« Une France soumise. Les voix du refus », sous la dir. de Georges Bensoussan et al.

Une France soumise. Les voix du refus, collectif sous la direction de Georges Bensoussan, Charlotte Bonnet, Barbara Lefebvre, Laurence Marchand-Taillade, Caroline Valentin (Paris : Albin-Michel, 2017). Un recueil de témoignages accablants et d’analyses sur le développement du communautarisme, l’extension de l’islam politique, le sectarisme, le sexisme, et sur les ravages du multiculturalisme en France. La lecture en est d’autant plus éprouvante qu’elle souligne une lâcheté collective qui met en péril le modèle républicain.

Dans la préface de cet ouvrage rassemblant des témoignages argumentés et référencés sur le développement de l’islam politique et du communautarisme séparatiste en France, Elisabeth Badinter fait remarquer que, malgré un accueil médiatique plutôt discret, le titre du précédent recueil dirigé par G. Bensoussan en 2002, Les Territoires perdus de la République, est devenu une expression reçue, « un lieu commun » au sens strict et précis du terme. Elle poursuit : 15 ans plus tard, le bilan, étendu à des témoignages non seulement d’enseignants, mais aussi d’infirmières, de policiers, de médecins, de maires, de fonctionnaires, de formateurs.., « est accablant ». Accablant par les constats irrécusables dont ils dressent les minutes, révoltant par les injonctions de silence qui furent imposées à leurs auteurs – quand on ne les accusait pas « d’être eux-mêmes la cause des conflits qu’ils dénoncent ». Car, avec une réalité, le livre décrit un déni de réalité ; avec la haine de la République française, le livre décrit l’injonction à se haïr soi-même : cet ordre moral serait, paraît-il, le prix de la paix, une paix du « pas de vagues » qui n’est autre que de la soumission. À tel point que, lâchés par une hiérarchie qui courbe l’échine, une partie des auteurs des témoignages recueillis dans ce fort volume de 650 pages ont dû s’abriter derrière des pseudonymes.

Au sortir du parcours, l’épilogue s’emploie à laisser la plaie béante, car c’est la seule chance de la soigner et de la guérir :

« La lecture des témoignages accumulés dans cet ouvrage est éprouvante. Elle suscite stupeur, angoisse, colère, sentiment d’impuissance. L’école déjà, comme Les Territoires perdus de la République l’avait montré en 2002, est le théâtre de scènes de contestation agressive de l’autorité, des règles communes et de la laïcité. Certains élèves y expriment explicitement le rejet voire la haine de la France et de tout ce qui la représente. […] Mais ces phénomènes ont depuis longtemps débordé l’école, ils se retrouvent à l’hôpital, dans les administrations, dans l’entreprise et dans la rue. […] Sur l’abandon socio-culturel et le vide politique s’est installé, consciencieusement et méthodiquement, un mouvement politico-religieux qui offrait un modèle alternatif : une contre-société. L’islam politique des Frères musulmans et des salafistes de toute obédience, tous nourris pour une grande part du lait1 de l’idéologie wahhabite, s’est installé massivement dans quelques quartiers de l’espace public et privé, s’imposant à terme comme l’interlocuteur de certains élus locaux dépassés ou indifférents. Leur présence a fait partir ceux qui le pouvaient. Ceux qui ne le peuvent pas doivent s’adapter aux codes sociaux imposés par cette nouvelle minorité. Quant à nos concitoyens de confession musulmane qui ne partagent pas leur vision de l’humanité, ils doivent supporter, le plus souvent en silence, la pression sociale exercée sur eux. […]

En face, la République paraît bien faible. Voire parfois complice au niveau local par intérêt électoraliste. C’est peut-être la part la plus angoissante des témoignages qu’on a lus : nombre de nos représentants et agents publics ne savent pas ou ne veulent pas imposer les règles qu’ils ont pourtant le devoir de faire appliquer. Le proviseur qui stigmatise le professeur plutôt que les élèves violents ; la direction de l’hôpital qui laisse les salariés prier pendant leur service ou vider les pharmacies avant de partir en vacances ; la loi de 2004 interdisant le port de signes religieux ostentatoires à l’école dont le respect n’est si souvent plus exigé. Face à ces revendications et ces manifestations de rejet, les auteurs de ces témoignages qui, eux, refusent de capituler, se sentent seuls et doivent sans fin mettre en œuvre des stratégies d’évitement des conflits, en premier lieu face à une hiérarchie adepte du ‘pas de vague’ ».

