Archives de catégorie : Les classiques

Couette ou couverture ?

Au royaume de Morphée, deux positions, deux thèses s’affrontent : celle de la couette, celle de la couverture. Deux civilisations peuvent-elles partager la même façon de préparer sa couche ? N’y aurait-il pas plus d’humanités dans la laine du pasteur et du laboureur que dans le duvet du chasseur ?

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L’opéra merveilleux : machines ou effets spéciaux ?

Merveilleux d’opéra, quasi-nature et physique romancée

L’opéra merveilleux de la France classique (de Lully à Rameau) pose des questions analogues à celles que posent aujourd’hui le cinéma de science-fiction, d’anticipation et le cinéma fantastique : celles de la présentation réelle d’un monde possible. Il les résout par le recours à des machines qui réalisent une physique romancée. Serait-ce une esthétique des effets spéciaux ? On s’interroge ici sur la pertinence et les limites de cette analogie.

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Les Femmes savantes de Molière : savoir, maternité et liberté

On ne peut pas balayer d’un revers de main Les Femmes savantes au prétexte qu’il s’agit d’un ouvrage daté développant des thèses archaïques sur la condition féminine. Le malaise qui nous saisit encore aujourd’hui lorsque nous voyons cette pièce touche un point plus profond. En articulant la question du savoir à celles du mariage et de la maternité, Molière rencontre le problème non résolu d’une assignation réduisant des femmes à la fonction de reproduction.

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Le visage et la main, le masque et le gant

Le débat sur le port du voile intégral n’a pas seulement eu pour effet de poser un problème de civilité au sens politique du terme. Il a rappelé que le statut du visage a toujours quelque chose d’énigmatique et d’ambivalent. La civilité d’une humanité ordinaire se situe dans une zone moyenne, entre les extrêmes tout aussi inquiétants et mortifères d’une exposition absolue et d’une dérobade absolue.

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Cuisine ou pâtisserie ?

Garder « une petite place pour le dessert »

La pâtisserie, c’est le modèle chimique et global de la boîte noire, l’effet spécial comme au cinéma, la navigation aux instruments. On ne voit rien. La cuisine, c’est le modèle mécanique et séquentiel, les pignons, les poulies et les cabestans que l’on manœuvre ; on voit tout, on comprend tout.

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L’alphabet, machine libératrice

Sur un livre de Eric A. Havelock

L’alphabet est probablement la découverte la plus puissante jamais inventée pour libérer les esprits. Il déploie cette puissance parce qu’il renonce à représenter les pensées, rendant l’acte de lecture totalement mécanique. Dans un ouvrage trop peu connu, Aux origines de la civilisation écrite en Occident, Eric A. Havelock développe ce paradoxe : « un système d’écriture réussi ou pleinement développé est un système où la pensée n’a plus aucune part »

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La lecture en bibliothèque, plaisir solitaire

Je souffre d’une bienheureuse maladie qui n’est pas tellement rare : la fréquentation compulsive des bibliothèques publiques. Lieu à la fois collectif et intime, la salle de lecture publique est un paradigme du concept républicain tel que je le rêve : on y fait ce que font les autres, dans les mêmes conditions, logé à la même enseigne, et chacun cependant se trouve là en vertu de sa propre singularité incommunicable et y exerce ses talents dans la plus libre inégalité.

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L’imitation en art : aliénation ou invention ?

L’imitation en art a mauvaise presse : n’est-elle pas un geste inutile répétant ce qui existe déjà, une soumission à l’extériorité qui instrumentalise l’art ou, pire, une grimace, un mensonge qui trahit l’original qu’elle prétend imiter ? En tout état de cause, elle semble contraire à l’idéal répandu d’un artiste créateur et aux antipodes de l’autonomie qui… [lire plus]

Alpinisme et photographie 1860-1940

de P-H. Frangne, M. Jullien et P. Poncet (Ed. de l’Amateur, 2006)

Le summum de l’urbanité et des bonnes manières vu par un objectif hissé à grand-peine dans des lieux sublimes et désolés où la nature implacable n’a affaire qu’à elle-même. (Pierre-Henry Frangne, Michel Jullien et Philippe Poncet, Alpinisme et photographie 1860-1940, Paris : Les Éditions de l’Amateur, 2006).

