Archives de catégorie : Diaporama

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L’ARCOM entre sciences et médias

Thierry Foucart rappelle qu’une vérité scientifique n’est ni un consensus ni le résultat d’un arbitrage entre diverses opinions en présence. Ou alors il y aurait, dit-il avec ironie, « deux sciences ». Il donne l’exemple des débats médiatiques sur le climat, qu’il illustre par un schéma accompagné d’un commentaire par l’IA ChatGPT. 

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Quand les casseurs viendront « jusque dans nos bras »

En novembre 2005, j’ouvrais le site Mezetulle, particulièrement à l’occasion des émeutes qui avaient marqué l’automne, déclenchées à Clichy-sous-Bois par la mort de deux adolescents qui, cherchant à échapper à un contrôle de police, s’étaient réfugiés dans un poste électrique. Vingt ans ont passé, et les choses n’ont fait que croître en nombre et en intensité – on se souvient par exemple du Stade de France fin mai 2022, ou des émeutes de juin 2023 à la suite de la mort de Nahel Merzouk. Changement de degré, mais aussi, il faut le craindre et ne pas détourner le regard, changement de nature.

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En relisant ‘Les Dieux ont soif’ – Rappels pour notre temps

Dans ‘Le Mirage #MeToo’ Sabine Prokhoris démontait les paralogismes inquisitoriaux qui se répandent sous le mot-dièse #MeToo. Dans un article publié en 2022 sur Mezetulle, elle écrivait : « Il s’agit de court-circuiter l’institution judiciaire, et de se faire « justice » hors de toute enquête judiciaire, sans procès, sans tribunal, mais en imposant son « récit » à l’opinion publique, par la voie des médias. » et elle montrait comment la vague #MeeToo attaque les principes fondamentaux du droit pénal.
Elle se penche ici à nouveau, cette fois à la lumière de la lecture du roman d’Anatole France ‘Les Dieux ont soif’, sur les mécanismes de « l’abjecte jouissance qui s’empare des meutes justicières sitôt qu’elles ont un coupable à se mettre sous la dent ». Considérer que l’accusation vaut preuve, c’est enclencher la destruction systématique des principes de la justice et s’engager sur la funeste voie tracée par les méthodes des tribunaux de l’Inquisition et de la Terreur.

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Une histoire longue de la laïcité

Différenciation des sphères et contingence

Pour réfléchir sur la laïcité, Jean-Pierre Castel s’appuie sur une « histoire longue », celle de la différenciation des sphères du vrai, du bien et du juste dont l’unité structurait le monde antique et médiéval. Loin d’être due au christianisme ou d’apparaître brusquement avec la modernité, celle-ci est progressive et passe par des phases de distinction avant qu’on puisse parler de séparation. L’auteur s’interroge principalement sur l’émergence de l’autonomie du politique, parallèle à celle de l’autonomie des savoirs et à l’institutionnalisation séparée du religieux. Une conséquence importante est que l’individu n’est plus fixé à une appartenance, mais se pense abstraitement, ce qui est une libération. Aboutissement de ce processus, le moment laïque institutionnalise la séparation et permet la coexistence des libertés.
On peut certes discuter la définition finale que l’auteur propose de la laïcité (essentiellement liée pour lui à la question de la pluralité des convictions) et s’interroger sur l’idée d’un modèle états-unien, mais il faut souligner que, en lisant cette passionnante « histoire longue », on s’instruit et on se délivre de maint préjugé.

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Sur les fondements ésotériques de l’intersectionnalité

Dans le prolongement d’études antérieures, François Rastier explore, avec une érudition éblouissante, les fondements mystiques de l’intersectionnalité. On y voit réapparaître le schème raciste du darwinisme social, sous la forme de l’homologation de la hiérarchie raciale et de la hiérarchie sexuelle. L’auteur passe en revue les foyers de l’irrationalisme contemporain abrités par le politiquement correct – New Age, culte de la nouvelle Isis, religion kémitiste, eugénisme intersectionnel, transsexualisme, artificialisme post-humaniste, post-féminisme LGBTQI+ et en analyse les racines théosophiques : « tout cela resterait incompréhensible si l’on persistait à ignorer les fondements superstitieux de l’idéologie intersectionnelle ».

