La lettre d’un sous-préfet : irrespect, négligence, ignorance, humilité vicieuse

Une lettre émanant de la préfecture du Rhône invite une présidente d’université à informer professeurs et étudiants de la tenue des « assises territoriales de l’Islam [sic] de France », et éventuellement à les solliciter pour y participer. Cela fait grand bruit, à juste titre. Aux critiques parfaitement fondées, exprimées notamment par le Comité laïcité République1, je souhaite ajouter quelques remarques sur la matérialité de la lettre (consultable ci-dessous en pdf) dont la présentation typographique, la rédaction et la graphie sont révélatrices.

Oui, il s’agit bien d’un programme de type concordataire, mis en place bien avant la date récente de la lettre – laquelle fait référence à un fonctionnement dans l’ensemble des départements qui remonte à l’an dernier. Oui, c’est une entorse à la loi de 1905, présentée avec l’évidence d’un « ça va de soi » effarant.

Penchons-nous sur la lettre elle-même, signée par le sous-préfet, chef de cabinet : sa présentation typographique, sa rédaction, sa graphie sont révélatrices.

D’abord, émanant tout de même d’un représentant direct de l’État, cette lettre est un torchon, un concentré d’irrespect et de négligence. Je passe sur le jargon administratif, devenu habituel même quand il est à la limite de l’intelligibilité2, m’en tenant à la pure forme.

  • La présentation générale, observant une marge gauche insuffisante, commence bien trop haut sur la première page, laisse un blanc en bas de celle-ci et rejette en lignes orphelines au verso une information essentielle (l’adresse courriel à utiliser) et la formule finale. Le manuel de dactylographie le plus élémentaire vous dira que ça ne se fait pas3 … à moins de signifier au destinataire qu’on lui porte peu d’estime.

  • On note un embarras visible dans la présentation des énumérations en liste, pourtant fréquentes dans la correspondance administrative : hum, faut-il ponctuer à la fin de chaque item et si oui, comment ?

  • Une frappe négligente (« à à ») montre que le texte n’a pas été relu attentivement avant signature.

  • La règle typographique d’abréviation des nombres ordinaux est ignorée (on n’écrit pas XXIème, mais XXIe).

Mais ces bévues, dont l’accumulation dans un bref courrier officiel confine à l’incivilité, sont aujourd’hui monnaie courante. Il y a plus intéressant.Toutes les critiques que j’ai pu lire supposent généreusement, en se fondant probablement sur une unique occurrence au début de la lettre, qu’elle parle de l’islam en tant que culte, en tant que religion. Or l’obstination avec laquelle on y écrit « islam » en affublant le mot d’une majuscule initiale (« Islam ») montre que cette fois on n’est pas en présence d’une négligence. Un sous-préfet peut-il ignorer qu’aucune doctrine, aucune religion, ne prend la majuscule en français, et qu’on met une majuscule à « islam » pour désigner non pas un culte, mais l’ensemble des peuples et des pays où l’islam est religion dominante et fait référence juridique, autrement dit pour désigner l’aire d’influence d’une culture politico-religieuse ? Il est vrai, à la décharge du sous-préfet, qu’on trouve cette graphie dans des textes publiés par d’autres instances du ministère de l’Intérieur4 : cela ne la rend pas pour autant plus pertinente, surtout dans un emploi relevant du discours politique5.

Que conclure de cette graphie dont la réitération montre qu’elle est délibérée ? Que le sous-préfet du Rhône considère, à travers le département auquel il est affecté, le territoire national comme une aire politico-religieuse dont il convient de « valoriser l’interaction avec la société civile » ? En lisant l’expression « avancer sur les multiples enjeux auxquels l’Islam est confronté », faut-il comprendre qu’il serait bon d’«avancer sur les enjeux » auxquels l’aire d’influence islamique est confrontée sur le territoire national ?  En clair : de réduire les obstacles qu’y rencontre cette influence ? On serait alors bien au-delà d’une entorse à la loi de 1905.

