Refuser l’interdit : un déni d’éducation
La liste des agressions de plus en plus violentes, et même meurtrières, commises par des mineurs de plus en plus jeunes ne cesse de s’allonger. La notion d’« ensauvagement »… [lire plus]
La liste des agressions de plus en plus violentes, et même meurtrières, commises par des mineurs de plus en plus jeunes ne cesse de s’allonger. La notion d’« ensauvagement »… [lire plus]
François Rastier effectue un tour d’horizon analytique au sujet non seulement de l’usage, mais aussi de la promotion pour le moins empressée de l’IA générative en matière d’éducation. Ce zèle pour le « solutionnisme technologique » met à mal la notion même de connaissance qu’il réduit à un inventaire de savoir-faire ; il fait obstacle à la transmission en brouillant l’idée de présence ; il introduit l’idéologie managériale du coaching en quête d’emprise. Il est plus que temps « de faire de l’école et de l’université les seuls lieux au monde sans écrans et sans IA, condition désormais de la transmission culturelle ».
Le comité de soutien salue l’élection de Boualem Sansal à l’Académie Française. 29 janvier 2026 « L’élection de Boualem Sansal à l’Académie française remplit de joie et de bonheur tous ceux… [lire plus]
À relire, en période de Noël, un très bel article de Claude Lévi-Strauss intitulé « Le Père Noël supplicié », paru dans Les Temps modernes n° 77, 1952. Il est bon de… [lire plus]
Nikol Abécassis caractérise l’écriture inclusive comme « une tentative, à l’écrit, d’exclure la pensée du langage, en transformant le langage en ce qu’il n’est pas, à savoir à du ‘corps’, de la matière, au même titre que la langue du langage peut se trouver ravalée à l’organe ». Pour cela, elle propose d’abord un détour par une étude des distorsions régressives qui remontent de la langue clairement articulée, symbolique et universellement partagée, au moment infra-linguistique de la langue-organe.
Le colloque « La Palestine et l’Europe », initialement programmé au Collège de France, s’est tenu au Centre Arabe de Recherche et d’Études Politiques de Paris les 13 et 14 novembre 2025. Benjamin Straehli a eu la patience de regarder la diffusion intégrale du colloque, dont l’enregistrement est accessible sur Youtube. L’analyse détaillée et nuancée qu’il en expose ici, soutenue par la logique implacable qu’on lui connaît, n’en souligne que mieux la sévérité de sa conclusion.
Ce bref texte commentant le titre et l’article premier de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des églises et de l’État a été présenté lors du colloque « 1905-2025 : les 120 ans d’une idée neuve » organisé par le Conseil des Sages de la laïcité le 5 décembre 2025 au Lycée Diderot (Paris), au sein d’une table ronde où intervenaient aussi les historiens Jean-François Chanet et Patrick Weil.
En France, le secret des scrutins organisés officiellement est garanti par des procédures assez bien connues. Une page du site du Conseil constitutionnel les résume, en donnant les références des textes du Code électoral et celle de la circulaire détaillée du 20 décembre 2007. Ces procédures – la plus connue étant le passage obligatoire par l’isoloir – permettent également d’assurer la sincérité du vote. Lorsqu’elles sont respectées, personne ne peut être l’objet d’une pression et toute tentative d’en exercer une est pénalisée. La publication des résultats fait, elle aussi, l’objet d’une réglementation précise ; on la trouve dans la même circulaire.
Cependant, peut-on dire, une fois les résultats proclamés, que seule la personne qui a voté peut révéler la teneur de son vote ?
Les propos d’Alain Souchon tenus le 14 novembre sur RTL méritent d’être relevés. Il suggère très clairement que, à ses yeux, les Français qui votent RN sont « cons »…. [lire plus]
Après les massacres du 13 novembre 2015, le groupe État islamique a publié un communiqué de revendication et de menaces que Mezetulle avait reproduit dans un article du 14 novembre 2015. Il est bon de le relire. On le trouvera ci-dessous.
J’ai reçu hier soir et ce matin deux communiqués du Comité de soutien international à Boualem Sansal, datés du 12 novembre 2025, jour de sa libération des geôles algériennes.
Au moment du débat budgétaire, Mezetulle reçoit cette analyse de Thierry Foucart sur l’impôt plancher sur la fortune (la « taxe Zucman »). Même si ce projet semble avoir pris un peu de plomb dans l’aile à l’ouverture du débat, il n’est pas impossible qu’il revienne sous d’autres formes. Et en tout état de cause, il est toujours bon, pour le citoyen et le contribuable, d’être éclairé sur la nature de l’impôt, ses modes de calcul, ses motifs et ses conséquences.
