans l’histoire ? La vie de Jésus est un événement historique et les Évangiles qui la racontent ne peuvent donc être considérées comme une mythologie parmi d’autres. Le Coran a été dicté par Dieu au prophète : ce n’est pas l’œuvre d’un homme, d’un poète… Au contraire les poètes grecs racontaient les histoires de leurs dieux chacun à sa façon.

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