N’allons pas jusque-là : ce serait attribuer à un médiocre6 représentant de l’État une visée politique subversive qui le dépasse et qu’il n’aperçoit peut-être même pas – on lui souhaite cet aveuglement salutaire, car sa mission serait plutôt « d’avancer sur les multiples enjeux » auxquels la République française est confrontée. Contentons-nous, du moins au petit niveau de cette lettre, de la conclusion la plus pitoyable ; elle m’est suggérée par une autre majuscule, attribuée une fois au nom commun « imam » à la fin de la lettre. Ces majuscules impertinentes sont emphatiques : elles signalent tout simplement et lamentablement une marque outrancière de respect, qu’il vaudrait mieux appeler ici « humilité vicieuse »7. Logée dans un écrin d’ignorance, de négligence et d’irrespect envers la destinataire de la lettre, la génuflexion n’en revêt que plus d’éclat.

Notes

1 – Voir http://www.laicite-republique.org/m-le-prefet-du-rhone-la-republique-ne-reconnait-aucun-culte-clr-1er-dec-19.html . On peut citer aussi, et entre autres, l’alerte Twitter du Parti républicain solidariste @PRS par Laurence Taillade et un article de Stéphane Kovacs dans Le Figaro du 2 décembre, p. 17.

2 – Un exemple : « permettre une meilleure implication d’une structure de représentation départementale ancrée dans les valeurs de la République, dans des sujets tels que […] ». Et bien entendu on « travaille sur » au lieu de « travailler à ».

3 – Si l’ensemble ne tient pas sur un recto, on s’arrange pour le répartir de manière à peu près équilibrée sur deux feuillets ou plus. Chose que ne peut pas faire la publication en ligne, soumise aux variations des largeurs d’écran. C’est une des raisons pour lesquelles on recourt, lorsque cela est nécessaire ou utile, au format rigide « pdf ».

4 – Voir par exemple le communiqué faisant état en septembre 2018 des « assises territoriales de l’Islam de France » sur le site officiel de la préfecture et des services de l’État en région Île-de-France http://www.prefectures-regions.gouv.fr/ile-de-france/Actualites/Assises-territoriales-de-l-Islam-de-France-lancement-de-la-concertation . On y apprend que l’opération a été organisée à la demande de Gérard Collomb, alors ministre de l’Intérieur, et qu’elle succède à des « instances nationales de dialogue » remontant à juin 2015. Au fait, rappelez-moi : qui était ministre de l’Intérieur à l’époque ? Tout cela était passé inaperçu, ou plutôt était passé sous le seuil d’alerte de l’opinion en matière de respect des lois laïques : ce seuil s’est heureusement abaissé dernièrement.

5 – On prendra connaissance d’une discussion intéressante à ce sujet dans cet article de Roland Laffitte, chercheur par ailleurs fort peu suspect d’hostilité envers l’islam https://orientxxi.info/mots-d-islam-22/islam-avec-ou-sans-majuscule,1162.

6 – J’emploie ici médiocre au sens strict : moyen, intermédiaire. C’est ce qui me semble correspondre au grade de sous-préfet.

7 – Descartes, Les Passions de l’âme, articles 159 et 160.

15 thoughts on “La lettre d’un sous-préfet : irrespect, négligence, ignorance, humilité vicieuse

  1. AvatarBRAIZE

    Bonjour Chère Catherine

    Tout cela est en effet consternant jusqu’au niveau des formes élémentaires de la part d’un sous-préfet et de ses services. Que leur apprend-on à l’ENA et dans les écoles de secrétariat désormais ?

