Archives de catégorie : Diaporama

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Les progrès de l’IA mettent en tension les systèmes éducatifs (par Maxime Cruzel)

On pouvait croire que l’apparition de l’IA générative allait remettre les pendules à l’heure dans la doctrine scolaire, en soulignant le besoin de principes, de hiérarchisation des connaissances et donc d’instruction, la nécessité de faire travailler les élèves sur un contenu substantiel organisé. Mais non, on continue avec une doctrine éducative qui promeut les compétences vides et le comportementalisme, et qui maintenant s’autorise d’un apparent bon sens : à quoi bon instruire puisque l’IA sert les connaissances à la demande ? S’appuyant sur de solides et récentes références, analysant les progrès de l’IA et des exemples comparatifs, Maxime Cruzel montre que cette position « inverse le rapport entre savoirs et compétences ». Les compétences ne précèdent pas les connaissances, elles en résultent. À mesure que l’IA se développe et qu’elle change de nature, il est urgent d’instruire.

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‘La religion n’existe pas’ de Nathalie Heinich

Le livre de Nathalie Heinich ‘La religion n’existe pas’ (Gallimard, 2026) travaille sur un renversement de perspective. Au lieu de considérer « qu’il existerait quelque chose que l’on nomme la religion ou le religieux qui recouvrirait un certain nombre de pratiques bien repérées », il convient inversement de considérer que différentes pratiques existent « possédant différentes fonctions qui peuvent ou non s’inscrire selon les contextes dans un cadre religieux. Leur activation dans un cadre profane ne constitue nullement une extension et moins encore un appauvrissement du religieux mais bien au contraire une manifestation du caractère relatif restreint et conjoncturel de celui-ci ».

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‘Le Drapeau tricolore’ de Philippe Foussier

Après ‘Marianne’, et toujours dans la collection « Les Symboles de notre histoire » (Éditions Dervy), Philippe Foussier signe ‘Le Drapeau tricolore’. En une cinquantaine de pages, suivies d’une bibliographie et d’une section iconographique de 11 illustrations commentées, l’auteur situe les enjeux de l’emblème national à travers son histoire mouvementée et les interprétations de ses couleurs.

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Les mots contre la laïcité : de la liberté de conscience à la liberté religieuse (par A. Girard et J.-P. Sakoun)

Aline Girard et Jean-Pierre Sakoun analysent un glissement lexical : l’usage, dans maint texte officiel, des expressions « liberté de religion » et « liberté religieuse » pour caractériser la laïcité. Or la « liberté de religion » s’inscrit dans la liberté d’opinion. Et la République « assure la liberté de conscience » : cette dernière, non seulement est plus large que la « liberté de religion », mais elle concerne les individus, alors que la « liberté religieuse », permet d’ériger des groupes d’appartenance en sujets principaux d’exercice de la liberté et de structuration de la vie publique. En plaçant la notion de « religion », et surtout celle de « liberté religieuse », en position clé, ce glissement inverse les principes et se révèle comme une double opération politique qui « […] modifie le centre de gravité de la laïcité, en le déplaçant de l’individu singulier et citoyen vers sa communauté d’appartenance. [Et qui] tend à faire de la laïcité un instrument de gestion du religieux, alors qu’elle est historiquement un principe de limitation de son emprise. ». Si on n’y prend pas garde, c’est l’universalisme républicain qui est renversé, car alors  «  la religion cesse d’être un fait privé dont la manifestation est encadrée pour devenir une dimension structurante de l’identité publique ».

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La deuxième mort de Samuel Paty ?

Il serait impropre de parler de colère pour qualifier l’émotion dont Martine Verlhac fait part ici après avoir vu le film L’Abandon. Il s’agit bien plutôt de l’indignation d’un professeur qui ne pardonne pas à « une certaine gauche » une trahison certaine, poursuivie inlassablement par des décennies de saccage de ce que devrait être l’institution « Éducation nationale ». Non seulement Samuel Paty a été abandonné par les bien-pensants, mais, à la sortie du film, l’inertie se réanime pour retrouver les accents abjects de l’inversion accusatoire : oui le film est bon… « mais »… défendre Samuel Paty, ne serait-ce pas, quand même, un peu « raciste », ne serait-ce pas un peu « d’extrême droite » ? À la différence de la colère, l’indignation ne retombe pas : car, reposant comme le disait Descartes sur « de justes raisons », loin de l’apaiser, son analyse la fortifie.

