Parution du livre C. Kintzler ‘La Respiration laïque’
Mon livre ‘La Respiration laïque (Penser la laïcité 2)’, éditions Minerve, vient de sortir de presse.
Mon livre ‘La Respiration laïque (Penser la laïcité 2)’, éditions Minerve, vient de sortir de presse.
Le résultat catastrophique de l’école française au classement Pisa 2026 vient confirmer et aggraver une baisse continue commencée il y a bien des années. Tout le monde aujourd’hui s’en émeut, évoquant des causes – les écrans (mais dans les pays d’Asie il y a aussi des écrans) ; le « manque de moyens » (comme si le salaire indigent des professeurs n’était pas lié à la baisse du niveau de leur recrutement ; comme si les instituteurs d’autrefois, enseignant dans des classes surchargées, n’avaient pas obtenu de bons résultats) ; le manque de soutien des parents (comme si la politique scolaire n’avait pas déjà décidé qu’il n’est pas bon de donner un travail à faire après la classe).
Alors qu’elle a été amplement débattue et rebattue depuis des décennies, la question du port du voile islamique réapparaît après les récentes déclarations du Rassemblement national prévoyant de « sanctionner » ce port par une « amende ». Comme le note un article du Figaro, ce n’est pas une nouveauté, puisque « L’interdiction du port du voile dans l’espace public figurait déjà au programme de Marine Le Pen lors de ses trois premières candidatures à l’Élysée. » Mais, puisqu’il faut y revenir, revenons-y encore une fois !
Le livre de Nathalie Heinich ‘La religion n’existe pas’ (Gallimard, 2026) travaille sur un renversement de perspective. Au lieu de considérer « qu’il existerait quelque chose que l’on nomme la religion ou le religieux qui recouvrirait un certain nombre de pratiques bien repérées », il convient inversement de considérer que différentes pratiques existent « possédant différentes fonctions qui peuvent ou non s’inscrire selon les contextes dans un cadre religieux. Leur activation dans un cadre profane ne constitue nullement une extension et moins encore un appauvrissement du religieux mais bien au contraire une manifestation du caractère relatif restreint et conjoncturel de celui-ci ».
Après ‘Marianne’, et toujours dans la collection « Les Symboles de notre histoire » (Éditions Dervy), Philippe Foussier signe ‘Le Drapeau tricolore’. En une cinquantaine de pages, suivies d’une bibliographie et d’une section iconographique de 11 illustrations commentées, l’auteur situe les enjeux de l’emblème national à travers son histoire mouvementée et les interprétations de ses couleurs.
En novembre 2005, j’ouvrais le site Mezetulle, particulièrement à l’occasion des émeutes qui avaient marqué l’automne, déclenchées à Clichy-sous-Bois par la mort de deux adolescents qui, cherchant à échapper à un contrôle de police, s’étaient réfugiés dans un poste électrique. Vingt ans ont passé, et les choses n’ont fait que croître en nombre et en intensité – on se souvient par exemple du Stade de France fin mai 2022, ou des émeutes de juin 2023 à la suite de la mort de Nahel Merzouk. Changement de degré, mais aussi, il faut le craindre et ne pas détourner le regard, changement de nature.
Un mot de « l’humoriste » Merwane Benlazar lors de la cérémonie des Molières le 4 mai aux Folies Bergère a été particulièrement remarqué. Faisant son entrée sur la chanson « Douce France » vêtu d’une marinière (« on ne peut faire plus français »), après avoir précisé que sa barbe inculte « a poussé en France », il se voit remettre une baguette de pain par l’animateur. Ce dernier enchaîne en lui présentant une bouteille de vin – qu’il repousse, avec ce propos : « mon allégeance à la République a des limites ».
Que M. Benlazar se rassure. La République française ne demande à personne de consommer pain et vin, ni de faire allégeance à qui ou à quoi que ce soit.
Le 12 mars 2026, à la Grande mosquée de Paris, le ministre de l’Intérieur et des cultes Laurent Nuñez était présent pour une cérémonie de rupture du jeûne marquant la fin du Ramadan. Il y a pris la parole. Dans son intervention, deux déclarations ont été amplement relevées par les médias, à juste titre. Quelques autres points sont à souligner dans ce discours empreint d’un vernis républicain et laïque, mais profondément acquis à une vision « interconvictionnelle » de la cité. On examine quelques bévues dans ce discours, on s’interroge aussi sur sa fonction politique.
Le 2 mars dernier, la Cour d’assises spéciale de Paris a rendu son arrêt dans le procès en appel sur la décapitation du professeur Samuel Paty en octobre 2020. Si elle a maintenu la qualification d’« association de malfaiteurs terroristes » et prononcé les condamnations relatives pour les instigateurs de la tragédie Brahim Chnina et Abelhakim Sefrioui, elle a en revanche fait preuve d’une indulgence qui confine au déni pour les deux autres accusés, Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov les amis du tueur Abdoullakh Anzorov, lesquels l’ont accompagné et secondé dans sa quête d’armes et son périple préparatoire au crime.