Un livre à lire pour s’indigner, à condenser en fiches pour avoir à tout moment « du biscuit », à laisser ouvert pour qu’en chaque lecteur le citoyen se réveille en faisant entendre « la voix du refus ». Comme le dit encore Elisabeth Badinter : « Coincés entre l’extrême droite qui rêve d’imposer le saucisson2 à tous et l’extrême gauche devenue dévote du religieux le plus sectaire3, il n’est que temps de réagir : tendre la main à nos concitoyens musulmans qui adhèrent aux lois et aux valeurs de notre République, tout en combattant sans défaillance ceux qui n’aspirent qu’à nous imposer les leurs. » Pour combattre un communautarisme identitaire, il ne faut pas s’y aveugler ni le laisser prospérer, mais le comble serait de se mettre à l’imiter.

 

Notes

1– On sait que Georges Bensoussan est inquiété pour avoir utilisé la métaphore d’un lait nourricier antisémite dans les cultures arabo-musulmanes lors de l’émission Répliques du 10 octobre 2015 : ce seraient là des propos biologisants et racistes ! Voir l’article dans Marianne du 22 janvier . On peut suggérer à ses détracteurs un peu de finesse dans l’usage de la langue française ; sans aller jusqu’à leur conseiller de relire quelques classiques, on les renverra tout simplement à un bon dictionnaire de la langue. Voir p. 587 et suiv. dans le livre le chapitre intitulé « Qu’on me donne six lignes écrites de la main du plus honnête homme, j’y trouverai de quoi le faire pendre », où cette affaire est détaillée avec d’autres du même ordre.
[Edit du 30 janvier 2017] Voir dans cette vidéo l’analyse de l’audience du 25 janvier par Alain Finkielkraut. Le jugement est attendu pour le 7 mars.

2– Je me permets de prolonger, sans trop craindre de trahir la préfacière (liste non exhaustive) : la crèche, la messe, l’alignement du mariage civil sur le mariage religieux et tout ce qui va avec…

3– Je me permets, cette fois, de commenter : si ce n’était que l’extrême gauche…. ! mais ce mal frappe bien au-delà, à gauche, au centre !

© Catherine Kintzler, Mezetulle 2017.

6 réflexions au sujet de « « Une France soumise. Les voix du refus », sous la dir. de Georges Bensoussan et al. »

  1. marc THIBAULT

    Bonjour
    je suis professeur de philosophie à Bourges où tous les ans Tarik Ramadan vient prêcher sa bonne parole par des associations aux jeunesses des « quartiers » .Quelques unes de ses videos sont disponibles sur You tube.Je ne développe pas plus sur les ravages que ce prosélytisme peut engendrer sur des élèves de terminale.C’est mon travail .Mais au titre des responsabilités ,je voudrais quand même signaler que sa première conférence à Bourges a été organisée par le cercle Condorcet et par le Droit Humain ,contre tous les avis et avec toutes les conséquences.Ce partenariat ne s’est pas arrêté .Je n’évoque ici qu’un épisode ..La lâcheté et le refus de voir ,les œillères idéologiques des responsables viennent dans ce cas précis de lieux qui sont censés être ceux de la pensée critique.Il me semble que la moindre des choses serait peut être de nettoyer devant sa porte.Je ne crois pas vous avoir entendu ou lu sur ce sujet .Cela ajouterait peut être à la crédibilité de vos propos.

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    1. MezetulleMezetulle

      Bonjour et merci pour votre commentaire et les informations que vous donnez : on en apprend de belles tous les jours.

      J’ai l’impression que vous me faites un procès à la fin : « on ne vous a pas entendue » ; « nettoyer devant sa porte » ??? de quelle(s) « maison(s) » parlez-vous ? de quelle responsabilité ?

      – Les Cercles Condorcet ? Membre fondateur du Cercle Condorcet parisien, j’en ai démissionné avant la fin des années 80 (mais j’avoue, M. le Procureur, que je n’ai pas conservé mon acte de démission… je n’ai aucune preuve et je suis donc forcément coupable !). Les différents Cercles Condorcet sont dispersés sur le territoire et jouissent de la liberté liée au statut des associations. Je ne passe pas mon temps à faire la liste des invités de chaque association de ce pays…

      Le Droit humain ? Je ne suis pas membre de cette obédience qui, par ailleurs, à ma connaissance en tant qu’obédience, m’a toujours semblé tenir des propos laïques et républicains – un petit tour sur leur site internet le confirme. Je dis bien en tant qu’obédience – l’activité des Loges jouit d’une grande liberté, les obédiences maçonniques ne sont ni des partis politiques ni des églises à fonctionnement pyramidal, ce sont, pour la plupart, des institutions critiques au sens philosophique du terme. Là encore, M. le Procureur, je suis sans doute coupable de ne pas avoir épluché le programme de toutes réunions tenues par toutes les obédiences maçonniques et la liste de leurs « invités »…
      En revanche, je ne me suis jamais gênée pour critiquer publiquement telle ou telle action ou déclaration publique d’une obédience maçonnique, y compris celle dont je suis membre : M. le Procureur trouvera aisément ces pièces à ma décharge en scrutant les deux Mezetulle, je lui laisse le plaisir de l’investigation – allez un tuyau : taper le mot « obédience » dans le module de recherche de chacun des sites mezetulle.fr et mezetulle.net.