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L’ARCOM entre sciences et médias

Thierry Foucart rappelle qu’une vérité scientifique n’est ni un consensus ni le résultat d’un arbitrage entre diverses opinions en présence. Ou alors il y aurait, dit-il avec ironie, « deux sciences ». Il donne l’exemple des débats médiatiques sur le climat, qu’il illustre par un schéma accompagné d’un commentaire par l’IA ChatGPT. 

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Quand les casseurs viendront « jusque dans nos bras »

En novembre 2005, j’ouvrais le site Mezetulle, particulièrement à l’occasion des émeutes qui avaient marqué l’automne, déclenchées à Clichy-sous-Bois par la mort de deux adolescents qui, cherchant à échapper à un contrôle de police, s’étaient réfugiés dans un poste électrique. Vingt ans ont passé, et les choses n’ont fait que croître en nombre et en intensité – on se souvient par exemple du Stade de France fin mai 2022, ou des émeutes de juin 2023 à la suite de la mort de Nahel Merzouk. Changement de degré, mais aussi, il faut le craindre et ne pas détourner le regard, changement de nature.

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En relisant ‘Les Dieux ont soif’ – Rappels pour notre temps

Dans ‘Le Mirage #MeToo’ Sabine Prokhoris démontait les paralogismes inquisitoriaux qui se répandent sous le mot-dièse #MeToo. Dans un article publié en 2022 sur Mezetulle, elle écrivait : « Il s’agit de court-circuiter l’institution judiciaire, et de se faire « justice » hors de toute enquête judiciaire, sans procès, sans tribunal, mais en imposant son « récit » à l’opinion publique, par la voie des médias. » et elle montrait comment la vague #MeeToo attaque les principes fondamentaux du droit pénal.
Elle se penche ici à nouveau, cette fois à la lumière de la lecture du roman d’Anatole France ‘Les Dieux ont soif’, sur les mécanismes de « l’abjecte jouissance qui s’empare des meutes justicières sitôt qu’elles ont un coupable à se mettre sous la dent ». Considérer que l’accusation vaut preuve, c’est enclencher la destruction systématique des principes de la justice et s’engager sur la funeste voie tracée par les méthodes des tribunaux de l’Inquisition et de la Terreur.

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Une histoire longue de la laïcité

Différenciation des sphères et contingence

Pour réfléchir sur la laïcité, Jean-Pierre Castel s’appuie sur une « histoire longue », celle de la différenciation des sphères du vrai, du bien et du juste dont l’unité structurait le monde antique et médiéval. Loin d’être due au christianisme ou d’apparaître brusquement avec la modernité, celle-ci est progressive et passe par des phases de distinction avant qu’on puisse parler de séparation. L’auteur s’interroge principalement sur l’émergence de l’autonomie du politique, parallèle à celle de l’autonomie des savoirs et à l’institutionnalisation séparée du religieux. Une conséquence importante est que l’individu n’est plus fixé à une appartenance, mais se pense abstraitement, ce qui est une libération. Aboutissement de ce processus, le moment laïque institutionnalise la séparation et permet la coexistence des libertés.
On peut certes discuter la définition finale que l’auteur propose de la laïcité (essentiellement liée pour lui à la question de la pluralité des convictions) et s’interroger sur l’idée d’un modèle états-unien, mais il faut souligner que, en lisant cette passionnante « histoire longue », on s’instruit et on se délivre de maint préjugé.

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Sur les fondements ésotériques de l’intersectionnalité

Dans le prolongement d’études antérieures, François Rastier explore, avec une érudition éblouissante, les fondements mystiques de l’intersectionnalité. On y voit réapparaître le schème raciste du darwinisme social, sous la forme de l’homologation de la hiérarchie raciale et de la hiérarchie sexuelle. L’auteur passe en revue les foyers de l’irrationalisme contemporain abrités par le politiquement correct – New Age, culte de la nouvelle Isis, religion kémitiste, eugénisme intersectionnel, transsexualisme, artificialisme post-humaniste, post-féminisme LGBTQI+ et en analyse les racines théosophiques : « tout cela resterait incompréhensible si l’on persistait à ignorer les fondements superstitieux de l’idéologie intersectionnelle ».