    Mais sur le fond, cette ville n’a pas attendu ce petit sous préfet pour s’asseoir sur la loi de 1905 de manière honteuse sous la houlette du triste sire Gérard C.
    Avec un ami avocat, Jean Petrilli, nous avions cosigné il y a 6 ans déjà une Tribune dans SLATE (« La laïcité à la sauce lyonnaise ») pour dénoncer une pratique municipale plus que « concordataire ».
    Si les lecteurs de Mezetulle souhaitent avoir plus de détail sur les méfaits du triste sire avant même qu’il ne fût ministre, ils se reporteront à cette tribune et seront édifiés.
    Nul doute que depuis la liste s’est allongée et y compris de méfaits nationaux !
    Voir : http://www.slate.fr/tribune/80729/laicite-lyon
    Bien amicalement
    FB

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  2. AvatarVray

    Vous êtes très dure avec lui, même si sur le fond et la forme vous avez raison. Mais il faut connaître certains contextes professionnels pour comprendre les erreurs personnelles. En l’occurrence il n’est pas le seul responsable. Attention à ne pas trop l’accabler.

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    1. MezetulleMezetulle Auteur de l’article

      Sur le fond (on piétine la loi de 1905), il serait préférable qu’un sous-préfet isolé soit responsable. Mais tout indique qu’il s’agit bien d’une politique à l’échelle nationale, et que cette politique n’est pas nouvelle (voir notamment le commentaire précédent). Donc je vous l’accorde : il n’est pas le seul responsable ! C’est accablant. Je vous accorde aussi que du fait que cette lettre ne fait qu’appliquer une politique déjà bien établie, c’est la préfecture du Rhône qui se trouve particulièrement exposée aujourd’hui aux critiques, mais elle l’est en tant qu’elle représente l’État : l’arbre révèle la forêt. Donc n’oublions pas la forêt ; il faut accabler aussi d’autres responsables politiques.

      Sur la forme, une certaine tenue est attendue de la part d’un État. Est-ce être dur que de considérer qu’elle est exigible ? Le secrétariat d’une préfecture est-il à ce point indigent qu’il ne dispose pas d’un format-modèle de lettre observant la bienséance élémentaire du courrier (marges, disposition du texte) ? Cela est d’autant moins excusable que les traitements de texte permettent la mise au point de tels modèles.

      L’ensemble du document respire l’amateurisme : comme je le dis, ce sont en grande partie des broutilles, et j’ajoute que bien sûr personne n’est à l’abri d’une bévue ou d’une erreur (on peut aussi en trouver sur ce site !), mais leur concentration dans un document aussi bref me semble révélatrice. De plus, l’objet principal de la lettre est en rapport avec l’islam : c’était la moindre des choses de s’inquiéter de la manière dont il convient d’écrire le mot ; et apparemment l’auteur de la lettre l’a fait puisqu’il adopte soigneusement une graphie de préférence à l’autre. Donc ce « détail » n’est pas une broutille. L’auteur de la lettre est par définition son signataire, et il doit en répondre : qui d’autre sinon ?

      À vous lire, il faudrait presque se satisfaire de l’absence de faute d’orthographe ! C’est du reste cette absence qui fait à mes yeux qu’on peut prendre la lettre au sérieux et ne pas la traiter comme émanant d’un expéditeur qui aurait usurpé la qualité de sous-préfet.

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  3. AvatarVray

    Il se trouve ( je vous passe les détails) , que je connais bien le contexte local .
    L’initiative est très malheureuse mais s’explique aussi par le management qu’il a à subir et qui l’a gravement isolé, visiblement.
    La forme, quant à elle, est dans la moyenne des écrits administratifs contemporains : médiocre et approximative . Hélas . C’est un problème de niveau et de formation .
    Attention tout de même : sur ce même poste, il y a une dizaine d’années, un sous-préfet s’est pendu, professionnellement harcelé par son management.
    Quand à l’actuel, s’il a commis une bévue, c’est aussi été mis en situation de la faire…
    Il ne faut pas l’oublier
    Pas plus qu’il ne faut oublier que le politique n’est pas resonsable d’un management inhumain qui fait « fondre les plombs ».