Après ‘Scènes de la vie intellectuelle en France’ (2016), ‘Journal d’un indigné’ (2019) et ‘Postures médiatiques’ (2022), André Perrin poursuit, avec ‘Paradoxes de la pensée progressiste’ chez le même éditeur (L’Artilleur) le florilège des contradictions, propos biaisés, acrobaties verbales, contorsions intellectuelles, perles, mensonges, énormités régulièrement avancés, et avec quel aplomb, par « le camp du bien » dans la bonne presse et sur les chaînes de radio-tv bienpensantes. L’ensemble, récolté et référencé avec minutie, impitoyablement commenté avec une indéfectible bonne humeur, constitue une véritable anthologie du wokisme et de la ‘cancel culture’, sous la forme de « chroniques jubilatoires » rédigées par une plume acérée que les lecteurs de Mezetulle ont souvent eu le bonheur de savourer sous un format plus dispersé et plus modeste.
Après l’annonce de la décision de Gérald Darmanin imposant la neutralité religieuse aux élèves de l’École nationale de la magistrature, Samuel Fitoussi présente le 9 septembre à ce propos une chronique sur Europe 1. La première phrase en est : « J’ai 28 ans et aussi loin que je me souvienne, le débat public français est rythmé par ce qu’il convient d’interdire aux musulmans ». Et de faire une liste :
Analysant l’échec de l’enseignement des mathématiques, Thierry Foucart propose une réflexion sur l’évolution longue du système éducatif, de plus en plus soumis à l’injonction d’égalitarisme (au motif de démocratisation). La disparition de la « sélection par les maths » a sonné le glas de toute sélection, alors que la réussite en maths était en fait un critère général de travail et de réussite. C’est, conséquemment, dans l’ensemble du système éducatif qu’est ainsi interrompue la transmission aux générations suivantes du goût de l’effort et de la curiosité intellectuelle, des volontés de savoir et de comprendre, essentiels pour acquérir un esprit critique et rationnel. On sait pourtant très bien ce qu’il faudrait faire : recentrer l’école sur l’enseignement des disciplines classiques et écarter toutes les interventions extérieures prenant du temps scolaire.
Olivier Klein analyse le wokisme, considéré en tant qu’idéologie, à la lumière de la théorie mimétique de René Girard dont il rappelle d’abord les éléments essentiels. La structure mimétique du désir est d’autant plus efficiente et violente que les agents se ressemblent, de sorte que « l’indifférenciation accélère le processus mimétique et son issue violente » ; le groupe échappe à l’auto-destruction par la désignation d’une victime expiatoire. « En visant l’effacement de toutes les différences quelles qu’elles soient, perçues comme discriminatoires », le wokisme accentue le mimétisme, installe la concurrence victimaire, et s’en prend alors à une nouvelle figure du bouc émissaire – l’oppresseur – ce faisant, il restaure, en l’inversant, la logique sacrificielle.
Mezetulle reprend ici le texte publié le 18 juillet 2025 par la revue Telos en remerciant l’auteur et Telos pour leur aimable autorisation.
L’ouvrage posthume de Pierre Hayat – décédé début 2025 – « Qu’est-il arrivé à la laïcité ? Propositions philosophiques et pédagogiques » (Kimé, 2025) s’inscrit dans la lignée de ses précédents livres, souvent consacrés à la laïcité et fort utiles à la compréhension du concept. Dans cet ultime volume, l’auteur propose une série de textes inédits et d’autres publiés depuis le début du siècle –« tous réfractaires au simplisme »- qui composent un ensemble touchant à la philosophie et à la pédagogie. En cette période d’instrumentalisation de la laïcité, le travail de Pierre Hayat paraît à point nommé pour écarter les funestes dévoiements opérés par des entrepreneurs identitaires de droite ou de gauche, faux amis mais en vérité vrais ennemis de ce principe.
Dans une tribune datée du 6 juillet publiée par Marianne, plusieurs cadres du Parti socialiste refusent l’emploi du terme « islamophobie » utilisé par le PS par la création récente d’un « Secrétariat National à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie ». Je ne peux que saluer ce texte, signé entre autres par Jérôme Guedj, Carole Delga, Michaël Delafosse, Laurence Rossignol. Il était temps que se signalent publiquement l’existence et la résistance d’un PS « démélenchonisé ».
On apprend le 4 juillet que Boualem Sansal ne figure pas dans la liste des quelque 6800 détenus graciés par le Président algérien. « On ne peut pas continuer sur une stratégie qui nous conduit d’échec en échec » a déclaré Arnaud Benedetti, fondateur du Comité de soutien à Boualem Sansal, dans Le Figaro. Mais l’aplaventrisme officiel n’a pas encore dit son dernier mot.
Dans ‘Penser contre son camp, itinéraire politique d’une intellectuelle de gauche’ (Gallimard, 2025), Nathalie Heinich constate les mutations intervenues dans son camp politique. Elle en recense les marqueurs : activisme néo-féministe, complaisance envers l’islamisme, soutien aveugle au transactivisme, défense inconditionnelle de l’écriture inclusive, et récemment dérive vers cet antisémitisme d’atmosphère que constitue aujourd’hui l’antisionisme. Elle rappelle les principes qui n’auraient logiquement jamais dû quitter le camp de la gauche dont l’ensemble est à présent gangrené par ces mutations : une telle conversion est probablement la plus importante sur le plan idéologique comme d’un point de vue quantitatif depuis le XVIIIe siècle.