La psychiatrisation des dissidents de l’islam (II) par S. Elmansour et Q. Bérard
Seconde partie
Seconde partie de l’article de Quentin Bérard et Sofia Elmansour.
Seconde partie de l’article de Quentin Bérard et Sofia Elmansour.
Les apostats de l’islam ont le double courage de répudier une dogmatique et d’en révéler publiquement la logique. Un livre récent, principalement composé autour d’entretiens, leur a été consacré : Sonya Zadig « Les enfants perdus de la République. Ils ont quitté l’islam au péril de leur vie » (Fayard 2025). Quentin Bérard et Sofia Elmansour l’ont lu et font état ici de leur déception. Fourmillant d’erreurs et d’approximations, pauvrement documenté, méthodologiquement discutable, centré sur la mise en valeur de son auteur, cet ouvrage commet un « contresens total » en présentant les apostats en « enfants perdus de la République ». Aveugle aux différents types d’apostasie et surtout à la dimension indéniablement émancipatrice et politique de cette dernière, il renouvelle un grand classique de la neutralisation de la dissidence : sa psychiatrisation.
Le 12 mars 2026, à la Grande mosquée de Paris, le ministre de l’Intérieur et des cultes Laurent Nuñez était présent pour une cérémonie de rupture du jeûne marquant la fin du Ramadan. Il y a pris la parole. Dans son intervention, deux déclarations ont été amplement relevées par les médias, à juste titre. Quelques autres points sont à souligner dans ce discours empreint d’un vernis républicain et laïque, mais profondément acquis à une vision « interconvictionnelle » de la cité. On examine quelques bévues dans ce discours, on s’interroge aussi sur sa fonction politique.
Benjamin Hagiarian se penche sur une forme d’antisémitisme « tranquille » qui, parfois à l’insu de son agent, prospère à l’abri d’une bonne conscience. Pouvant être accompagné de divers affects, cet antisémitisme doit attirer notre attention sur l’insuffisance d’une posture morale pour penser la discrimination.
Le 2 mars dernier, la Cour d’assises spéciale de Paris a rendu son arrêt dans le procès en appel sur la décapitation du professeur Samuel Paty en octobre 2020. Si elle a maintenu la qualification d’« association de malfaiteurs terroristes » et prononcé les condamnations relatives pour les instigateurs de la tragédie Brahim Chnina et Abelhakim Sefrioui, elle a en revanche fait preuve d’une indulgence qui confine au déni pour les deux autres accusés, Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov les amis du tueur Abdoullakh Anzorov, lesquels l’ont accompagné et secondé dans sa quête d’armes et son périple préparatoire au crime.
François Braize, Jean Petrilli et Bruno Bertrand analysent un cas de conflit entre un citoyen et un élu local sur le fonctionnement d’un compte Twitter, conflit arbitré par le Conseil d’État. Loin d’être anecdotiques, ce conflit et sa résolution engagent non seulement le fonctionnement de « l’agora moderne » que sont devenus les réseaux sociaux, mais aussi et surtout le fonctionnement démocratique jusqu’alors en vigueur. L’Avis du Conseil d’État prive en effet les justiciables d’un recours protecteur devant la justice administrative. En renvoyant les conflits au droit privé ordinaire, cet Avis accroît la privatisation de la chose publique.
Nikol Abécassis procède ici à un rappel salutaire. L’usage patient, méthodique et détaillé de la raison universelle, effectué et pensé dès l’Antiquité par la science et la philosophie au prix de ruptures difficiles qui sont autant de conquêtes, témoigne que la condition humaine n’est épuisée ni par l’utile ni par le théologique. Pourvu que cet usage soit sans cesse cultivé et renouvelé, il élève l’humanité à l’autonomie et à la clairvoyance.
Nous, soussignés, membres du Conseil des sages de la laïcité et des valeurs de la République, avons pris connaissance des propos diffamatoires et injurieux prononcés, dans le cadre des travaux… [lire plus]
En juin 2025, Jérôme Guedj, député PS, s’indignait à juste titre de l’antisémitisme de Jean-Luc Mélenchon en des termes bien sentis. En juillet 2025, il cosignait dans Marianne, avec d’autres élus PS, une tribune contre l’usage du terme « islamophobie » par les instances du PS. Comme Mezetulle l’a écrit à l’époque, on pouvait être tenté de voir là des signes d’une rupture avec la calamiteuse alliance NFP qui avait conduit nombre d’élus LFI à l’Assemblée nationale en juin 2024. Mais, mais… les élections municipales approchent !
