Sa majesté Alain Souchon
Les propos d’Alain Souchon tenus le 14 novembre sur RTL méritent d’être relevés. Il suggère très clairement que, à ses yeux, les Français qui votent RN sont « cons »…. [lire plus]
Les propos d’Alain Souchon tenus le 14 novembre sur RTL méritent d’être relevés. Il suggère très clairement que, à ses yeux, les Français qui votent RN sont « cons »…. [lire plus]
Après les massacres du 13 novembre 2015, le groupe État islamique a publié un communiqué de revendication et de menaces que Mezetulle avait reproduit dans un article du 14 novembre 2015. Il est bon de le relire. On le trouvera ci-dessous.
J’ai reçu hier soir et ce matin deux communiqués du Comité de soutien international à Boualem Sansal, datés du 12 novembre 2025, jour de sa libération des geôles algériennes.
Au moment du débat budgétaire, Mezetulle reçoit cette analyse de Thierry Foucart sur l’impôt plancher sur la fortune (la « taxe Zucman »). Même si ce projet semble avoir pris un peu de plomb dans l’aile à l’ouverture du débat, il n’est pas impossible qu’il revienne sous d’autres formes. Et en tout état de cause, il est toujours bon, pour le citoyen et le contribuable, d’être éclairé sur la nature de l’impôt, ses modes de calcul, ses motifs et ses conséquences.
Après ‘Scènes de la vie intellectuelle en France’ (2016), ‘Journal d’un indigné’ (2019) et ‘Postures médiatiques’ (2022), André Perrin poursuit, avec ‘Paradoxes de la pensée progressiste’ chez le même éditeur (L’Artilleur) le florilège des contradictions, propos biaisés, acrobaties verbales, contorsions intellectuelles, perles, mensonges, énormités régulièrement avancés, et avec quel aplomb, par « le camp du bien » dans la bonne presse et sur les chaînes de radio-tv bienpensantes. L’ensemble, récolté et référencé avec minutie, impitoyablement commenté avec une indéfectible bonne humeur, constitue une véritable anthologie du wokisme et de la ‘cancel culture’, sous la forme de « chroniques jubilatoires » rédigées par une plume acérée que les lecteurs de Mezetulle ont souvent eu le bonheur de savourer sous un format plus dispersé et plus modeste.
Après l’annonce de la décision de Gérald Darmanin imposant la neutralité religieuse aux élèves de l’École nationale de la magistrature, Samuel Fitoussi présente le 9 septembre à ce propos une chronique sur Europe 1. La première phrase en est : « J’ai 28 ans et aussi loin que je me souvienne, le débat public français est rythmé par ce qu’il convient d’interdire aux musulmans ». Et de faire une liste :
Analysant l’échec de l’enseignement des mathématiques, Thierry Foucart propose une réflexion sur l’évolution longue du système éducatif, de plus en plus soumis à l’injonction d’égalitarisme (au motif de démocratisation). La disparition de la « sélection par les maths » a sonné le glas de toute sélection, alors que la réussite en maths était en fait un critère général de travail et de réussite. C’est, conséquemment, dans l’ensemble du système éducatif qu’est ainsi interrompue la transmission aux générations suivantes du goût de l’effort et de la curiosité intellectuelle, des volontés de savoir et de comprendre, essentiels pour acquérir un esprit critique et rationnel. On sait pourtant très bien ce qu’il faudrait faire : recentrer l’école sur l’enseignement des disciplines classiques et écarter toutes les interventions extérieures prenant du temps scolaire.
Olivier Klein analyse le wokisme, considéré en tant qu’idéologie, à la lumière de la théorie mimétique de René Girard dont il rappelle d’abord les éléments essentiels. La structure mimétique du désir est d’autant plus efficiente et violente que les agents se ressemblent, de sorte que « l’indifférenciation accélère le processus mimétique et son issue violente » ; le groupe échappe à l’auto-destruction par la désignation d’une victime expiatoire. « En visant l’effacement de toutes les différences quelles qu’elles soient, perçues comme discriminatoires », le wokisme accentue le mimétisme, installe la concurrence victimaire, et s’en prend alors à une nouvelle figure du bouc émissaire – l’oppresseur – ce faisant, il restaure, en l’inversant, la logique sacrificielle.