      – Généralement. Il est vrai que « on ne m’a pas entendue » et que « on ne m’a pas lue » (parce que je n’ai rien écrit) sur des milliers et des milliers de déclarations, de réunions, de meetings, des centaines de livres, des milliers d’articles… que j’aurais dû, of course, condamner ! Et il est vrai aussi que, dans tout ce que j’ai dit ou écrit, il y a des tas de mots, de phrases, que j’aurais sans doute dû dire ou écrire et qui ne figurent pas… C’est très très mal !

      Enfin, je rappelle que le livre recensé ci-dessus ne dénonce pas telle ou telle association, telle ou telle réunion tenue par telle ou telle association, mais bien une forme de complicité publique d’une autre gravité : il y est question de services publics et même d’organes constitutifs de la République. Et sur ce plan, de puis fort longtemps, je crois que j’ai dit et même écrit et signé (je tremble rien qu’à rappeler une telle audace !) quelques faibles critiques bien peu « crédibles »…

      Je m’interroge sur la validité et surtout sur la finalité d’un raisonnement qui dirait :
      « Vous critiquez telle action, tel propos, à juste titre.
      Mais on ne vous a pas entendu(e), naguère, critiquer telle autre action, tel autre propos, pourtant analogues.
      Donc votre critique n’est pas crédible ».
      N’est-ce pas bien raisonné ?

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      1. marc THIBAULT

        bonjour
        nous ne faisons pas tout à fait le même diagnostic,et je ne suis pas sur du tout que la lecture que vous faites de l’ouvrage soit vraiment la seule possible.Les complicités publiques c’est à dire les complicités d’organes constitutifs de la république, comme vous le dites, ne sont pas seules en cause.Elles sont d’ailleurs évidentes et au fond n’appelleraient qu’à une refondation ou à une transformation politique ce qui peut se concevoir en terme de programmes de projets etc.Elles permettent une indignation ou une prise de conscience cohérente mais trop simple.C’est le tissu associatif ,professoral ,le tissu d’intervenants sociaux etc qui est bien plutôt en cause.Mais il faut lire le livre entre les lignes.Il est malheureusement en France moins dangereux de critiquer l’action de l’Etat que celles de telle ou telle association,Dès que l’on parle de ces « réseaux « ou  » rhizomes » ,évidemment vers quelle forme de critique,quelle forme d’action se diriger ?
        Vous me faites le reproche de me commettre dans une sorte de sophisme,mais je ne suis pas sur que le reproche soit bien justifié. Parce que ce ne sont pas des propos les uns aux autres analogues qui sont en cause.Il y a ce qui fut en cause et il y a ce qui se trouve en effet .Les deux sont ils de même ordre ?Comment critiquer un effet sans y ramener aussi les causes ? Il y a des groupes ou des personnes qui ont laissé faire ou se constituer ou se développer d’autres groupes qui n’existaient pas encore.Précisons que je ne parle pas de vous et cela ira mieux.Mais ces groupes constitués(et j’en ai cité plus faut mais il faudrait en citer suffisamment pour qu’il ne s’agisse pas simplement du snes avec l’affaire du lycée de Madrid, l’inspection générale avec telle professeur d’histoire du nord de la France autour du mot Shoah ou encore de tant d’autres histoires qui sont bien documentées,de responsables laissant faire la propagande du BDS ou permettant à des associations de faire de l’aide au devoir),comment ne pas en parler ?
        Fils, petit fils et arrière petit fils de professeurs et d’instituteurs juifs républicains de moins en moins prèt de la retraite moi même j’aimerai simplement ramener à votre réflexion un texte de Peguy qui s’appelle demi-réponse à monsieur Cyprien Lantier ( cahiers I XII 16 11 1900) et évoque telle réunion du Comité Vénérable (le mot est de Péguy) socialiste consacré à cette intéressante question:Que devons nous faire des Juifs quand les antisémites feront la deuxième Saint Barthelémy ?
        Eh bien ce comité et cette réunion je les vois s’être reproduit bien des fois depuis le début du XXIeme siècle.Et je me trouve aussi enroué que Péguy .

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        1. MezetulleMezetulle

          Bonsoir,
          Je n’ai pas la prétention de présenter cette lecture comme la seule possible. Plus que d’une lecture d’ailleurs, il s’agit d’une simple description du contenu du livre : j’ai pensé en effet que la simple description suffirait et serait assez édifiante par elle-même.