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Vous avez dit « allégeance » ?

De Merwane Benlazar à Bally Bagayoko

Un mot de « l’humoriste » Merwane Benlazar lors de la cérémonie des Molières le 4 mai aux Folies Bergère a été particulièrement remarqué. Faisant son entrée sur la chanson « Douce France » vêtu d’une marinière (« on ne peut faire plus français »), après avoir précisé que sa barbe inculte « a poussé en France », il se voit remettre une baguette de pain par l’animateur. Ce dernier enchaîne en lui présentant une bouteille de vin – qu’il repousse, avec ce propos : « mon allégeance à la République a des limites ».
Que M. Benlazar se rassure. La République française ne demande à personne de consommer pain et vin, ni de faire allégeance à qui ou à quoi que ce soit.

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Orthographe : résultat d’une politique délibérée de désinstruction

La baisse spectaculaire du niveau des élèves et des professeurs, particulièrement en orthographe, fait grand bruit en ce moment. À juste titre. Sur X un « fil » très instructif et plus que consternant fait un tabac.
L’effondrement atteint un point tel que le Ministre de l’Éducation nationale s’en émeut publiquement et prévient : scrogneugneu, on ne va pas continuer à fermer les yeux, il va y avoir des mauvaises notes au brevet des collèges et au bac.
Mais ce n’était pas imprévisible, loin de là.

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Renier les origines, haïr l’original (par Jean-Pierre Sakoun)

La haine envers les Juifs, haine de la filiation

Pourquoi les Juifs suscitent-ils, depuis des millénaires, une haine si tenace et singulière, irréductible à un racisme ou une xénophobie ordinaires ? Lecteur de Jean-François Lyotard, de Pascal Ory et de François Rachline, Jean-Pierre Sakoun avance et analyse deux thèses pour méditer cette question. L’antériorité chronologique du judaïsme sur les deux autres monothéismes et sa survivance obstinée nourrissent une profonde ambivalence envers cet ancêtre embarrassant qui ne se résout pas à disparaître. Sa persistance est aussi celle d’une vitalité dans l’étude et d’une soif inextinguible de savoir. Non seulement ce peuple ancien s’obstine à exister, mais encore il continue à « briller d’un éclat intellectuel et spirituel propre » : c’est à ce double scandale que s’alimente la haine de la filiation. La logique profonde de l’antisémitisme se révèle alors comme le fruit d’un ressentiment envers une promesse d’universalité et une obligation de mémoire ; en ce sens l’antisémitisme est un antihumanisme.

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La psychiatrisation des dissidents de l’islam (I) par S. Elmansour et Q. Bérard

Première partie

Les apostats de l’islam ont le double courage de répudier une dogmatique et d’en révéler publiquement la logique. Un livre récent, principalement composé autour d’entretiens, leur a été consacré : Sonya Zadig « Les enfants perdus de la République. Ils ont quitté l’islam au péril de leur vie » (Fayard 2025). Quentin Bérard et Sofia Elmansour l’ont lu et font état ici de leur déception. Fourmillant d’erreurs et d’approximations, pauvrement documenté, méthodologiquement discutable, centré sur la mise en valeur de son auteur, cet ouvrage commet un « contresens total » en présentant les apostats en « enfants perdus de la République ». Aveugle aux différents types d’apostasie et surtout à la dimension indéniablement émancipatrice et politique de cette dernière, il renouvelle un grand classique de la neutralisation de la dissidence : sa psychiatrisation.

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Le ministre de l’Intérieur redéfinit la laïcité. Serait-il en mission ?

Le 12 mars 2026, à la Grande mosquée de Paris, le ministre de l’Intérieur et des cultes Laurent Nuñez était présent pour une cérémonie de rupture du jeûne marquant la fin du Ramadan. Il y a pris la parole. Dans son intervention, deux déclarations ont été amplement relevées par les médias, à juste titre. Quelques autres points sont à souligner dans ce discours empreint d’un vernis républicain et laïque, mais profondément acquis à une vision « interconvictionnelle » de la cité. On examine quelques bévues dans ce discours, on s’interroge aussi sur sa fonction politique.