Viviane Niaux se penche ici sur l’usage présidentiel du terme « tragique ». Elle montre que, en le banalisant et en l’extériorisant, Emmanuel Macron en fait un alibi qui abolit la responsabilité politique.
La liste des agressions de plus en plus violentes, et même meurtrières, commises par des mineurs de plus en plus jeunes ne cesse de s’allonger. La notion d’« ensauvagement »… [lire plus]
François Rastier effectue un tour d’horizon analytique au sujet non seulement de l’usage, mais aussi de la promotion pour le moins empressée de l’IA générative en matière d’éducation. Ce zèle pour le « solutionnisme technologique » met à mal la notion même de connaissance qu’il réduit à un inventaire de savoir-faire ; il fait obstacle à la transmission en brouillant l’idée de présence ; il introduit l’idéologie managériale du coaching en quête d’emprise. Il est plus que temps « de faire de l’école et de l’université les seuls lieux au monde sans écrans et sans IA, condition désormais de la transmission culturelle ».
Roselyne Dégremont, professeur honoraire de Première supérieure à Lyon, est décédée le 13 janvier 2026. Elle fut ma condisciple et mon amie depuis 1964.
Le comité de soutien salue l’élection de Boualem Sansal à l’Académie Française. 29 janvier 2026 « L’élection de Boualem Sansal à l’Académie française remplit de joie et de bonheur tous ceux… [lire plus]
Thierry Foucart enrichit le dossier sur l’écriture inclusive que Mezetulle a ouvert depuis 2014. En prenant et en appliquant à la lettre les injonctions faites au nom de l’écriture inclusive, sa contribution en montre l’absurdité pour tout locuteur francophone. Mais l’absurdité, si elle est en l’occurrence (et comme on en fera l’expérience en lisant ce texte) un sérieux obstacle à la lecture, n’a jamais été un obstacle pour l’imposition d’une idéologie.
Le dossier sur l’écriture inclusive, ouvert sur Mezetulle en 2014, s’enrichit aujourd’hui avec la publication de l’article de Nikol Abécassis « Les délires de l’écriture inclusive ». On trouvera ci-dessous la mise à jour du dossier.
À relire, en période de Noël, un très bel article de Claude Lévi-Strauss intitulé « Le Père Noël supplicié », paru dans Les Temps modernes n° 77, 1952. Il est bon de… [lire plus]
Nikol Abécassis caractérise l’écriture inclusive comme « une tentative, à l’écrit, d’exclure la pensée du langage, en transformant le langage en ce qu’il n’est pas, à savoir à du ‘corps’, de la matière, au même titre que la langue du langage peut se trouver ravalée à l’organe ». Pour cela, elle propose d’abord un détour par une étude des distorsions régressives qui remontent de la langue clairement articulée, symbolique et universellement partagée, au moment infra-linguistique de la langue-organe.
Au moment du débat budgétaire, Mezetulle reçoit cette analyse de Thierry Foucart sur l’impôt plancher sur la fortune (la « taxe Zucman »). Même si ce projet semble avoir pris un peu de plomb dans l’aile à l’ouverture du débat, il n’est pas impossible qu’il revienne sous d’autres formes. Et en tout état de cause, il est toujours bon, pour le citoyen et le contribuable, d’être éclairé sur la nature de l’impôt, ses modes de calcul, ses motifs et ses conséquences.
Bruno Moysan se livre à une lecture détaillée du livre d’entretien de Stéphane Rozès avec Arnaud Benedetti ‘Chaos. Essai sur les imaginaires des peuples’ (Paris, Cerf, 2022). Prenant appui sur cette lecture, il élabore ensuite sa propre interprétation – qui s’effectue principalement « au prisme de la musique » – de « l’imaginaire français » et de « l’imaginaire allemand ». L’occasion de cette ample réflexion – que Mezetulle publie en trois parties – lui a été donnée par une recherche sur les interprétations et les mises en scène de la Tétralogie en particulier celle, mémorable, de Pierre Boulez et Patrice Chéreau. Il suffit – écrit-il – d’écouter un peu de musique pour constater que, en dépit de transferts culturels permanents, les compositeurs français et allemands ne sonnent pas tout à fait pareil… Bach, Rameau, Berlioz, Wagner sont porteurs d’une histoire qui est aussi un rapport au monde. »