En relisant ‘Les Dieux ont soif’ – Rappels pour notre temps
Dans ‘Le Mirage #MeToo’ Sabine Prokhoris démontait les paralogismes inquisitoriaux qui se répandent sous le mot-dièse #MeToo. Dans un article publié en 2022 sur Mezetulle, elle écrivait : « Il s’agit de court-circuiter l’institution judiciaire, et de se faire « justice » hors de toute enquête judiciaire, sans procès, sans tribunal, mais en imposant son « récit » à l’opinion publique, par la voie des médias. » et elle montrait comment la vague #MeeToo attaque les principes fondamentaux du droit pénal.
Elle se penche ici à nouveau, cette fois à la lumière de la lecture du roman d’Anatole France ‘Les Dieux ont soif’, sur les mécanismes de « l’abjecte jouissance qui s’empare des meutes justicières sitôt qu’elles ont un coupable à se mettre sous la dent ». Considérer que l’accusation vaut preuve, c’est enclencher la destruction systématique des principes de la justice et s’engager sur la funeste voie tracée par les méthodes des tribunaux de l’Inquisition et de la Terreur.