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    1. AvatarBRAIZE

      Cher Monsieur
      Je ne comprends pas cette mansuétude sur le fond et la forme au motif d’un contexte local que nous ne connaîtrions pas suffisamment. Comme si cela pouvait excuser quoi que ce soit.
      Sur le fond c’est inadmissible au regard de la loi et cela devrait suffire à chacun pour blâmer ces violations.
      Sur la forme si c’est « un problème de niveau et de formation » je ne comprends pas non plus s’agissant d’un sous-préfet, cadre supérieur de l’Etat.
      Je crains que tout cela ne soit que le fruit d’un Etat qui part en quenouille et son encadrement avec lui. Et tout le monde, sauf peut-être Mezetulle, manifestement s’en contrefiche…
      Ceci d’ailleurs confortant cela…
      Cordialement
      François Braize
      Inspecteur général honoraire des affaires culturelles

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    2. MezetulleMezetulle Auteur de l’article

      OK, merci pour ces précisions.

      Si l’initiative est malheureuse, on peut souligner qu’elle n’est pas à attribuer à une seule personne. Cette lettre fonctionne comme un chiffon rouge, le seuil de sensibilité à ces questions s’étant abaissé dernièrement – c’est ce que je dis aussi dans la note 4.

      Je ne doute pas que les services préfectoraux soient particulièrement exposés, et vous suggérez même davantage.
      La question d’une gestion de type « managérial » se pose à mon avis pour nombre de services de l’État – et je pense que cela fait partie aussi d’une politique anti-républicaine. En tout cas, considérer que l’État doit fonctionner sur le modèle de certaines entreprises c’est une politique, et une politique que je combats.

      Comme vous le dites justement, le sous-préfet a été mis en situation d’écrire cette lettre et en ces termes.
      On comprend aisément qu’un sous-préfet soit mis en situation d’appliquer des directives d’État (cela fait partie me semble-t-il de sa mission et il faut se féliciter que l’État soit présent partout sur le territoire national). Le problème est que ces directives le conduisent à commettre ces bévues. Ce sont des bévues commandées par l’État, autrement dit une politique ; elles sont aggravées par la technique de mise en œuvre dont vous parlez qui pèse sur le personnel (à mon sens cette technique « managériale » de mise en œuvre fait partie de la politique). Il ne suit pas de là que les citoyens qui désapprouvent cette façon de conduire l’État doivent garder le silence ou prendre en la critiquant d’autres précautions que celles qu’exige la loi. Il se trouve qu’ils appréhendent la manière de conduire l’État à travers des actes particuliers (ici une lettre) et des personnes particulières (ici le représentant de l’État dans un département, qui signe une lettre) ; il ne peut en être autrement et il n’est guère étonnant qu’un sous-préfet reçoive des critiques destinées à l’État. Il me semble clair que l’article ci-dessus considère la lettre en question comme symptomatique d’une politique et d’une façon de se comporter qui l’accompagne.

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      1. AvatarVray

        Je trouve que de manière générale on est très sévère avec ce sous-préfet… la maladresse est de ce monde. De plus il travaille sous hierarchie administrative. Et je ne parle pas du politique.

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  4. AvatarHoarau

    La note 6 est dédaigneuse et hypocrite et méchante. En réalité, vous tenez ce sous-préfet pout médiocre, au sens ordinaire. Mais je ne pense pas que cela le poussera au suicide. Par les temps qui courent, s’il il a ven de vous (ce sera pour lui une première), eh bien, il préfèrera complaire à Castaner et à Macron qu’à vous. Cela dit, vous avez raison, et raison aussi d’être méchante, pour diverses raisons.

    Jacques Hoarau

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    1. MezetulleMezetulle Auteur de l’article

      Mon propos n’est pas de faire pression sur une personne pour obtenir sa complaisance (et il serait à la fois outrecuidant et anti-républicain de ma part de croire qu’on peut se conduire ainsi en matière d’action publique) mais de mettre en lumière une politique et de me joindre à ceux qui la critiquent. Je pense que mes réponses aux commentaires ci-dessus le précisent, au cas où cela ne serait pas assez clair dans l’article.
      Quant à la note 6, j’ai pris soin d’apporter une précision relative au sens du mot employé et à son application (c’est la fonction de sous-préfet que je qualifie de médiocre, d’intermédiaire). Mais libre à vous d’y voir une intention méchante à l’égard d’une personne particulière, intention masquée par de l’hypocrisie.