Mezetulle reprend ici le texte publié le 18 juillet 2025 par la revue Telos en remerciant l’auteur et Telos pour leur aimable autorisation.
L’ouvrage posthume de Pierre Hayat – décédé début 2025 – « Qu’est-il arrivé à la laïcité ? Propositions philosophiques et pédagogiques » (Kimé, 2025) s’inscrit dans la lignée de ses précédents livres, souvent consacrés à la laïcité et fort utiles à la compréhension du concept. Dans cet ultime volume, l’auteur propose une série de textes inédits et d’autres publiés depuis le début du siècle –« tous réfractaires au simplisme »- qui composent un ensemble touchant à la philosophie et à la pédagogie. En cette période d’instrumentalisation de la laïcité, le travail de Pierre Hayat paraît à point nommé pour écarter les funestes dévoiements opérés par des entrepreneurs identitaires de droite ou de gauche, faux amis mais en vérité vrais ennemis de ce principe.
Dans une tribune datée du 6 juillet publiée par Marianne, plusieurs cadres du Parti socialiste refusent l’emploi du terme « islamophobie » utilisé par le PS par la création récente d’un « Secrétariat National à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie ». Je ne peux que saluer ce texte, signé entre autres par Jérôme Guedj, Carole Delga, Michaël Delafosse, Laurence Rossignol. Il était temps que se signalent publiquement l’existence et la résistance d’un PS « démélenchonisé ».
On apprend le 4 juillet que Boualem Sansal ne figure pas dans la liste des quelque 6800 détenus graciés par le Président algérien. « On ne peut pas continuer sur une stratégie qui nous conduit d’échec en échec » a déclaré Arnaud Benedetti, fondateur du Comité de soutien à Boualem Sansal, dans Le Figaro. Mais l’aplaventrisme officiel n’a pas encore dit son dernier mot.
Dans ‘Penser contre son camp, itinéraire politique d’une intellectuelle de gauche’ (Gallimard, 2025), Nathalie Heinich constate les mutations intervenues dans son camp politique. Elle en recense les marqueurs : activisme néo-féministe, complaisance envers l’islamisme, soutien aveugle au transactivisme, défense inconditionnelle de l’écriture inclusive, et récemment dérive vers cet antisémitisme d’atmosphère que constitue aujourd’hui l’antisionisme. Elle rappelle les principes qui n’auraient logiquement jamais dû quitter le camp de la gauche dont l’ensemble est à présent gangrené par ces mutations : une telle conversion est probablement la plus importante sur le plan idéologique comme d’un point de vue quantitatif depuis le XVIIIe siècle.
Aline Girard rappelle les multiples et spectaculaires offensives politico-religieuses dont la pratique sportive publique est l’objet, lesquelles n’épargnent même pas (on devrait dire « surtout pas ») l’olympisme en dépit de sa charte. Elle fait le point sur la situation actuelle de la réglementation, très complexe, de l’affichage politico-religieux dans le sport et commente le projet de loi voté par le Sénat en février 2025 ainsi que les réactions qu’il a soulevées. Elle souligne que, pour l’islam politique qui mène ses offensives sur tous les secteurs de la vie sociale et publique, « le sport est un terrain de choix, puisqu’il met en scène le pire cauchemar des intégristes, la liberté des corps, et surtout la liberté des corps féminins. »
Après avoir lu l’article de Jean Leclercq sur l’enseignement dont il partage en grande partie les analyses, Christophe Bertiau présente une vision dissonante et quelque peu décourageante s’agissant d’une action proprement politique qui, selon lui, entretient l’illusion d’une refondation humaniste de l’institution scolaire. Si, dit-il, « les savoirs passent à la trappe », si la perspective humaniste a quitté l’école, si les activités extra-scolaires et l’idéologie modulaire des « compétences » l’envahissent, c’est que les réformateurs sont les agents de forces puissantes qui font de l’école un appendice du marché du travail. Et puisque « dans une société de marché le politique est subordonné à l’économie », il est vain d’espérer une autre politique scolaire.