          Je partage votre diagnostic s’agissant du réseau associatif. Il jouit de beaucoup plus de liberté que l’ensemble institutionnel participant de l’autorité publique, et d’autre part il n’est pas chargé d’appliquer les lois (il doit seulement les respecter, ce qui ne serait déjà pas mal…). Dans les exemples que vous donnez, les deux domaines (institutions publiques et société civile de droit privé) sont mélangés. Le passage de l’épilogue que j’ai cité souligne un point qui les distingue et qui fait que les témoignages réunis dans le livre sont particulièrement révoltants : « nombre de nos représentants et agents publics ne savent pas ou ne veulent pas imposer les règles qu’ils ont pourtant le devoir de faire appliquer. »
          Cela dit, la critique de ces agents institutionnels défaillants – pour ne pas dire complices – n’est pas incompatible avec celle des structures de la société civile dont certaines s’organisent en lobbies quand d’autres jouent le rôle de soutiens et d’idiots utiles. Là encore je n’ai pas à plaider coupable : voilà 35 ans que je m’emploie à combattre celles que j’ai trouvées sur mon chemin. Je n’ai pas l’intention de faire une liste ici de mes « états de service » en la matière et d’entonner le lamento de l’ancien combattant, ce qui serait ridicule et déplacé : car c’est toujours ici et maintenant qu’il faut combattre… Non seulement ces deux aspects ne sont pas incompatibles, mais comme vous le faites remarquer ils sont liés par une forme de causalité : car si ces agents publics sont défaillants et complices, c’est en vertu d’opinions répandues dans la société civile. Suffirait-il d’un simple programme politique pour changer cela ? je ne le crois pas : cela demande un travail de réflexion et d’élucidation (auquel j’essaie de contribuer dans le champ de mes compétences), cela demande aussi la compréhension et l’adhésion des citoyens comme on a pu en avoir l’idée au moment du 11 janvier. Sans parler des critères de recrutement et de la formation des agents publics – c’est abordé aussi (« entre les lignes ») dans le livre.

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  2. Jeanne Favret-Saada

    C’est un livre essentiel, le seul à ma connaissance qui permette de se représenter l’extraordinaire laxisme des innombrables garants de la République : chacun à sa place minuscule, purement locale, et qui, mises bout à bout, composent un tableau accablant . Qu’il ait fallu des élus et des fonctionnaires anonymes pour le dresser est particulièrement sinistre. C’est en principe aux sciences sociales de nous fournir les éléments d’un tel tableau, et leur silence massif sur le sujet doit aussi figurer dans ce constat général de carence.

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  3. henni

    Un modeste témoignage.
    Quand je suis arrivée en 1999, en ZEP, en tant qu’enseignante, j’ai rapidement réalisé à quel point l’autorité était mise à mal; certains élèves s’autorisaient des comportements très répréhensibles en toute impunité. Un jour un élève m’a donné un coup de poing à la figure; malgré mon rapport et le témoignage de la surveillante, présente lors des faits, le principal a refusé d’organiser un conseil de discipline. On se faisait traiter de « putes » et de « salopes » pour les profs femmes, de « pédés » pour les hommes, mais on était obligés d’accepter les auteurs des insultes en cours, de supporter leur mépris et leur arrogance.
    On devait supporter les remises en cause perpétuelles des contenus d’enseignement et notamment la lecture des extraits de la Bible dans le programme de 6°. Il faut savoir que certains profs de lettres faisaient l’impasse sur ce point du programme pour éviter les conflits avec les élèves musulmans.
    La complaisance du personnel de direction et d’administration vis-à-vis desdits élèves atteignait parfois des sommets. Nous avions en effet l’habitude d’emmener les élèves de 6° en classe verte, or une année, les organisateurs n’ont pas pu obtenir de viande hallal et ont donc décidé de mettre tous les élèves et les profs accompagnateurs au régime végétarien et tant pis pour ceux qui ne souscrivaient pas à ce traitement.

    Je n’ai pas cessé, et ce durant dix ans, de pointer les effets dévastateurs de l’indulgence dont bénéficiaient certains élèves: lettres au recteur, lettres au principal de l’époque, sans qu’aucune réponse ne fût donnée. Tout au contraire, mon refus de considérer ces anomalies comme étant normales, m’a valu un retard dans l’évolution de ma carrière. En revanche, ledit principal a quitté la ZEP pour un poste de proviseur dans un grand lycée. Ainsi allaient les choses, plus les principaux camouflaient les dysfonctionnements, meilleure était la promotion.
    Je me rappelle quand j’allais voir l’adjointe du principal pour me plaindre de x ou de y, sa réponse était toujours identique « et vous madame, que lui avez dit pour qu’il vous insulte? »
    L’école était devenue à mes yeux le lieu où les élèves apprenaient d’abord à braver les règles et les lois, un lieu en somme où les futurs délinquants faisaient leurs premières armes.

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