La liste des agressions de plus en plus violentes, et même meurtrières, commises par des mineurs de plus en plus jeunes ne cesse de s’allonger. La notion d’« ensauvagement »… [lire plus]
Roselyne Dégremont, professeur honoraire de Première supérieure à Lyon, est décédée le 13 janvier 2026. Elle fut ma condisciple et mon amie depuis 1964.
Ce bref texte commentant le titre et l’article premier de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des églises et de l’État a été présenté lors du colloque « 1905-2025 : les 120 ans d’une idée neuve » organisé par le Conseil des Sages de la laïcité le 5 décembre 2025 au Lycée Diderot (Paris), au sein d’une table ronde où intervenaient aussi les historiens Jean-François Chanet et Patrick Weil.
En France, le secret des scrutins organisés officiellement est garanti par des procédures assez bien connues. Une page du site du Conseil constitutionnel les résume, en donnant les références des textes du Code électoral et celle de la circulaire détaillée du 20 décembre 2007. Ces procédures – la plus connue étant le passage obligatoire par l’isoloir – permettent également d’assurer la sincérité du vote. Lorsqu’elles sont respectées, personne ne peut être l’objet d’une pression et toute tentative d’en exercer une est pénalisée. La publication des résultats fait, elle aussi, l’objet d’une réglementation précise ; on la trouve dans la même circulaire.
Cependant, peut-on dire, une fois les résultats proclamés, que seule la personne qui a voté peut révéler la teneur de son vote ?
J’ai reçu hier soir et ce matin deux communiqués du Comité de soutien international à Boualem Sansal, datés du 12 novembre 2025, jour de sa libération des geôles algériennes.
Après ‘Scènes de la vie intellectuelle en France’ (2016), ‘Journal d’un indigné’ (2019) et ‘Postures médiatiques’ (2022), André Perrin poursuit, avec ‘Paradoxes de la pensée progressiste’ chez le même éditeur (L’Artilleur) le florilège des contradictions, propos biaisés, acrobaties verbales, contorsions intellectuelles, perles, mensonges, énormités régulièrement avancés, et avec quel aplomb, par « le camp du bien » dans la bonne presse et sur les chaînes de radio-tv bienpensantes. L’ensemble, récolté et référencé avec minutie, impitoyablement commenté avec une indéfectible bonne humeur, constitue une véritable anthologie du wokisme et de la ‘cancel culture’, sous la forme de « chroniques jubilatoires » rédigées par une plume acérée que les lecteurs de Mezetulle ont souvent eu le bonheur de savourer sous un format plus dispersé et plus modeste.
Samedi 11 octobre, Boualem Sansal, incarcéré arbitrairement dans une prison algérienne depuis le 16 novembre 2024, a été élu membre de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique. En honorant, avec son lauréat et son œuvre littéraire, l’esprit de liberté que la littérature rend possible mais dont réciproquement elle a besoin, cette élection honore aussi les membres de l’Académie.
Aujourd’hui, Robert Badinter entre au Panthéon. Je republie l’article que j’avais mis en ligne en février 2024, lors de son décès. Nous devons tous le remercier pour l’abolition de la peine de mort : car aucun justiciable n’est à l’abri d’une erreur judiciaire.
Après l’annonce de la décision de Gérald Darmanin imposant la neutralité religieuse aux élèves de l’École nationale de la magistrature, Samuel Fitoussi présente le 9 septembre à ce propos une chronique sur Europe 1. La première phrase en est : « J’ai 28 ans et aussi loin que je me souvienne, le débat public français est rythmé par ce qu’il convient d’interdire aux musulmans ». Et de faire une liste :
Dans une tribune datée du 6 juillet publiée par Marianne, plusieurs cadres du Parti socialiste refusent l’emploi du terme « islamophobie » utilisé par le PS par la création récente d’un « Secrétariat National à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie ». Je ne peux que saluer ce texte, signé entre autres par Jérôme Guedj, Carole Delga, Michaël Delafosse, Laurence Rossignol. Il était temps que se signalent publiquement l’existence et la résistance d’un PS « démélenchonisé ».
On apprend le 4 juillet que Boualem Sansal ne figure pas dans la liste des quelque 6800 détenus graciés par le Président algérien. « On ne peut pas continuer sur une stratégie qui nous conduit d’échec en échec » a déclaré Arnaud Benedetti, fondateur du Comité de soutien à Boualem Sansal, dans Le Figaro. Mais l’aplaventrisme officiel n’a pas encore dit son dernier mot.