Au-delà de ses constats et de ses analyses extrêmement bienvenus dans la ligne éditoriale de Mezetulle, l’article pose la question classique de l’exclusivité causale de ce que naguère on appelait l’infrastructure économique. Ce faisant, il ouvre un débat s’agissant de l’école pensée comme institution censée dépasser, par son universalisme et son humanisme liés aux savoirs, ce moment causal mécanique.
Mezetulle remercie Jean Leclercq pour cette belle défense et illustration de l’école dans sa mission essentielle : instruire. S’opposant à maintes idées répandues, il plaide pour « une rupture ou un principe de différence quasi ontologique entre l’École et la société ». L’école émancipe dans la mesure où elle ouvre et protège un « espace spécifiquement distinctif qui est celui d’une instruction publique et singulièrement décentrée par rapport à des pratiques utilitaires voire rentables », un lieu à l’abri des pressions déguisées en « valeurs pédagogiques » dont on nous rebat les oreilles depuis des décennies tant en Belgique qu’en France. Or « c’est précisément parce que l’on n’y enseigne pas et que l’on n’y élève pas que l’École devient un autre lieu », celui de la reproduction sociale.
L’auteur ne se borne pas à déployer des arguments et à donner des exemples accablants, il ne s’appuie pas seulement sur une expérience de type professionnel qui aurait quelque chose d’un peu trop tranquille. Il puise les accents les plus forts et les plus émouvants de son plaidoyer dans l’histoire sinueuse de l’enfant « transclasse » qu’il fut, et qui aujourd’hui « […] ne peut pas s’empêcher de repenser à toutes ces situations où il ne fut pas « élevé » comme l’exigeait sa condition d’élève ».
Je croyais avoir trouvé deux bonnes idées de poisson d’avril pour cette année. Malheureusement, j’ai lancé mon hameçon en vain : les poissons ont été pris auparavant dans les filets du réel. Dépitée, je me contente donc de citer ici les deux idées qui m’avaient paru d’une vraisemblance comique propre à plaisanterie – c’était sans compter avec l’ingéniosité et le sens de l’à-propos de certains responsables politiques.
Le 25 mars, rassemblons-nous pour exiger la libération de Boualem Sansal 17h – Place Edouard Herriot (Paris 7) – à proximité de l’Assemblée nationale.
Fabrice Ravelle réfléchit sur la construction et l’usage du concept de ‘transclasse’ – « ces personnes qui migrent d’une classe sociale à l’autre dans un mimétisme qui se sent parfois coupable ». Parti d’une expérience personnelle, nourri par la lecture de récits contemporains (Didier Eribon, Edouard Louis, Annie Ernaux) éclairé par des travaux de recherche (Chantal Jaquet, Gérald Bronner, Frédéric Martel), il soulève la question d’une « pensée victimaire » et d’une assignation qui, au nom d’une identité contraire à la singularité, récuse le principe d’émancipation.
Thierry Foucart prolonge et approfondit une réflexion déjà engagée dans les colonnes de Mezetulle sur l’usage peu rigoureux des probabilités et de la statistique dans le domaine des sciences sociales. Il examine ici, en l’illustrant avec quelques études de cas, l’hypothèse bien connue « toutes choses égales par ailleurs », souvent utilisée pour détecter l’existence de discriminations.
La fin de la spécificité de l’Occident fut diagnostiquée naguère par Cornelius Castoriadis. Poursuivant ici une série de publications sur Castoriadis, Quentin Bérard, par le truchement des analyses de Gabriel Martinez-Gros, invite à méditer l’univers décrit au XIIIe siècle par le penseur arabo-musulman Ibn Khaldoun. La modernité occidentale peut alors apparaître comme une parenthèse ; sa dérive, son « délabrement », analysés par Castoriadis avec un certain accablement, semblent pointer vers un horizon impérial dont les formes renouvelées restent à cerner- quelques pistes sont ici esquissées.