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Propos mêlés sur le rugby

Sur le blog La Choule, ouvert en mars 2007 pendant le Tournoi des 6 nations et dans la perspective de la Coupe du monde de rugby 2007, j’ai publié des notes brèves. Ce texte en est une réécriture plus serrée, plus cohérente et purgée des figures de style anecdotiques ainsi que des inévitables plaisanteries de circonstance attachées à la publication en billets brefs sur une plate-forme réunissant des initiés se comprenant à demi-mot.

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Que fait Malgoire à Tourcoing ?

Gluck, Orfeo ed Euridice. Récit d’une renaissance auditive

Ceci est le récit d’une renaissance auditive. Doucement mais fermement bousculés hors de l’écoute encapsulée dispensée par le walkman, il est évident que nombre des jeunes auditeurs venus entendre Orfeo ed Euridice découvrent pour la première fois la propagation naturelle du son frotté et vibré, ici et maintenant, sous leur yeux, dans l’air de la salle,… [lire plus]

Bossuet, Nicole et Rousseau

La critique du théâtre

Les fortes similitudes entre la Lettre à d’Alembert sur les spectacles de J.-J. Rousseau et les critiques rigoristes du théâtre au XVIIe siècle (notamment les Maximes et réflexions sur la comédie de Bossuet) et leur rapport commun avec une origine platonicienne ont été soulignés par les commentateurs. Mais la ressemblance des textes pourrait bien à… [lire plus]

Jogger et randonneur

Sur un sentier de montagne, deux mondes pédestres se croisent ; le léger et le lourd, le rapide et le lent 1, le clean et le souillé, l’élégant et le pataud. Deux mondes, deux esthétiques, deux morales se toisent dans l’échange des regards : est-ce un banal clivage entre l’urbain et le rural ? Pas… [lire plus]

Sport, jeu, fiction, liberté : W de Perec

Lecture de W ou le souvenir d’enfance de Georges Perec

 Une partie du plaisir que nous prenons à jouer et à faire du sport relève de la fiction : être ailleurs, vivre comme si on était un autre, entrer dans un monde qui, pour un temps, nous soustrait à l’univers infini de notre vie quotidienne. En ce sens, le sport est une activité libérale et réflexive…. [lire plus]

L’illusion comique de Corneille

L’optique philosophique et le temps de comprendre

Nul mystère, nulle magie dans cette pièce où on lit à livre ouvert : L’Illusion de Pierre Corneille est une leçon lumineuse sur la certitude et l’incertitude. En comprenant le mécanisme de l’illusion, on découvre qu’on avait toujours eu tout, depuis le début, sous les yeux 1 « N’en croyez que vos yeux » Corneille, L’Illusion, Acte… [lire plus]

Montalvo-Hervieu

Sur quelques spectacles de José Montalvo et Dominique Hervieu. Demi-journée d’étude du 30 mars 2006 à l’Université de Lille-III. Sur les chorégraphies Paradis, Babelle heureuse et sur l’opéra Les Paladins. Présentation Lorsque José Montalvo, au début de l’année 2004, prit contact avec moi pour un travail sur la comédie lyrique de Rameau Les Paladins, je n’avais… [lire plus]

Condorcet critique de Montesquieu

Une critique très argumentée de la théorie des corps intermédiaires et de la régulation des pouvoirs. Elle donne à réfléchir sur la mode actuelle du régionalisme et de la prétendue démocratie d’association.   C’est surtout sa réflexion politique, constitutionnelle et juridique qui amène Condorcet à commenter Montesquieu et à fournir dans ses Observations sur le… [lire plus]

Qui a peur des humanités ?

  Voilà trente ans que, pour l’école, les réformes produisent l’échec qu’elles sont censées corriger. Et à chaque fois l’incendiaire se transforme en pompier : « on a échoué, mais c’est parce qu’on n’a pas été assez loin : vous en reprendrez bien une louche ? » Je m’apprêtais à entrer dans le débat sur l’enseignement relancé ces jours derniers… [lire plus]