La deuxième mort de Samuel Paty ?
Il serait impropre de parler de colère pour qualifier l’émotion dont Martine Verlhac fait part ici après avoir vu le film L’Abandon. Il s’agit bien plutôt de l’indignation d’un professeur qui ne pardonne pas à « une certaine gauche » une trahison certaine, poursuivie inlassablement par des décennies de saccage de ce que devrait être l’institution « Éducation nationale ». Non seulement Samuel Paty a été abandonné par les bien-pensants, mais, à la sortie du film, l’inertie se réanime pour retrouver les accents abjects de l’inversion accusatoire : oui le film est bon… « mais »… défendre Samuel Paty, ne serait-ce pas, quand même, un peu « raciste », ne serait-ce pas un peu « d’extrême droite » ? À la différence de la colère, l’indignation ne retombe pas : car, reposant comme le disait Descartes sur « de justes raisons », loin de l’apaiser, son analyse la fortifie.