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À relire : « Le père Noël et le droit d’être païen »

Sur un texte de Claude Lévi-Strauss

À relire, en période de Noël, un très bel article de Claude Lévi-Strauss intitulé « Le Père Noël supplicié », paru dans Les Temps modernes n° 77, 1952. Il est bon de… [lire plus]

Les délires de l’écriture « inclusive »

Nikol Abécassis caractérise l’écriture inclusive comme « une tentative, à l’écrit, d’exclure la pensée du langage, en transformant le langage en ce qu’il n’est pas, à savoir à du ‘corps’, de la matière, au même titre que la langue du langage peut se trouver ravalée à l’organe ». Pour cela, elle propose d’abord un détour par une étude des distorsions régressives qui remontent de la langue clairement articulée, symbolique et universellement partagée, au moment infra-linguistique de la langue-organe.

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Impôt plancher sur la fortune (taxe Zucman)

Au moment du débat budgétaire, Mezetulle reçoit cette analyse de Thierry Foucart sur l’impôt plancher sur la fortune (la « taxe Zucman »). Même si ce projet semble avoir pris un peu de plomb dans l’aile à l’ouverture du débat, il n’est pas impossible qu’il revienne sous d’autres formes. Et en tout état de cause, il est toujours bon, pour le citoyen et le contribuable, d’être éclairé sur la nature de l’impôt, ses modes de calcul, ses motifs et ses conséquences.

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‘Chaos’ de S. Rozès et A. Benedetti, « l’imaginaire des peuples » au prisme de la musique par Bruno Moysan (I)

Première partie : L’imaginaire des peuples selon Stéphane Rozès

Bruno Moysan se livre à une lecture détaillée du livre d’entretien de Stéphane Rozès avec Arnaud Benedetti ‘Chaos. Essai sur les imaginaires des peuples’ (Paris, Cerf, 2022). Prenant appui sur cette lecture, il élabore ensuite sa propre interprétation – qui s’effectue principalement « au prisme de la musique » – de « l’imaginaire français » et de « l’imaginaire allemand ». L’occasion de cette ample réflexion – que Mezetulle publie en trois parties – lui a été donnée par une recherche sur les interprétations et les mises en scène de la Tétralogie en particulier celle, mémorable, de Pierre Boulez et Patrice Chéreau. Il suffit – écrit-il – d’écouter un peu de musique pour constater que, en dépit de transferts culturels permanents, les compositeurs français et allemands ne sonnent pas tout à fait pareil… Bach, Rameau, Berlioz, Wagner sont porteurs d’une histoire qui est aussi un rapport au monde. »

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Communiqué du Comité de Soutien international à Boualem Sansal

Le Comité de Soutien international Boualem Sansal salue la Résolution du Parlement européen condamnant à l’unanimité la séquestration arbitraire de l’écrivain franco-algérien à Alger et exigeant sa libération immédiate.
Le Parlement européen vient d’adopter ce 23 janvier une Résolution commune exigeant la libération immédiate et inconditionnelle de notre compatriote Boualem Sansal, arbitrairement séquestré depuis le 16 Novembre 2024 par le régime algérien au seul motif d’en avoir critiqué les dérives dans ses écrits et ses déclarations.

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Réforme du bac : un « grand » oral… qui n’a rien de grand

En pleine période électorale, et alors que les élèves en terminent avec les épreuves finales du baccalauréat, la question éducative a été peu abordée par les partis politiques. Celle relative aux programmes scolaires (les curriculums) et aux dispositifs pédagogiques mis en œuvre dans les classes, encore moins. Il s’agit pourtant là d’un enjeu démocratique et économique essentiel. Démocratique car l’égalité des chances est au cœur de l’idéal de justice sociale ; économique car la maîtrise du savoir par les élèves est fondamentale pour améliorer nos performances en termes de productivité et d’innovation. 

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