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      1. AvatarBRAIZE

        Trop c’est trop. Je soutiens Mezetulle y compris pour la cruauté que certains lui prêtent.
        Toutes ces circonvolutions de pensée pour ne pas tenir en culpabilité un « pauvre » sous-préfet sont étonnantes pour ne pas dire pire.
        En dehors de la forme consternante de ce courrier indigne d’une première année de Cours Pigier, n’oublions pas que le signataire d’un courrier administratif émis au nom de l’Etat en assume la responsabilité même s’il signe en vertu de la délégation de signature dont il bénéficie ou de la compétence qui est la sienne et définie par les textes. Il ne peut être caché derrière quoi que ce soit et si, par exemple, le courrier constitue une infraction pénale, c’est le signataire qui sera poursuivi par la forêt derrière laquelle certains voudraient ici le cacher.
        Je conseille donc à tous de relire plus attentivement les deux premières lignes de ce courrier qui convie ses destinataires à des « assises territoriales de l’Islam de France » lesquelles se tiendront à la préfecture !!!!
        Non seulement cet « Etat » lyonnais n’est plus la République qui ne reconnait aucun culte mais encore faut il qu’il les organise !!!
        Cela ne mérite que la critique la plus sévère à brader ainsi nos valeurs républicaines surtout pour les individus par trop soumis qui s’en font les organisateurs zélés.

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        1. MezetulleMezetulle Auteur de l’article

          Cher François,
          Cette lettre révèle (et relève d’) une politique qui existe depuis belle lurette. Le seuil de tolérance et d’indifférence à ces questions s’est abaissé ces derniers temps, et on peut s’en féliciter. Mais cela fait que certains peuvent effectivement s’étonner de la fermeté et de la soudaineté de la réaction, puisque cette politique s’est installée et se poursuivait sans soulever de protestations outre mesure.
          Il se trouve que c’est cette lettre, probablement à cause de sa remarquable maladresse de rédaction mais pas seulement, qui fait office de « goutte d’eau qui fait déborder le vase ». Que le vase soit plein n’excuse ni n’accable plus particulièrement le sous-préfet du Rhône. L’expression « assises territoriales de l’Islam [sic] de France » à laquelle vous faites référence n’est pas de son invention, et ce n’est pas propre non plus à ce que vous appelez « État lyonnais » : j’ai cité à la note 4 un autre texte plus ancien, toujours accessible en ligne, émanant de la préfecture de région d’Ile-de-France qui permet d’avoir une idée de l’historique de cette mise en place. J’en profite pour répondre à la question que je pose dans la note : en 2015, le ministre de l’Intérieur était Bernard Cazeneuve.

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          1. AvatarBRAIZE

            Chère Catherine
            Oui absolument vous avez raison le sous-préfet met en oeuvre une politique nationale quasi concordataire et j’aurai dû le préciser.
            Mais « l’Etat Lyonnais » existe bien dans le sens où son maire, le sieur Gérard C. a mené une politique de précurseur bien avant Cazeneuve et a même obtenu plusieurs arrêts du Conseil d’Etat depuis le début des années 2000 venant valider sa politique d’aide au culte catholique et qui ont fait évoluer la jurisprudence nationale. En ce sens, l’état lyonnais existe bien et il est consternant comme nous l’avons montré dans notre article dans SLATE il y a plusieurs années
            Bien amicalement

          2. AvatarBRAIZE

            En complément de mon commentaire précédent pour plus de détail sur « l’Etat Lyonnais » et ses exactions décentralisées voir nos articles suivants qui ont décrit notamment les « avancées » jurisprudentielles du Conseil d’Etat (en réalité du pur détricotage de la loi de 1905…) en partie construites à partir de cas lyonnais et dûs au triste Gérard C….