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À relire : « Le père Noël et le droit d’être païen »

Sur un texte de Claude Lévi-Strauss

À relire, en période de Noël, un très bel article de Claude Lévi-Strauss intitulé « Le Père Noël supplicié », paru dans Les Temps modernes n° 77, 1952. Il est bon de… [lire plus]

Les délires de l’écriture « inclusive »

Nikol Abécassis caractérise l’écriture inclusive comme « une tentative, à l’écrit, d’exclure la pensée du langage, en transformant le langage en ce qu’il n’est pas, à savoir à du ‘corps’, de la matière, au même titre que la langue du langage peut se trouver ravalée à l’organe ». Pour cela, elle propose d’abord un détour par une étude des distorsions régressives qui remontent de la langue clairement articulée, symbolique et universellement partagée, au moment infra-linguistique de la langue-organe.

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Impôt plancher sur la fortune (taxe Zucman)

Au moment du débat budgétaire, Mezetulle reçoit cette analyse de Thierry Foucart sur l’impôt plancher sur la fortune (la « taxe Zucman »). Même si ce projet semble avoir pris un peu de plomb dans l’aile à l’ouverture du débat, il n’est pas impossible qu’il revienne sous d’autres formes. Et en tout état de cause, il est toujours bon, pour le citoyen et le contribuable, d’être éclairé sur la nature de l’impôt, ses modes de calcul, ses motifs et ses conséquences.

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‘Chaos’ de S. Rozès et A. Benedetti, « l’imaginaire des peuples » au prisme de la musique par Bruno Moysan (I)

Première partie : L’imaginaire des peuples selon Stéphane Rozès

Bruno Moysan se livre à une lecture détaillée du livre d’entretien de Stéphane Rozès avec Arnaud Benedetti ‘Chaos. Essai sur les imaginaires des peuples’ (Paris, Cerf, 2022). Prenant appui sur cette lecture, il élabore ensuite sa propre interprétation – qui s’effectue principalement « au prisme de la musique » – de « l’imaginaire français » et de « l’imaginaire allemand ». L’occasion de cette ample réflexion – que Mezetulle publie en trois parties – lui a été donnée par une recherche sur les interprétations et les mises en scène de la Tétralogie en particulier celle, mémorable, de Pierre Boulez et Patrice Chéreau. Il suffit – écrit-il – d’écouter un peu de musique pour constater que, en dépit de transferts culturels permanents, les compositeurs français et allemands ne sonnent pas tout à fait pareil… Bach, Rameau, Berlioz, Wagner sont porteurs d’une histoire qui est aussi un rapport au monde. »

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Communiqué du Comité de Soutien international à Boualem Sansal

Le Comité de Soutien international Boualem Sansal salue la Résolution du Parlement européen condamnant à l’unanimité la séquestration arbitraire de l’écrivain franco-algérien à Alger et exigeant sa libération immédiate.
Le Parlement européen vient d’adopter ce 23 janvier une Résolution commune exigeant la libération immédiate et inconditionnelle de notre compatriote Boualem Sansal, arbitrairement séquestré depuis le 16 Novembre 2024 par le régime algérien au seul motif d’en avoir critiqué les dérives dans ses écrits et ses déclarations.

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Réforme du bac : un « grand » oral… qui n’a rien de grand

En pleine période électorale, et alors que les élèves en terminent avec les épreuves finales du baccalauréat, la question éducative a été peu abordée par les partis politiques. Celle relative aux programmes scolaires (les curriculums) et aux dispositifs pédagogiques mis en œuvre dans les classes, encore moins. Il s’agit pourtant là d’un enjeu démocratique et économique essentiel. Démocratique car l’égalité des chances est au cœur de l’idéal de justice sociale ; économique car la maîtrise du savoir par les élèves est fondamentale pour améliorer nos performances en termes de productivité et d’innovation. 

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