            http://www.slate.fr/tribune/80101/laicite-loi-1905-peau-de-chagrin
            http://www.slate.fr/story/96993/laicite
            http://www.marianne.net/agora-laicite-conseil-etat-ouvre-nouvelle-breche-loi-1905-100242344.html
            Le dernier cas lyonnais présenté dans l’article publié par Marianne est extraordinaire puisque le Conseil d’Etat valide un financement lyonnais sur une basilique sur sol étranger (Basilique d’Annaba en Algérie) ce qui est proscrit par la loi sur le sol français sauf si le monument appartient à la collectivité publique et/ou est protégé au titre des monuments historiques !

  5. AvatarJeanne Favret-Saada

    J’approuve cent fois les critiques que C. K. porte contre cette lettre du sous-préfet du Rhône. Toutefois, les infractions de responsables de l’Etat à la loi de 1905 ne sont pas chose nouvelle, et j’ai été frappée de remarquer à quel point l’opinion (celle laïque aussi bien) les considère comme normales.
    Ainsi, dans Les sensibilités religieuses blessées (2017, Fayard), j’ai longuement rapporté la plus grave d’entre elles, à mon sens : en novembre 1965, à quelques semaines de la première élection présidentielle au suffrage universelle, le général de Gaulle, Président de la République, obtenait de Mgr Feltin, archevêque de Paris, la promesse du « vote catholique » en échange de l’interdiction future du film de Jacques Rivette. Le tournage de La Religieuse n’avait pas encore commencé, mais l’archevêque était déjà convaincu que ce serait une œuvre blasphématoire. J’ai pu démontrer sur cent cinquante pages, après des années de croisement d’archives (dont celles de l’instance catholique chargée de cinéma) et de rencontres avec les protagonistes (dont le conseiller d’Etat chargé d’appliquer les consignes du Président) une véritable entente au sommet. Je ne vois pas que l’image du Général, rempart de l’Etat républicain, en ait été affectée.
    Dans le même livre, je signale la présence du maire de Lyon (candidat à sa réélection en 2020) à une cérémonie d’expiation dans une basilique lyonnaise pour la sortie de La Dernière tentation du Christ (1988), à l’appel de Mgr Decourtray. Je ne vois pas qu’on le lui ait reproché à l’époque, et qu’on pense même à le lui reprocher aujourd’hui.

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  6. AvatarpascaleBM

    Bien sûr, C.K a raison. Bien sûr qu’il n’y a, entre la forme et le fond, aucune étanchéité. Bien sûr que les mots ont un sens, que majuscules, présentation et autres soins apportés à ce que l’on écrit font sens. Bien sûr que l’on exige d’autant plus des représentants de l’État que l’État (c’est-à-dire nous) leur donne beaucoup. Bien sûr que la loi, ici, est bafouée. Que le culte (ou la culture ?) de l’excuse et de la bienveillance à tout va, tend à remplacer la reconnaissance (la prise de conscience) des fautes et/ou des incompétences. Et bien sûr aussi que l’indifférence à tout ce qui précède devient la norme, en conséquence le pointage pertinent des défaillances et autres défauts (mots strictement de même origine) l’abus ! C’est ce qu’on appelle familièrement « le monde à l’envers ».
    Dans un contexte dit « de formation » on peut (on doit ! voilà un terme qu’on n’ose plus employer) relever ce qu’il faut corriger. A la Préfecture, Sous-Préfecture et autres lieux représentant l’État, il y a belle lurette que la formation -sur le fond (juridique, administratif) et sur la forme (respect absolu des règles de la bienséance de l’expression écrite) n’est plus à faire, elle doit être exemplaire et impeccable. Pour tout cela, C.K a parfaitement raison d’avoir écrit ce qu’elle a écrit.

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